Découvrir, comprendre, créer, partager

Livre à feuilleter

La légende médiévale d'Alexandre le Grand : Livre I
 

Éducation en Grèce, conquête de l'Egypte et de la Perse
 
La légende médiévale d'Alexandre le Grand : couverture recto
Le format de l'image est incompatible
Contre-plat supérieur avec la cote du manuscrit
 

Contre-plat supérieur avec la cote du manuscrit
 

Plus de détails sur la page

La cote du manuscrit

Reportée sur la contre-garde, la "cote" renvoie au classement des documents dans les magasins de la Bibliothèque. Ici, la cote "Fr 9342" fournit des informations sur la langue employée dans le manuscrit, le français, et sur son numéro d’ordre dans les rayonnages.
Une autre étiquette portant la cote est également apposée sur le dos du manuscrit, de manière à ce que celle-ci soit bien visible lors du rangement du volume debout sur les rayonnages. Au Moyen Âge, on inscrivait le titre et, le cas échéant, la cote de l’ouvrage sur une pièce de parchemin clouée ou collée sur l’un des plats de reliure du manuscrit, car les manuscrits étaient alors rangés couchés dans les bibliothèques.

Contre-plat supérieur avec la cote du manuscrit
 
Page de garde en papier marbré

Page de  garde en papier marbré

Plus de détails sur la page

Le papier marbré

Collée contre le plat intérieur de la reliure, cette contre-garde supérieure est faite de papier marbré, c’est-à-dire d’un papier étendu sur la surface d’une eau gommée sur laquelle flottent des couleurs formant des dessins. D’origine orientale, la technique de marbrure fut très employée en France à partir des années 1640 pour la reliure des livres.

Page de  garde en papier marbré
Contre-plat supérieur avec la cote du manuscrit
 

Contre-plat supérieur avec la cote du manuscrit
 

Plus de détails sur la page

La cote du manuscrit

Reportée sur la contre-garde, la "cote" renvoie au classement des documents dans les magasins de la Bibliothèque. Ici, la cote "Fr 9342" fournit des informations sur la langue employée dans le manuscrit, le français, et sur son numéro d’ordre dans les rayonnages.
Une autre étiquette portant la cote est également apposée sur le dos du manuscrit, de manière à ce que celle-ci soit bien visible lors du rangement du volume debout sur les rayonnages. Au Moyen Âge, on inscrivait le titre et, le cas échéant, la cote de l’ouvrage sur une pièce de parchemin clouée ou collée sur l’un des plats de reliure du manuscrit, car les manuscrits étaient alors rangés couchés dans les bibliothèques.

Contre-plat supérieur avec la cote du manuscrit
 
Page de garde en papier marbré

Page de  garde en papier marbré

Plus de détails sur la page

Le papier marbré

Collée contre le plat intérieur de la reliure, cette contre-garde supérieure est faite de papier marbré, c’est-à-dire d’un papier étendu sur la surface d’une eau gommée sur laquelle flottent des couleurs formant des dessins. D’origine orientale, la technique de marbrure fut très employée en France à partir des années 1640 pour la reliure des livres.

Page de  garde en papier marbré
Page de  garde en parchemin
 

Page de garde en parchemin

Plus de détails sur la page

Le parchemin

C'est le support essentiel du livre durant tout le Moyen Âge en Occident. Mais il reste un produit de grand luxe : près de 300 peaux de moutons sont nécessaires pour un manuscrit, parfois bien davantage. Le papier, qui s'est répandu en Europe à la fin du XIII e siècle, remplacera le parchemin avec l'invention de l'imprimerie. Cependant, le parchemin reste le support privilégié et indispensable pour tout manuscrit destiné à une clientèle fortunée et exigeante. Certaines éditions imprimées de la fin du XVe siècle, qu'on appelle les incunables, sont même tirées sur parchemin et enluminées à la main pour se rapprocher de l'aspect du manuscrit.

Page de garde en parchemin
 Fol 1 : Page de  titre – Table des chapitres du Premier livre
 

 Fol 1 : Page de  titre – Table des chapitres du Premier livre
 

Plus de détails sur la page

Le manuscrit, constitué de 227 folios (43 x 31 cm), est écrit sur vélin en écriture bâtarde gothique par le copiste Jacques du Bois. Le texte est disposé sur deux colonnes comptant 32 lignes. Le manuscrit débute par une rubrique tracée à l'encre rouge qui indique le titre de l'œuvre, suivie par la table des 157 chapitres du Premier livre. 

