Les premiers atlas imprimés

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Mappemonde en projection conique
Traduite en arabe dès le 9e siècle, la géographie grecque de Ptolémée (90-168) n’est redécouverte en Occident qu’à la Renaissance et traduite en latin pour la première fois en 1409. Accompagnée de vingt-sept cartes, cette traduction est reçue comme une révélation. Elle se répand dans toute l’Europe et bouleverse la vision du monde. Christophe Colomb étudie attentivement cette image, excessivement étirée des Canaries à la Chine, ce qui l’encourage dans son projet. Malgré leurs erreurs, les cartes de Ptolémée sont un stimulant décisif des grandes découvertes.
C’est un Byzantin, venu s’installer en Italie comme professeur de grec, qui a rapporté à Florence, en 1400, un manuscrit de la Géographie. L’un de ses premiers élèves, Jacopo d’Angelo, entreprend de la traduire en latin et en fait l’hommage au pape Alexandre V en 1409. Ce manuscrit florentin est dédié à un mécène italien, Borso d’Este. La plupart des manuscrits de cette époque renferment une série de vingt-sept cartes : vingt-six cartes régionales en projection orthogonale et une carte du monde, généralement en projection conique. À cette cartographie de base s’ajoutent bientôt des cartes “modernes” et des plans de ville.
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Entre traditions médiévales et redécouverte de l’Antique
Le premier atlas imprimé fut, dès 1477, la Géographie de Claude Ptolémée. La Bible à 42 lignes n’était sortie des presses de Gutenberg qu’une vingtaine d’années auparavant, en 1454, à Mayence. L’imprimerie n’était donc encore qu’au berceau, d’où le nom d’incunables (du latin incunabula, qui signifie berceau) que l’on donne traditionnellement depuis le 17e siècle aux ouvrages publiés avant 1501. La Géographie de Ptolémée connut six éditions incunables : un record pour des in-folio aussi coûteux et volumineux et une révolution pour les milieux intellectuels occidentaux.
Dans la tradition médiévale, l’imprimerie divulgua aussi des textes plus traditionnels et souvent encyclopédiques, tels que l’Imago mundi de Pierre d’Ailly, les Voyages apocryphes de Jean de Mandeville ou le Livre des merveilles de Marco Polo. La Chronique de Nuremberg d’Hartmann Schedel, autre incunable à succès (1493), qui présentait à la fois une histoire et une description du monde, contribua à mettre en images des légendes qui remontaient, pour certaines, à l’Antiquité.

Catalogue de créatures monstrueuses
Les êtres monstrueux présentés par la Chronique de Nuremberg font encore partie de l’univers des hommes de la Renaissance.
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Baleines et sirènes dans la mer des cartes
En 1570, Abrahamus Ortelius produit le premier atlas mondial à valeur scientifique. Pour combler les espaces vides, le cartographe peuple les mers de scènes de navigation et de créatures monstrueuses ou merveilleuses. Sur ce détail, un navire ne résiste pas à l’attaque d’une baleine. Plus bas, ce sont des sirènes séductrices batifolent étourdiment. Dans l’imaginaire des marins, la sirène possède une fonction initiatrice. Elle représente les épreuves que doivent passer les terriens pour devenir marins : Le marin doit écouter la sirène, elle lui apprendra à connaître et à apprécier la mer. Mais il ne doit pas se donner à elle. Sinon, il ne reviendra jamais à terre.
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La croyance des Anciens à des antipodes et à une zone torride inhabitable s’était enrichie des affabulations colportées par certains missionnaires et les premiers marchands. Personne, semble-t-il, ne mettait en doute l’existence d’êtres fantastiques comme les cyclopèdes, qui circulent tantôt sur un pied, tantôt sur un autre en faisant une constante cabriole, les cynocéphales avec une tête de chien sur un corps d’homme, les cyclopes et les êtres porteurs de trois yeux dont un au milieu du ventre, les unipèdes enfin, dont la plante du pied était si développée qu’elle pouvait servir d’ombrelle.

