Fol. 5 : Page de frontispice – Présentation du livre à Philippe le Bon
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L'auteur : Jean Wauquelin (v. 1428-1452)
Ecrivain et traducteur d’origine montoise, Jean Wauquelin travaille au service de Philippe le Bon de 1445 à 1452. Il dirige un atelier de copiste à Mons, en Flandre, où il fait office de maître d'œuvre, établissant les textes, encadrant les copistes et les enlumineurs. Réalisé en 1447-1448, Les Faicts et les Conquestes d’Alexandre le Grand résulte d’une compilation comme la plupart des œuvres du Moyen Âge, c’est-à-dire d'une réécriture de textes antérieurs, aussi bien en vers qu’en prose, qui datent d’époques différentes. Au début du roman jusqu’à la fin du cinquante-quatrième chapitre, Wauquelin utilise comme source le Roman d’Alexandre d’Alexandre de Paris et Lambert Le Tort, un texte romanesque en alexandrins du 13e siècle. Sa seconde source principale intervient à partir du cent quinzième chapitre jusqu’à la fin du roman : il s’agit d’une traduction en prose française de l’Historia de Preliis. Ce texte latin était lui-même issu de l’une des traductions et adaptations qui avait été faite au Xe siècle du roman grec du Pseudo-Callisthène, que l’on date du IVe siècle. À ses deux sources principales s'ajoutent ponctuellement des sources secondaires, tels que les Vœux du Paon, un poème imprégné d’une atmosphère courtoise, écrit en laisses d’alexandrins par Jacques de Longuyon dans les environs de 1312, que Waquelin introduit entre les chapitres cinquante-cinq et cent treize.
Prologue de l'œuvre :
Puisque grâce au récit et au souvenir des nobles entreprises et combats, conquêtes et actes de vaillance entrepris et menés à terme par les hommes du temps ancien qui étaient courageux, puissants et nobles, les cœurs des nobles et courageux hommes du temps présent, qui souhaitent et veulent atteindre à la haute et excellente vertu de prouesse et de bonne renommée, sont touchés, élevés et plus profondément incités au sens de l’honneur et à l’accomplissement, ainsi qu’à une plus sûre intelligence – et de même, tous les cœurs des jeunes chevaliers et écuyers doivent s’ouvrir et s’élever quand ils entendent raconter de telles actions, en pensant toujours à acquérir une bonne renommée -, moi, indigne, piètre et dépourvu de savoir, à la requête et surtout au commandement du très digne, noble et puissant seigneur, monseigneur Jean de Bourgogne, comte d’Etampes et seigneur de Dourdan, j’ai déterminé et fixé mon propos de mettre par écrit en langage maternel les nobles faits d’armes, conquêtes et entreprises du noble roi Alexandre, le roi de Macédoine, d’après ce que j’ai trouvé dans un livre en rimes dont j’ignore le nom de l’auteur, sinon que le livre s’intitule l’Histoire d’Alexandre. Pour cette raison, si je suis en quelque façon détourné de la véritable histoire de ce si noble et puissant roi – pourvu que non, s’il plaît à Dieu ! – ou si quelque erreur en l’ordonnance de cette matière est trouvée, selon un jugement exact, vrai et certain, qu’elle soit doucement et positivement corrigée ; et si l’on y trouve quelque œuvre digne de louange, qu’elle soit attribuée à Dieu et l’imperfection imputée à ma négligence, qu’elle ait selon ma volonté autant d’avis favorables que de détracteurs. Et puisque je n’ai pas trouvé non plus dans cette histoire à quelle époque après la création du monde elle eut lieu, du moins en toute certitude, je supplie que si quelqu’un la découvre de manière sûre, qu’il veuille bien l’intégrer et l’ajouter à cette présente œuvre, où pour préliminaire, milieu et fin, j’appelle et requiers à mon aide la grâce du Saint Esprit. Puisque grâce au récit et au souvenir des nobles entreprises et combats, conquêtes et actes de vaillance entrepris et menés à terme par les hommes du temps ancien qui étaient courageux, puissants et nobles, les cœurs des nobles et courageux hommes du temps présent, qui souhaitent et veulent atteindre à la haute et excellente vertu de prouesse et de bonne renommée, sont touchés, élevés et plus profondément incités au sens de l’honneur et à l’accomplissement, ainsi qu’à une plus sûre intelligence – et de même, tous les cœurs des jeunes chevaliers et écuyers doivent s’ouvrir et s’élever quand ils entendent raconter de telles actions, en pensant toujours à acquérir une bonne renommée -, moi, indigne, piètre et dépourvu de savoir, à la requête et surtout au commandement du très digne, noble et puissant seigneur, monseigneur Jean de Bourgogne, comte d’Etampes et seigneur de Dourdan, j’ai déterminé et fixé mon propos de mettre par écrit en langage maternel les nobles faits d’armes, conquêtes et entreprises du noble roi Alexandre, le roi de Macédoine, d’après ce que j’ai trouvé dans un livre en rimes dont j’ignore le nom de l’auteur, sinon que le livre s’intitule l’Histoire d’Alexandre. Pour cette raison, si je suis en quelque façon détourné de la véritable histoire de ce si noble et puissant roi – pourvu que non, s’il plaît à Dieu ! – ou si quelque erreur en l’ordonnance de cette matière est trouvée, selon un jugement exact, vrai et certain, qu’elle soit doucement et positivement corrigée ; et si l’on y trouve quelque œuvre digne de louange, qu’elle soit attribuée à Dieu et l’imperfection imputée à ma négligence, qu’elle ait selon ma volonté autant d’avis favorables que de détracteurs. Et puisque je n’ai pas trouvé non plus dans cette histoire à quelle époque après la création du monde elle eut lieu, du moins en toute certitude, je supplie que si quelqu’un la découvre de manière sûre, qu’il veuille bien l’intégrer et l’ajouter à cette présente œuvre, où pour préliminaire, milieu et fin, j’appelle et requiers à mon aide la grâce du Saint Esprit.