Texte de la table des chapitre
Suivent ci-dessous les rubriques des chapitres de notre histoire, qui rapporte des nobles entreprises, les batailles et les conquêtes que le noble, fier et courageux conquérant, le roi Alexandre, poursuivit et mena à bien dans sa conquête du monde ; ces rubriques seront répétées et inscrites entre le texte, au début desdits chapitres.
I. Le prologue de l’auteur qui contient quelques formules d’excuse.
II. Au sujet du père et de la mère du noble roi Alexandre, de leurs mœurs et de leurs conditions.
III. Comment certaines personnes méchantes et jalouses se mirent à médire de la noble dame Olympias.
IV. Au sujet des prodiges qui eurent lieu lors de la naissance du noble roi Alexandre.
V. De l’éducation du roi Alexandre et à qui il fut confié pour être instruit en sciences libérales et morales.
VI. Comment Alexandre fit un songe extraordinaire à l’âge de dix ans alors qu’il reposait dans son lit.
VII. Comment le roi Philippe de Macédoine fit assembler des savants pour qu’ils expliquent la vision de son fils Alexandre.
VIII. L’interprétation [du songe] du roi Alexandre qu’Astatus développa en grec.
IX. L’interprétation que développa le second savant, Saligors de Liers.
X. Comment Aristote, le sage philosophe, interpréta le songe d’Alexandre.
XI. Comment Alexandre tua Neptanebus, le magicien, à cause de qui lui et sa mère encouraient de grands reproches.
XII. Au sujet du cheval, nommé Bucéphale, qu’Alexandre chevaucha après une grande lutte.
XIII. Comment Alexandre enfourcha Bucéphale que personne n’osait approcher.
XIV. Comment Alexandre fut adoubé chevalier.
XV. L’état, la manière et les équipements dont Alexandre fut équipé et paré.
 XVI. Comment le roi Philippe de Macédoine et son fils Alexandre furent défiés par Nicolas, le roi d’Arménie et de Turquie.

 Fol 1 : Page de  titre – Table des chapitres du Premier livre
 
Page de  garde en parchemin
 

Page de garde en parchemin

Plus de détails sur la page

Le parchemin

C'est le support essentiel du livre durant tout le Moyen Âge en Occident. Mais il reste un produit de grand luxe : près de 300 peaux de moutons sont nécessaires pour un manuscrit, parfois bien davantage. Le papier, qui s'est répandu en Europe à la fin du XIII e siècle, remplacera le parchemin avec l'invention de l'imprimerie. Cependant, le parchemin reste le support privilégié et indispensable pour tout manuscrit destiné à une clientèle fortunée et exigeante. Certaines éditions imprimées de la fin du XVe siècle, qu'on appelle les incunables, sont même tirées sur parchemin et enluminées à la main pour se rapprocher de l'aspect du manuscrit.

Page de garde en parchemin
 Fol 1 : Page de  titre – Table des chapitres du Premier livre
 

 Fol 1 : Page de  titre – Table des chapitres du Premier livre
 

Plus de détails sur la page

Le manuscrit, constitué de 227 folios (43 x 31 cm), est écrit sur vélin en écriture bâtarde gothique par le copiste Jacques du Bois. Le texte est disposé sur deux colonnes comptant 32 lignes. Le manuscrit débute par une rubrique tracée à l'encre rouge qui indique le titre de l'œuvre, suivie par la table des 157 chapitres du Premier livre. 

Texte de la table des chapitre
Suivent ci-dessous les rubriques des chapitres de notre histoire, qui rapporte des nobles entreprises, les batailles et les conquêtes que le noble, fier et courageux conquérant, le roi Alexandre, poursuivit et mena à bien dans sa conquête du monde ; ces rubriques seront répétées et inscrites entre le texte, au début desdits chapitres.
I. Le prologue de l’auteur qui contient quelques formules d’excuse.
II. Au sujet du père et de la mère du noble roi Alexandre, de leurs mœurs et de leurs conditions.
III. Comment certaines personnes méchantes et jalouses se mirent à médire de la noble dame Olympias.
IV. Au sujet des prodiges qui eurent lieu lors de la naissance du noble roi Alexandre.
V. De l’éducation du roi Alexandre et à qui il fut confié pour être instruit en sciences libérales et morales.
VI. Comment Alexandre fit un songe extraordinaire à l’âge de dix ans alors qu’il reposait dans son lit.
VII. Comment le roi Philippe de Macédoine fit assembler des savants pour qu’ils expliquent la vision de son fils Alexandre.
VIII. L’interprétation [du songe] du roi Alexandre qu’Astatus développa en grec.
IX. L’interprétation que développa le second savant, Saligors de Liers.
X. Comment Aristote, le sage philosophe, interpréta le songe d’Alexandre.
XI. Comment Alexandre tua Neptanebus, le magicien, à cause de qui lui et sa mère encouraient de grands reproches.
XII. Au sujet du cheval, nommé Bucéphale, qu’Alexandre chevaucha après une grande lutte.
XIII. Comment Alexandre enfourcha Bucéphale que personne n’osait approcher.
XIV. Comment Alexandre fut adoubé chevalier.
XV. L’état, la manière et les équipements dont Alexandre fut équipé et paré.
 XVI. Comment le roi Philippe de Macédoine et son fils Alexandre furent défiés par Nicolas, le roi d’Arménie et de Turquie.