Peuple des cynocéphales de Nicobar
Dans l’île de Nicobar vivent des hommes et des femmes qui ont des têtes de chien. Et ces gens portent en coiffe un bœuf d’or ou d’argent en l’honneur de leur dieu. C’est bien ainsi que les artistes de l’atelier du Maître de la Mazarine ont représenté ce peuple robuste et leur roi portant la pierre précieuse qui jette une « flambe de feu ».
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Ces légendes eurent la vie longue. Nous retrouverons bon nombre d’entre elles transférées ensuite au Nouveau Monde. D’autres disparurent et furent remplacées par de nouveaux mythes, s’attachant aux animaux bizarres, aux cannibales, aux géants ou tout simplement au bon sauvage dont nous parlerons plus loin. Une société contrainte par des codes rigides et des exclusions libère souvent son imagination, selon un phénomène de compensation bien connu. S’il existe un lieu reculé et caché où l’on ne subit aucune norme, ni physique ni morale, où les êtres les plus difformes vivent au grand jour sans être trouvés laids, on retrouve alors une certaine confiance dans une Nature qui a su, quelque part, ménager une place à chacune de ses créatures. Tel est probablement, plus que la satisfaction d’un voyeurisme malsain, le sens des images incroyables illustrant les premières géographies.
Imprimer des cartes
Une nouvelle géographie de la cartographie

Le Globe de Martin Behaim, vers 1492
Martin Behaim (1459-1507), cosmographe de Nuremberg, se mit au service du Portugal et participa à une expédition le long des côtes de l’Afrique en 1484-1485. Le globe terrestre qu’il réalisa vers 1492 reflète l’état des connaissances géographiques juste avant la première expédition de Christophe Colomb, puisque l’Amérique n’est pas encore représentée. Pour le tracé de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est, l’auteur s’est inspiré, lui aussi, de la Géographie de Ptolémée ; mais après le contournement maritime de l’Afrique par Bartolomeu Dias (1488), l’océan Indien est représenté ouvert au sud, avec seulement quelques îles abordées par un navire ibérique.
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En France, l’imprimerie était entrée par Lyon. Elle y avait trouvé un milieu de marchands particulièrement réceptif à la géographie. Amateurs de cosmographies et de relations de voyages, ils aimèrent cette science nouvelle qui délaissait le latin au profit du français, avait des applications concrètes et montrait de belles images. Les Lyonnais virent aussi le profit qu’ils pouvaient en retirer et acceptèrent plus tard de subventionner le voyage de Verrazano. Les premiers atlas français, recueils de simples cartes et de sommaires vues de villes, furent ainsi publiés à Lyon au milieu du 16e siècle, de même qu’une nouvelle édition de la Géographie de Ptolémée.

Carte du monde en forme de cœur montrant la Terre australe
Astronome et mathématicien, titulaire dès 1531 de la première chaire de mathématiques du Collège de France, Oronce Finé (1494-1555) est l’un des premiers savants français à faire œuvre de cartographe. Cette rarissime mappemonde en forme de cœur appartient à un groupe de dix-huit cartes en projection cordiforme éditées entre 1511 et 1566. Inspiré de l’une des projections décrites par Ptolémée (2e siècle après J.-C.), ce système de projection fut codifié par un mathématicien de Nuremberg, Johannes Werner (1468-1528), dans un opuscule daté de 1514. Cette carte s’inscrit donc parmi les nombreuses recherches menées par les géographes du 16e siècle pour représenter la sphère terrestre sur un plan.
Sur le plan des connaissances géographiques, la mappemonde traduit les incertitudes et les hypothèses de l’époque : l’Amérique du Nord est reliée à l’Asie et une vaste Terra Australis, continent imaginé pour équilibrer le poids des masses terrestres septentrionales, a été dessinée. Les savants croyaient en effet qu’un continent austral occupait toute l’extrémité de l’hémisphère sud. L’idée de la Terre comme sphère supposait qu’un équilibre des masses soit assuré par un vaste continent dans la région du pôle Sud en contrepoids des terres du Nord. Cette pensée antique des Antipodes resurgit à la Renaissance. Les découvertes du 15e siècle permettant de franchir l’Équateur, on s’attendait à trouver un continent, non loin des parties connues de l’Amérique, de l’Afrique et de l’Asie. Magellan crut le voir lors de l’excursion du détroit éponyme, mais il toisait la Terre de Feu. Fine imagina une vaste « terra australis nuper inventa sed nondum plene examinata », soit les Terres australes autrefois découvertes mais pas encore explorées.
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Le perfectionnement des techniques d’impression
Les cartes de Finé, comme celles de beaucoup de ses contemporains, souffraient d’un handicap technique important. Elles étaient reproduites par la technique de la gravure sur bois qui consiste à entamer la planche selon la taille d’épargne, qui donne du relief aux tracés que l’on va encrer. Les caractères typographiques étant également en relief, une même presse pouvait imprimer du texte et des planches. Cette technique présentait l’inconvénient de produire des contours grossiers et imprécis au moment où la cartographie devenait, elle, de plus en plus rigoureuse. Elle ne permettait pas d’inscrire une grande quantité de noms alors que la nomenclature des cartes ne cessait au contraire de s’enrichir.

