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Khosrow voit Chîrîn près de la source

Dans Les Cinq Poèmes de Nezâmî
Khosrow voit Chîrîn près de la source
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Se rattachant au genre de l’épopée romanesque, le deuxième poème Nezâmî, ne prétend pas être le récit fidèle du règne du souverain sassanide Chosroès II Parvîz, qui commence en 590.
C’est en réalité l’intrigue nouée avec Chîrîn – troublée tour à tour par l’irruption de deux rivales, la princesse byzantine Maryam et la belle Chakkar d’Ispahan – qui forme le sujet du poème. Fille de la reine d’Arménie, la Chîrîn de Nezâmî est l’épouse préférée de Khosrow, mais leur union est retardée par d’innombrables obstacles.
Cette scène montre Khosrow apercevant la belle Chîrîn en train de se baigner dans une source, au pied d’un arbre, entre les branches desquelles elle a déposé ses vêtements. Le cheval de la jeune fille paît à quelques mètres au bord de l’eau. L’extraordinaire richesse de la palette de l’artiste contraste avec la simplicité de la composition. Le paysage est formé d’une pente escarpée dont la couleur rose violacée s’oppose singulièrement aux tonalités vertes de la prairie et au ruisseau noir argenté. Un immense platane dont les branches s’étendent jusqu’au souverain domine la scène. Des couples d’oiseaux nichent dans son feuillage automnal qui s’oppose à l’arbuste en pleine floraison. Le jeune souverain, un doigt à la bouche, geste qui montre sa stupéfaction, ne peut détacher son regard de la jeune fille qu’il a surprise dénudée en train de peigner ses longs cheveux. Sous un ciel d’or, symbolisant le jour, le peintre a créé un paysage idéal.
Tout l’espace doit être rempli pour répondre aux critères persans de la beauté et de l’équilibre. C’est le cas dans les décors architecturaux et les tapis. La page du manuscrit persan traduit la même horreur du vide : fleurs et animaux débordent de leur cadre. Les tableaux s’inspirent des jardins persans qui émerveillèrent les visiteurs étrangers ou les envahisseurs arabes. La flore est cependant très irréaliste. Le cerisier en fleurs côtoie le platane à l’automne, les plantes ne présentent aucun relief et gardent la même taille et le même éclat en arrière-plan qu’au premier plan. Les motifs sont souvent symboliques : branches entrelacées évoquant les sentiments amoureux, platanes en automne symbolisant la vieillesse ou la fin de la vie, cyprès inspirant la sérénité.

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Bibliothèque nationale de France

  • Date
    1620-1624
  • Auteur(es)
    Neẓāmī Ganǧavī (1140 ? -1209 ? ), école safavide
  • Description technique
    Manuscrit orné de 34 peintures. Papier sablé d’or. 386 feuillets, 360 x 240 mm
  • Provenance

    BnF, Manuscrits, Suppl. persan 1029 f. 49v

  • Lien permanent
    ark:/12148/mm1292001821