 Fol 1 : Page de  titre – Table des chapitres du Premier livre
 
Fol. 4v : Table des chapitres du Premier livre
 

Fol. 4v : Table des chapitres du Premier livre
 

Fol. 4v : Table des chapitres du Premier livre
 
Fol. 5 : Page de  frontispice – Présentation du livre à Philippe le Bon       
 

Fol. 5 : Page de  frontispice – Présentation du livre à Philippe le Bon      

Plus de détails sur la page

L'auteur : Jean Wauquelin (v. 1428-1452)
Ecrivain et traducteur d’origine montoise, Jean Wauquelin travaille au service de Philippe le Bon de 1445 à 1452. Il dirige un atelier de copiste à Mons, en Flandre, où il fait office de maître d'œuvre, établissant les textes, encadrant les copistes et les enlumineurs. Réalisé en 1447-1448, Les Faicts et les Conquestes d’Alexandre le Grand résulte d’une compilation comme la plupart des œuvres du Moyen Âge, c’est-à-dire d'une réécriture de textes antérieurs, aussi bien en vers qu’en prose, qui datent d’époques différentes. Au début du roman jusqu’à la fin du cinquante-quatrième chapitre, Wauquelin utilise comme source le Roman d’Alexandre d’Alexandre de Paris et Lambert Le Tort, un texte romanesque en alexandrins du 13e  siècle. Sa seconde source principale intervient à partir du cent quinzième chapitre jusqu’à la fin du roman : il s’agit d’une traduction en prose française de l’Historia de Preliis. Ce texte latin était lui-même issu de l’une des traductions et adaptations qui avait été faite au Xe siècle du roman grec du Pseudo-Callisthène, que l’on date du IVe siècle. À ses deux sources principales s'ajoutent ponctuellement des sources secondaires, tels que les Vœux du Paon, un poème imprégné d’une atmosphère courtoise, écrit en laisses d’alexandrins par Jacques de Longuyon dans les environs de 1312, que Waquelin introduit entre les chapitres cinquante-cinq et cent treize.

Prologue de l'œuvre :
Puisque grâce au récit et au souvenir des nobles entreprises et combats, conquêtes et actes de vaillance entrepris et menés à terme par les hommes du temps ancien qui étaient courageux, puissants et nobles, les cœurs des nobles et courageux hommes du temps présent, qui souhaitent et veulent atteindre à la haute et excellente vertu de prouesse et de bonne renommée, sont touchés, élevés et plus profondément incités au sens de l’honneur et à l’accomplissement, ainsi qu’à une plus sûre intelligence – et de même, tous les cœurs des jeunes chevaliers et écuyers doivent s’ouvrir et s’élever quand ils entendent raconter de telles actions, en pensant toujours à acquérir une bonne renommée -, moi, indigne, piètre et dépourvu de savoir, à la requête et surtout au commandement du très digne, noble et puissant seigneur, monseigneur Jean de Bourgogne, comte d’Etampes et seigneur de Dourdan, j’ai déterminé et fixé mon propos de mettre par écrit en langage maternel les nobles faits d’armes, conquêtes et entreprises du noble roi Alexandre, le roi de Macédoine, d’après ce que j’ai trouvé dans un livre en rimes dont j’ignore le nom de l’auteur, sinon que le livre s’intitule l’Histoire d’Alexandre. Pour cette raison, si je suis en quelque façon détourné de la véritable histoire de ce si noble et puissant roi – pourvu que non, s’il plaît à Dieu ! – ou si quelque erreur en l’ordonnance de cette matière est trouvée, selon un jugement exact, vrai et certain, qu’elle soit doucement et positivement corrigée ; et si l’on y trouve quelque œuvre digne de louange, qu’elle soit attribuée à Dieu et l’imperfection imputée à ma négligence, qu’elle ait selon ma volonté autant d’avis favorables que de détracteurs. Et puisque je n’ai pas trouvé non plus dans cette histoire à quelle époque après la création du monde elle eut lieu, du moins en toute certitude, je supplie que si quelqu’un la découvre de manière sûre, qu’il veuille bien l’intégrer et l’ajouter à cette présente œuvre, où pour préliminaire, milieu et fin, j’appelle et requiers à mon aide la grâce du Saint Esprit. Puisque grâce au récit et au souvenir des nobles entreprises et combats, conquêtes et actes de vaillance entrepris et menés à terme par les hommes du temps ancien qui étaient courageux, puissants et nobles, les cœurs des nobles et courageux hommes du temps présent, qui souhaitent et veulent atteindre à la haute et excellente vertu de prouesse et de bonne renommée, sont touchés, élevés et plus profondément incités au sens de l’honneur et à l’accomplissement, ainsi qu’à une plus sûre intelligence – et de même, tous les cœurs des jeunes chevaliers et écuyers doivent s’ouvrir et s’élever quand ils entendent raconter de telles actions, en pensant toujours à acquérir une bonne renommée -, moi, indigne, piètre et dépourvu de savoir, à la requête et surtout au commandement du très digne, noble et puissant seigneur, monseigneur Jean de Bourgogne, comte d’Etampes et seigneur de Dourdan, j’ai déterminé et fixé mon propos de mettre par écrit en langage maternel les nobles faits d’armes, conquêtes et entreprises du noble roi Alexandre, le roi de Macédoine, d’après ce que j’ai trouvé dans un livre en rimes dont j’ignore le nom de l’auteur, sinon que le livre s’intitule l’Histoire d’Alexandre. Pour cette raison, si je suis en quelque façon détourné de la véritable histoire de ce si noble et puissant roi – pourvu que non, s’il plaît à Dieu ! – ou si quelque erreur en l’ordonnance de cette matière est trouvée, selon un jugement exact, vrai et certain, qu’elle soit doucement et positivement corrigée ; et si l’on y trouve quelque œuvre digne de louange, qu’elle soit attribuée à Dieu et l’imperfection imputée à ma négligence, qu’elle ait selon ma volonté autant d’avis favorables que de détracteurs. Et puisque je n’ai pas trouvé non plus dans cette histoire à quelle époque après la création du monde elle eut lieu, du moins en toute certitude, je supplie que si quelqu’un la découvre de manière sûre, qu’il veuille bien l’intégrer et l’ajouter à cette présente œuvre, où pour préliminaire, milieu et fin, j’appelle et requiers à mon aide la grâce du Saint Esprit.