Mappemonde doublement cordiforme d’Oronce Finé
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L’usage de la gravure en taille douce, creusée dans le cuivre, que l’on entaillait au burin, offrit au contraire à la cartographie imprimée les moyens de s’exprimer avec tout un raffinement de détails. Elle exigeait une presse particulière, plus puissante, car il fallait écraser fortement le papier et l’incruster profondément dans les sillons de la planche de métal. Elle se développa parallèlement en Italie et en Flandre.
Foyers et diffusion
Une production européenne

Mappemonde de Sébastien Cabot
Sébastien Cabot, originaire de Venise et fils du navigateur Jean Cabot (qui explora le Labrador et Terre-Neuve), navigua successivement pour le compte de Henri VIII d’Angleterre et pour l’Espagne, en tant que « pilote-major » de sa majesté l’empereur Charles Quint. Il explora l’Amérique du Sud et décrivit le Rio de la Platà, alors qu’il recherchait de nouvelles routes maritimes vers les Moluques ; à la fin de sa carrière, il tenta de trouver le passage du nord-est dans l’océan arctique, au nord de la Moscovie.
Sur ce planisphère imprimé en 1544 (probablement à Anvers ou à Augsbourg), le savoir des marins et des explorateurs se joint à une autre forme de cartographie, plus savante et érudite que celle des cartes portulans manuscrits. Composée de quatre feuilles de parchemin, la carte représente le monde sous la forme d’une ellipse de 111 cm de haut pour 148 cm de large, avec un quadrillage en latitude et longitude. À la manière des cartes marines, elle est aussi couverte de miniatures et de textes explicatifs. Le titre de la carte en précise l’auteur et les sources : « Sur cette figure étendue en plan est contenu le globe tout entier de la terre, les îles, les ports, les fleuves, les golfes, les bancs et les écueils qui ont été découverts jusqu’à ce jour, avec leurs noms et les noms de ceux qui les ont découverts, comme on peut le voir aussi par les tables de la dite figure, ensemble tout ce qui était connu avant et tout ce qui avait été écrit par Ptolémée, provinces, régions, villes, montagnes, fleuves, climats et parallèles, latitude tant pour l’Europe que pour l’Asie et l’Afrique. Et vous devez noter que la terre est située selon la variation que la boussole fait avec l’étoile du nord, pour la raison que vous pourrez trouver dans la seconde table. »
De nombreuses notices font également référence aux auteurs anciens, rappellent certaines merveilles antiques ( « des hommes aux oreilles si grandes qu’elles leur couvrent tout le corps » ), et citent en particulier pour l’océan Indien Marco Polo, tout en comparant son témoignage avec celui d’auteurs plus récents. L’iconographie de l’océan Indien fait ainsi écho, par delà les siècles, à celle de l’Atlas catalan qui cite déjà le voyageur vénitien. En commentaire d’une représentation d’une sati indienne brûlée sur le bûcher de son époux défunt, le cartographe explique ainsi : « Le roi de cette province et royaume de Bengale est un très puissant seigneur qui possède de nombreuses villes très grandes et très commerçantes. Il y a dans ce royaume cannelle, clou de girofle, gingembre, piment, santal, laque, et soie en grande quantité. Ils ont pour habitude dans cette province de brûler les corps des morts et quand le mari meurt avant la femme, la femme se fait brûler vive avec le corps du mari disant qu’elle vivra dans la joie avec lui dans l’autre monde et c’est de cette manière que le mari meurt, la femme fait un grand festin, revêt ses vêtements les plus riches. À ce festin assistent tous ses parents et ceux de son mari. Après avoir mangé, elle se rend avec tous les parents au lieu où l’on a dressé un très grand feu, chantant et dansant jusqu’au dit bûcher ensuite on jette le corps du mari dans le feu puis elle fait ses adieux à ses parents et ses amis et elle se jette dans le feu. Et celle qui s’est jetée le plus librement dans le feu honore sa lignée. Mais déjà cette coutume est moins suivie depuis que les Portugais ont traité avec eux et leur ont laissé entendre que Dieu, Notre Seigneur, n’était pas servi de cette manière. »
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Anvers, capitale de la production cartographique européenne
Le pôle économique de l’Europe au milieu du 16e siècle s’était déplacé à Anvers, qui avait remplacé Venise après que les Portugais se fussent ouvert la route des Indes. Dès 1508, ces derniers y avaient fondé une factorerie d’où les épices étaient redistribuées vers les pays de l’Europe du Nord. Anvers devint aussi la capitale de la production de cartes et d’atlas. Une fois gravées et imprimées, les cartes y étaient vendues à des centaines, voire des milliers d’exemplaires. Chacun pouvait, pour quelques florins, se procurer un globe, une carte marine, un atlas. Les officines de cartographie entretenaient entre elles une saine émulation. Pour attirer une clientèle toujours plus exigeante, leur production devait séduire autant qu’informer. Les meilleurs graveurs rivalisèrent dans l’ornement des frontispices et des cartouches qui, sur les cartes, entouraient le titre, l’échelle ou la dédicace. Une foule de navires, de personnages et d’animaux vint garnir les espaces vides des régions les moins connues.

