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Motifs illustrés des objets rituels de la cour impériale

Robe impériale d'apparat pour l'hiver, de face
Motifs illustrés des objets rituels de la cour impériale
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Imprimée aux Presses impériales, installées au début de la dynastie des Qing dans le palais du Wuyingdian de la Cité interdite, cette belle édition des Motifs illustrés des objets rituels de la cour impériale est un des rares ouvrages du fonds d'imprimés chinois du département des Manuscrits orientaux à avoir conservé ses étuis d'origine. Les 16 fascicules sur papier fin très blanc aux belles couvertures en soie jaune unie sont protégés par 4 étuis recouverts de brocart de soie jaune à motifs bleus et rouges. La fermeture est assurée par 2 pièces en os glissées dans des attaches. L'édition imprimée, bien qu'abondamment illustrée, contient un nombre très inférieur de dessins par rapport aux peintures préparatoires. Des notices explicatives apportant des précisions ainsi que les dimensions des pièces sont ajoutées au verso de chaque image du livre.

Sous sa forme manuscrite ou imprimée, l'ouvrage est divisé en six parties. Pour l'édition présentée, après un fascicule détaillant les noms et qualités des divers participants aux commissions ainsi que la table des matières, viennent deux cahiers de vases rituels de bronze destinés aux autels sacrificiels et aux temples, en tout premier lieu au temple du Ciel ; le troisième chapitre montre des instruments astronomiques dont certains utilisés à l'Observatoire de Pékin ; les quatre suivants concernent le costume et les couvre-chef ; deux autres détaillent les instruments de musique, puis deux autres encore sont réservés à du mobilier, tel que des fauteuils impériaux, des palanquins, des dais portatifs, etc. Les cinq derniers chapitres présentent les uniformes militaires, les armes et les étendards, le sixième étant dévolu aux campements militaires impériaux.

Lorsqu'ils parvinrent au pouvoir, les Mandchous imposèrent aux fonctionnaires de l'Empire le port d'habits différents de ceux portés jusqu'alors par les Chinois afin d'écraser toute manifestation de loyalisme envers la dynastie chinoise déchue. Ils décrétèrent de faire une coupe moins dispendieuse en étoffe et plus pratique, en invoquant les valeurs mandchoues de sobriété. Ils transformèrent la robe très ample des Chinois en tenue qui suivait le corps de plus près avec des fentes pour assurer l'aisance des mouvements. Les manches furent particulièrement modifiées : raccourcies, elles devinrent plus étroites et se terminaient par des manchettes en forme de fer à cheval. On différenciait trois types : les habits officiels de cour ou de cérémonie, les semi-officiels des jours de fête et ceux de la vie quotidienne. Ils se distinguaient par des couleurs et des ornements qui permettaient de situer chacun au sein de l'échelle hiérarchique. Afin que nul n'ignore les insignes et costumes distinctifs, dont le moindre détail avait son importance pour le bon fonctionnement de la cour et des institutions de l'État, et qu'un document de référence puisse servir aux générations à venir, Qianlong ordonna cette compilation.

L'ouvrage avait été préparé par une commission officielle dirigée par Yunlu, seizième fils de Kangxi, qui avait auparavant supervisé un certain nombre de grandes éditions impériales. Sous sa direction travaillèrent de très hauts fonctionnaires.
 

© Bibliothèque nationale de France

  • Date
    Dynastie Qing, ère Qianlong
  • Lieu
    Chine
  • Auteur(es)
    Qianlong (1736-1795), auteur 
  • Description technique
    Édition xylographique illustrée, 16 fascicules reliés en soie jaune dans 4 étuis recouverts de brocart jaune à motifs bleus et rouges, 11 colonnes par page, 20 caractères par colonne, 33,3 x 19,5 cm, bois 20,2 x 16,3 cm
  • Provenance

    BnF, département des Manuscrits, CHINOIS 2289-2304

  • Lien permanent
    ark:/12148/mmp1q5g8bkk14