Fol. 5 : Page de  frontispice – Présentation du livre à Philippe le Bon      
Fol. 4v : Table des chapitres du Premier livre
 

Fol. 4v : Table des chapitres du Premier livre
 

Fol. 4v : Table des chapitres du Premier livre
 
Fol. 5 : Page de  frontispice – Présentation du livre à Philippe le Bon       
 

Fol. 5 : Page de  frontispice – Présentation du livre à Philippe le Bon      

Plus de détails sur la page

L'auteur : Jean Wauquelin (v. 1428-1452)
Ecrivain et traducteur d’origine montoise, Jean Wauquelin travaille au service de Philippe le Bon de 1445 à 1452. Il dirige un atelier de copiste à Mons, en Flandre, où il fait office de maître d'œuvre, établissant les textes, encadrant les copistes et les enlumineurs. Réalisé en 1447-1448, Les Faicts et les Conquestes d’Alexandre le Grand résulte d’une compilation comme la plupart des œuvres du Moyen Âge, c’est-à-dire d'une réécriture de textes antérieurs, aussi bien en vers qu’en prose, qui datent d’époques différentes. Au début du roman jusqu’à la fin du cinquante-quatrième chapitre, Wauquelin utilise comme source le Roman d’Alexandre d’Alexandre de Paris et Lambert Le Tort, un texte romanesque en alexandrins du 13e  siècle. Sa seconde source principale intervient à partir du cent quinzième chapitre jusqu’à la fin du roman : il s’agit d’une traduction en prose française de l’Historia de Preliis. Ce texte latin était lui-même issu de l’une des traductions et adaptations qui avait été faite au Xe siècle du roman grec du Pseudo-Callisthène, que l’on date du IVe siècle. À ses deux sources principales s'ajoutent ponctuellement des sources secondaires, tels que les Vœux du Paon, un poème imprégné d’une atmosphère courtoise, écrit en laisses d’alexandrins par Jacques de Longuyon dans les environs de 1312, que Waquelin introduit entre les chapitres cinquante-cinq et cent treize.