Vue du port et de la ville d’Anvers
Anvers devint, après Venise, la capitale du commerce international au 16e siècle. Les épices venues d’Orient, le métal blanc apporté d’Amérique, ainsi que son propre essor industriel assurèrent sa suprématie.
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Toujours imprimées en noir et blanc, les cartes recevaient ensuite, si le client le désirait, un lavis à l’aquarelle, appliqué par un enlumineur. C’est ce métier qu’exerçait, à une grande échelle, Abraham Ortelius, qui réalisa, en 1570, le premier atlas du monde. Libraire de cartes, mais aussi collectionneur et antiquaire, Ortelius avait beaucoup voyagé en Europe, accomplissant parfois des missions pour le compte de Gilles Hooftman, le plus grand négociant anversois. Aux dires de l’un de ses collaborateurs, il achetait toutes les cartes disponibles pour évaluer, d’après les distances, le coût du transport des marchandises et les risques auxquels elles étaient exposées. Sur les cartes hydrographiques, il calculait avec soin le mouvement des vents afin d’évaluer les risques de naufrages, de prévoir les déviations à partir de la route fixée, et de réaliser ainsi des gains sur les assurances.

Des monstres fascinants
En 1570, dans son Theatrum orbis terrarum, préfacé par Mercator, le cartographe anversois Abraham Ortelius produit le premier atlas mondial d’une valeur scientifique. Il n’abandonne pas pour autant le domaine des monstres marins.
Cette neuvième édition latine de son atlas comporte cent quinze doubles feuillets de cartes enluminées, plus les trente-deux du Parergon. La carte de l’Islande, datée de 1585, est assurément l’une des plus belles du recueil par la richesse de son décor, inspiré d’un bestiaire fabuleux proche de celui d’Olaus Magnus.
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L’invention de l’atlas
Les formats des cartes étant trop différents pour permettre une consultation aisée, Ortelius eut l’idée de composer un recueil dans lequel toutes les planches auraient la même taille, 50 x 65 centimètres environ. L’atlas était né, mais il portait encore un long titre en latin Theatrum orbis terrarum (Théâtre du monde). Son succès fut considérable. Réédité par le célèbre imprimeur anversois, Christophe Plantin – dont on visite toujours l’imprimerie restée intacte – il fut diffusé en plusieurs langues dans toute l’Europe.

Le premier atlas du monde
Le premier atlas du monde a été publié à Anvers par Abraham Ortelius en 1570.
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Atlas : l’image qui a donné leur nom aux atlas
C’est le grand géographe Gérard Mercator (1512-1594) qui baptisa involontairement les atlas avec son propre ouvrage intitulé, en 1595, Atlas sive cosmographicae meditationes de fabrica mundi (Atlas ou méditations cosmographiques sur la fabrication du monde).
Mercator s’intéressait en l’occurrence davantage au ciel qu’à la terre. Le nom d’Atlas auquel il se référait était en réalité celui d’un roi mythique de Lybie qui aurait conçu le premier globe céleste. Par la suite, les illustrateurs le confondirent avec le géant de la mythologie grecque que Zeus avait condamné à porter le ciel sur ses épaules ; un peu plus tard, pour plus de cohérence, la voûte céleste fut changée en globe terrestre.
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C’est le grand géographe Gérard Mercator (1512-1594) qui baptisa involontairement les atlas, avec son propre ouvrage, intitulé, en 1595, Atlas sive cosmographicae meditationes de fabrica mundi (Atlas ou méditations cosmographiques sur la fabrication du monde). Mercator s’intéressait en l’occurrence davantage au ciel qu’à la terre. Le nom d’Atlas auquel il se référait était en réalité celui d’un roi mythique de Lybie qui aurait conçu le premier globe céleste. Par la suite, les illustrateurs le confondirent avec le géant de la mythologie grecque que Zeus avait condamné à porter le ciel sur ses épaules ; un peu plus tard, pour plus de cohérence, la voûte céleste fut changée en globe terrestre.
Provenance
Cet article a été publié à l’occasion de l’exposition « L’Âge d’or des cartes marines. Quand l’Europe découvrait le monde » présentée à la Bibliothèque nationale de France en 2012.
Lien permanent
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