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De la Terre Australe

Détail du globe terrestre de Coronelli
De la Terre Australe
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La terre que nous appelons Australe ou Méridionale ou Magellanique est nommée par les Espagnols la tierra d’Austro. On la peut mettre au rang des grands continents du globe terrestre, et ce que l’on connaît est divisé en plusieurs parties dont les principales sont : la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Zélande, la Terre des Papous que quelques-uns croient être le même que la Nouvelle-Guinée, la Terre d’Antoine Diemens, etc.

On a décrit sur quelques cartes vis-à-vis et au midi du cap de Bonne-Espérance une côte de la Terre Australe où il y a un cap avancé jusqu’à 42 degrés de latitude méridionale. On a donné à ce pays le nom de Terre de vue et on l’a placé près de la Terre des perroquets. Quelques-uns rapportent qu’en l’an 1504, un Français nommé Gonneville y mouilla et qu’il y fut bien reçu par un petit roi, nommé Arosca, après y avoir demeuré plusieurs mois, il emmena avec lui en Normandie quelques personnes de ce pays, entre autres Essomériq, fils d’un de leurs rois.

Marc Paul, vénitien fait mention de quelques autres pays de grande étendue, peu éloignés de l’île de Java. Il nomme particulièrement les îles de Locach et de Malajur ou Malatur dans l’une desquelles il rapporte qu’on trouve de l’or en grande quantité, des épiceries dans l’autre et que chacune a son roi. Mais ces îles ou terres n’ont point été reconnues dans notre siècle, c’est pourquoi je ne les ai point marquées sur ce globe.

Pour ce qui est du continent méridional ou de la terre australe, le père Vittorio Riccio, jacobin, supérieur de la Mission apostolique dans l’île Formose, qui a conduit les Missions depuis 32 ans, écrit de l’île Manille une lettre à la Congrégation de Propaganda fide, elle est datée du 4 juin 1676 ; il remarque que dans l’île Manille ou Luçon qui est une des îles Philippines, on y trouve des hommes qui ont été faits esclaves par les Hollandais sur les côtes de cette Terre australe, qu’il y en a de basanés et de noirs et qu’ils sont robustes et courageux ; ils dirent à ce père qu’au dedans de leurs terres, qui nous sont encore inconnues, on peut marcher un bon espace de temps sans rencontrer la mer, qu’il s’y trouve des nations toutes rousses et blondes comme dans l’Europe, qu’une partie de cette terre a été découverte par les Hollandais. C’est pourquoi le père Riccio supplie la congrégation de lui donner l’autorité et les moyens d’aller dans ce pays pour y prêcher l’Évangile.

Bibliothèque nationale de France

  • Date
    1681-1683
  • Lieu
    Paris
  • Auteur(es)
    Vincenzo Maria Coronelli (1650-1718), cartographe et cosmographe 
  • Description technique
    Charpente en bois, armatures métalliques, peintures
    Diamètre : 3,85 m. 2,3 tonnes
  • Provenance

    BnF, département des Cartes et plans, GE A 500 RÉS

  • Lien permanent
    ark:/12148/mm502200546b