Prologue de l'œuvre :
Puisque grâce au récit et au souvenir des nobles entreprises et combats, conquêtes et actes de vaillance entrepris et menés à terme par les hommes du temps ancien qui étaient courageux, puissants et nobles, les cœurs des nobles et courageux hommes du temps présent, qui souhaitent et veulent atteindre à la haute et excellente vertu de prouesse et de bonne renommée, sont touchés, élevés et plus profondément incités au sens de l’honneur et à l’accomplissement, ainsi qu’à une plus sûre intelligence – et de même, tous les cœurs des jeunes chevaliers et écuyers doivent s’ouvrir et s’élever quand ils entendent raconter de telles actions, en pensant toujours à acquérir une bonne renommée -, moi, indigne, piètre et dépourvu de savoir, à la requête et surtout au commandement du très digne, noble et puissant seigneur, monseigneur Jean de Bourgogne, comte d’Etampes et seigneur de Dourdan, j’ai déterminé et fixé mon propos de mettre par écrit en langage maternel les nobles faits d’armes, conquêtes et entreprises du noble roi Alexandre, le roi de Macédoine, d’après ce que j’ai trouvé dans un livre en rimes dont j’ignore le nom de l’auteur, sinon que le livre s’intitule l’Histoire d’Alexandre. Pour cette raison, si je suis en quelque façon détourné de la véritable histoire de ce si noble et puissant roi – pourvu que non, s’il plaît à Dieu ! – ou si quelque erreur en l’ordonnance de cette matière est trouvée, selon un jugement exact, vrai et certain, qu’elle soit doucement et positivement corrigée ; et si l’on y trouve quelque œuvre digne de louange, qu’elle soit attribuée à Dieu et l’imperfection imputée à ma négligence, qu’elle ait selon ma volonté autant d’avis favorables que de détracteurs. Et puisque je n’ai pas trouvé non plus dans cette histoire à quelle époque après la création du monde elle eut lieu, du moins en toute certitude, je supplie que si quelqu’un la découvre de manière sûre, qu’il veuille bien l’intégrer et l’ajouter à cette présente œuvre, où pour préliminaire, milieu et fin, j’appelle et requiers à mon aide la grâce du Saint Esprit. Puisque grâce au récit et au souvenir des nobles entreprises et combats, conquêtes et actes de vaillance entrepris et menés à terme par les hommes du temps ancien qui étaient courageux, puissants et nobles, les cœurs des nobles et courageux hommes du temps présent, qui souhaitent et veulent atteindre à la haute et excellente vertu de prouesse et de bonne renommée, sont touchés, élevés et plus profondément incités au sens de l’honneur et à l’accomplissement, ainsi qu’à une plus sûre intelligence – et de même, tous les cœurs des jeunes chevaliers et écuyers doivent s’ouvrir et s’élever quand ils entendent raconter de telles actions, en pensant toujours à acquérir une bonne renommée -, moi, indigne, piètre et dépourvu de savoir, à la requête et surtout au commandement du très digne, noble et puissant seigneur, monseigneur Jean de Bourgogne, comte d’Etampes et seigneur de Dourdan, j’ai déterminé et fixé mon propos de mettre par écrit en langage maternel les nobles faits d’armes, conquêtes et entreprises du noble roi Alexandre, le roi de Macédoine, d’après ce que j’ai trouvé dans un livre en rimes dont j’ignore le nom de l’auteur, sinon que le livre s’intitule l’Histoire d’Alexandre. Pour cette raison, si je suis en quelque façon détourné de la véritable histoire de ce si noble et puissant roi – pourvu que non, s’il plaît à Dieu ! – ou si quelque erreur en l’ordonnance de cette matière est trouvée, selon un jugement exact, vrai et certain, qu’elle soit doucement et positivement corrigée ; et si l’on y trouve quelque œuvre digne de louange, qu’elle soit attribuée à Dieu et l’imperfection imputée à ma négligence, qu’elle ait selon ma volonté autant d’avis favorables que de détracteurs. Et puisque je n’ai pas trouvé non plus dans cette histoire à quelle époque après la création du monde elle eut lieu, du moins en toute certitude, je supplie que si quelqu’un la découvre de manière sûre, qu’il veuille bien l’intégrer et l’ajouter à cette présente œuvre, où pour préliminaire, milieu et fin, j’appelle et requiers à mon aide la grâce du Saint Esprit.

Fol. 5 : Page de  frontispice – Présentation du livre à Philippe le Bon      
Fol. 7v : L’enseignement d’Aristote – Le songe d’Alexandre
 

Fol. 7v : L’enseignement d’Aristote – Le songe d’Alexandre
 

Plus de détails sur la page

L'enseignement d'Aristote
Entre l'âge de 13 et 16 ans, de 343 à 340, Alexandre est l'élève d'Aristote (384-322 av. J.-C.) à Miéza de Piérie, en Macédoine. À 16 ans, il est associé par Philippe aux activités administratives et militaires. Aristote a été lui-même formé à l'Académie de Platon où il est resté une vingtaine d'années avant de séjourner, après la mort de son maître en 347, à Assos auprès du tyran Hermias d’Atarnée, puis à Lesbos. De retour à Athènes, il fondera le Lycée, rival de l'Académie platonicienne.
D’après Plutarque, le philosophe ne donna pas au futur héros qu’un enseignement moral et politique ; il lui prodigua aussi des leçons secrètes à caractère initiatique et lui fit lire notamment le célèbre traité intitulé Métaphysique.
La famille d'Aristote était familière de la cour de Macédoine. Son père Nicomaque, était "médecin et ami" du grand-père d'Alexandre, le roi Amyntas III. C’est ainsi que Philippe choisit naturellement Aristote comme précepteur pour son fils, indépendamment même de l’aura dont bénéficiait déjà le philosophe.

Les arts libéraux
Dans les écoles et les universités du Moyen Âge étaient enseignés les arts libéraux qui réunissaient les sciences du <i>trivium</i> (grammaire, dialectique, rhétorique) et du <i>quadrivium</i> (arithmétique, géométrie, histoire, musique). Chacun d’entre eux étaient figurés par des auteurs antiques faisant autorité, identifiables grâce à leurs attributs. C’est ainsi qu’Aristote accompagné d’un serpent, symbole des raisonnements, représentait traditionnellement la dialectique. L’association sur une même image du philosophe et du dragon, volontiers associé au serpent dans la pensée médiévale, pourrait donc bien ne pas être fortuite.

Le lit médiéval
Les représentations du lit ne manquent pas sur les miniatures médiévales. Il s’agit en majorité des couches de nobles, princes ou rois, tandis que les chambres paysanne et bourgeoise ne sont que rarement montrées. Dans la chambre aux murs lambrissés, le lit d’Alexandre est protégé par un ciel de lit en tissu vert, dont on ne voit que deux gouttières, ainsi que par une tenture indépendante au chevet, dite dossier ou muraille, qui permettait d’isoler la tête du dormeur de l’humidité de la paroi. Les trois courtines qui pendent sous le ciel, deux d’entre elles étant relevées, sont d’un bleu soutenu qui reprend la couleur de la couverture.

Extrait du texte :
Lorsqu’il arriva à l’âge de cinq à six ans, on lui attribua un maître pour lui enseigner tout ce qui relève des arts libéraux et de la morale. Ce maître le forma et l’instruisit aussi bien qu’il lui sembla, car sur le plan de la sagesse on n’entendit jamais évoquer d’homme pareil à Alexandre. Et son précepteur était le plus éminent philosophe qui fût jamais au monde ; aujourd’hui encore tous les hommes de lettres le célèbrent. C’était Aristote, le maître de philosophie. Et qui voudra connaître les enseignements qu’il prodigua à Alexandre, qu’il lise un livre intitulé <i>Le secret des secrets</i>. (5, 29-38)
Alors qu’il dormait, Alexandre fit un rêve extraordinaire et obscur ; il songeait qu’on lui avait offert un œuf pour qu’il le mange. Quand il s’en saisit, il se mit à le faire rouler sur les dalles en marbre de la salle où il pensait être, de sorte que la coquille de l’œuf se brisât. La coquille rompue, il sortit de cet œuf un immense et horrible dragon, à l’apparence extraordinaire et terrible. (6, 3-13)

Fol. 7v : L’enseignement d’Aristote – Le songe d’Alexandre
 
Les sources de Wauquelin

Les sources de Wauquelin

Plus de détails sur la page

Les sources de Wauquelin
De ce premier chapitre jusqu’au chapitre 39, Wauquelin utilise comme source unique la première branche du roman en alexandrins d’Alexandre de Paris, le <i>Roman d’Alexandre</i>, qui en comporte traditionnellement quatre. Ecrite en laisses alexandrines qui empruntent à la technique de l’épopée, avec notamment la reprise d’un même thème de la fin d’une laisse au début d’une autre, cette œuvre est l’une des sources principales du compilateur bourguignon. Il s’en démarque cependant de plus en plus à mesure qu’il avance dans son roman, l’abandonne parfois complètement pour privilégier d’autres sources ou réécrit certains de ses épisodes en faveur du héros.

Les sources de Wauquelin
Fol. 7v : L’enseignement d’Aristote – Le songe d’Alexandre
 

Fol. 7v : L’enseignement d’Aristote – Le songe d’Alexandre
 

Plus de détails sur la page

L'enseignement d'Aristote
Entre l'âge de 13 et 16 ans, de 343 à 340, Alexandre est l'élève d'Aristote (384-322 av. J.-C.) à Miéza de Piérie, en Macédoine. À 16 ans, il est associé par Philippe aux activités administratives et militaires. Aristote a été lui-même formé à l'Académie de Platon où il est resté une vingtaine d'années avant de séjourner, après la mort de son maître en 347, à Assos auprès du tyran Hermias d’Atarnée, puis à Lesbos. De retour à Athènes, il fondera le Lycée, rival de l'Académie platonicienne.
D’après Plutarque, le philosophe ne donna pas au futur héros qu’un enseignement moral et politique ; il lui prodigua aussi des leçons secrètes à caractère initiatique et lui fit lire notamment le célèbre traité intitulé Métaphysique.
La famille d'Aristote était familière de la cour de Macédoine. Son père Nicomaque, était "médecin et ami" du grand-père d'Alexandre, le roi Amyntas III. C’est ainsi que Philippe choisit naturellement Aristote comme précepteur pour son fils, indépendamment même de l’aura dont bénéficiait déjà le philosophe.

Les arts libéraux
Dans les écoles et les universités du Moyen Âge étaient enseignés les arts libéraux qui réunissaient les sciences du <i>trivium</i> (grammaire, dialectique, rhétorique) et du <i>quadrivium</i> (arithmétique, géométrie, histoire, musique). Chacun d’entre eux étaient figurés par des auteurs antiques faisant autorité, identifiables grâce à leurs attributs. C’est ainsi qu’Aristote accompagné d’un serpent, symbole des raisonnements, représentait traditionnellement la dialectique. L’association sur une même image du philosophe et du dragon, volontiers associé au serpent dans la pensée médiévale, pourrait donc bien ne pas être fortuite.

Le lit médiéval
Les représentations du lit ne manquent pas sur les miniatures médiévales. Il s’agit en majorité des couches de nobles, princes ou rois, tandis que les chambres paysanne et bourgeoise ne sont que rarement montrées. Dans la chambre aux murs lambrissés, le lit d’Alexandre est protégé par un ciel de lit en tissu vert, dont on ne voit que deux gouttières, ainsi que par une tenture indépendante au chevet, dite dossier ou muraille, qui permettait d’isoler la tête du dormeur de l’humidité de la paroi. Les trois courtines qui pendent sous le ciel, deux d’entre elles étant relevées, sont d’un bleu soutenu qui reprend la couleur de la couverture.

Extrait du texte :
Lorsqu’il arriva à l’âge de cinq à six ans, on lui attribua un maître pour lui enseigner tout ce qui relève des arts libéraux et de la morale. Ce maître le forma et l’instruisit aussi bien qu’il lui sembla, car sur le plan de la sagesse on n’entendit jamais évoquer d’homme pareil à Alexandre. Et son précepteur était le plus éminent philosophe qui fût jamais au monde ; aujourd’hui encore tous les hommes de lettres le célèbrent. C’était Aristote, le maître de philosophie. Et qui voudra connaître les enseignements qu’il prodigua à Alexandre, qu’il lise un livre intitulé <i>Le secret des secrets</i>. (5, 29-38)
Alors qu’il dormait, Alexandre fit un rêve extraordinaire et obscur ; il songeait qu’on lui avait offert un œuf pour qu’il le mange. Quand il s’en saisit, il se mit à le faire rouler sur les dalles en marbre de la salle où il pensait être, de sorte que la coquille de l’œuf se brisât. La coquille rompue, il sortit de cet œuf un immense et horrible dragon, à l’apparence extraordinaire et terrible. (6, 3-13)

Fol. 7v : L’enseignement d’Aristote – Le songe d’Alexandre
 
Les sources de Wauquelin

Les sources de Wauquelin

Plus de détails sur la page

Les sources de Wauquelin
De ce premier chapitre jusqu’au chapitre 39, Wauquelin utilise comme source unique la première branche du roman en alexandrins d’Alexandre de Paris, le <i>Roman d’Alexandre</i>, qui en comporte traditionnellement quatre. Ecrite en laisses alexandrines qui empruntent à la technique de l’épopée, avec notamment la reprise d’un même thème de la fin d’une laisse au début d’une autre, cette œuvre est l’une des sources principales du compilateur bourguignon. Il s’en démarque cependant de plus en plus à mesure qu’il avance dans son roman, l’abandonne parfois complètement pour privilégier d’autres sources ou réécrit certains de ses épisodes en faveur du héros.

Les sources de Wauquelin
Fol. 10v : La mort de Nectanebus – Alexandre dompte Bucéphale

Fol. 10v : La mort de Nectanebus – Alexandre dompte Bucéphale
 

Plus de détails sur la page

Filiation d'Alexandre
Alexandre est le fils de Philippe II de Macédoine et d'Olympias, princesse d'Épire, région grecque frontalière de l'Albanie. Cette dernière est la fille du roi des Molosses, un peuple qui prétendait descendre d'Achille. Des traditions rapportées par Plutarque disent que Philippe l'a rencontrée dans l'île de Samothrace au cours d'une cérémonie d'initiation. Pratiquant ostensiblement les rites de Dionysos et d'Orphée, elle était entourée d'une réputation scandaleuse. Femme ambitieuse et autoritaire, elle fascinait Philippe autant qu'elle l'effayait : une nuit, il l'aurait surprise à dormir avec des serpents ! La rumeur disait qu'elle n'avait pas conçu Alexandre avec Philippe mais avec Zeus dont elle fut la prêtresse. Pour servir ses intérêts politiques, Alexandre lui-même faisait référence au dieu plutôt qu'à Philippe quand il évoquait son père. Des historiens antiques lui reprochèrent même d'avoir trempé dans le meurtre de Philippe, assassiné par un noble macédonien, sans la preuve de sa propre implication. Ainsi s'est constituée la légende noire d'Alexandre. On fit d'un sorcier, Nectanebo, ancien roi d'Égypte en exil, le mauvais esprit d'Olympias et un père caché qu'Alexandre assassina… À l'époque de la naissance d'Alexandre, un Necténavo II régna effectivement sur l'Égypte dont il fut le dernier souverain, vaincu en 342-343 par le roi de Perse Artaxerxès III. Mais c'est en Haute-Égypte ou en Éthiopie qu'il se réfugia et non en Macédoine.
De peur de ternir l’image du héros qui serait alors né d’un adultère, Wauquelin refuse de faire de Nectanebus le vrai père d’Alexandre. C’est pourquoi il choisit de suivre la version contenue dans le Roman d’Alexandre en alexandrins qui niait lui aussi la paternité du roi égyptien. En revanche, une autre tradition initiée par le Pseudo-Callisthène à la fin du IIIe siècle et suivie par un certain nombre d’auteurs médiévaux raconte comment Olympias, abusée par les tours de magie de Nectanebus, a conçu avec lui Alexandre.

Le double animal d'Alexandre
Bucéphale est perçu dans la tradition légendaire alexandrine comme l’animal "double" du roi. Le lien entre le cheval et la royauté remonte à la mythologie indo-européenne. Le roman en alexandrins, qui date de la fin du XIIe siècle, dont s’inspire Wauquelin précise d’ailleurs que le héros et l’animal sont nés le même jour. Cette gémellité astrale, qui fonde les liens unissant Alexandre et son cheval, explique aussi qu’Alexandre interprétera, à la fin du roman, la mort de son fidèle cheval comme l’annonce de sa propre mort. 

Fol. 10v : La mort de Nectanebus – Alexandre dompte Bucéphale
 
Fol. 11

Fol. 11

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Un jour, alors que Nectanebus venait à la cour pour voir le jeune Alexandre et qu’il montait un escalier en marbre, Alexandre l’aperçut. Il saisit l’homme quand il fut parvenu en haut, ce à quoi Neptanebus ne s’attendait pas, et le poussa si violemment en bas des marches qu’il le fit dégringoler jusqu’à la dernière ; dans sa chute, sa cervelle se répandit sur le marbre. C’est ainsi que mourut là brutalement Neptanebus, mais, malgré tout, il ne fallut pas longtemps pour que les rumeurs reprennent leur cours, et qui plus est, l’on disait qu’Alexandre avait tué son père. (11, 25-35)

Quand Bucéphale vit Alexandre, il commença à s’incliner au point que c’en était prodigieux ; il semblait vraiment qu’Alexandre fût son maître et que, chaque jour, il l’eût vu et apprivoisé, car le cheval se tenait aussi tranquille qu’une jeune fille. Et Alexandre le caressait sur la croupe et la crinière et il en faisait tout ce qu’il voulait. Il cria qu’on lui apportât une courroie, mais c’est  à peine s’il y avait quelqu’un d’assez courageux pour oser l’approcher ou se risquer à lui apporter la courroie. Dès qu’il tint la courroie, Alexandre la lui mit lui-même. Une fois mise, il demanda une selle, et on lui en apporta une qui fut installée rapidement sur son dos ; puis, sans aucun arrêt, il sortit de la grotte. (13, 19-23)

Fol. 11
Fol. 10v : La mort de Nectanebus – Alexandre dompte Bucéphale

Fol. 10v : La mort de Nectanebus – Alexandre dompte Bucéphale
 

Plus de détails sur la page

Filiation d'Alexandre
Alexandre est le fils de Philippe II de Macédoine et d'Olympias, princesse d'Épire, région grecque frontalière de l'Albanie. Cette dernière est la fille du roi des Molosses, un peuple qui prétendait descendre d'Achille. Des traditions rapportées par Plutarque disent que Philippe l'a rencontrée dans l'île de Samothrace au cours d'une cérémonie d'initiation. Pratiquant ostensiblement les rites de Dionysos et d'Orphée, elle était entourée d'une réputation scandaleuse. Femme ambitieuse et autoritaire, elle fascinait Philippe autant qu'elle l'effayait : une nuit, il l'aurait surprise à dormir avec des serpents ! La rumeur disait qu'elle n'avait pas conçu Alexandre avec Philippe mais avec Zeus dont elle fut la prêtresse. Pour servir ses intérêts politiques, Alexandre lui-même faisait référence au dieu plutôt qu'à Philippe quand il évoquait son père. Des historiens antiques lui reprochèrent même d'avoir trempé dans le meurtre de Philippe, assassiné par un noble macédonien, sans la preuve de sa propre implication. Ainsi s'est constituée la légende noire d'Alexandre. On fit d'un sorcier, Nectanebo, ancien roi d'Égypte en exil, le mauvais esprit d'Olympias et un père caché qu'Alexandre assassina… À l'époque de la naissance d'Alexandre, un Necténavo II régna effectivement sur l'Égypte dont il fut le dernier souverain, vaincu en 342-343 par le roi de Perse Artaxerxès III. Mais c'est en Haute-Égypte ou en Éthiopie qu'il se réfugia et non en Macédoine.
De peur de ternir l’image du héros qui serait alors né d’un adultère, Wauquelin refuse de faire de Nectanebus le vrai père d’Alexandre. C’est pourquoi il choisit de suivre la version contenue dans le Roman d’Alexandre en alexandrins qui niait lui aussi la paternité du roi égyptien. En revanche, une autre tradition initiée par le Pseudo-Callisthène à la fin du IIIe siècle et suivie par un certain nombre d’auteurs médiévaux raconte comment Olympias, abusée par les tours de magie de Nectanebus, a conçu avec lui Alexandre.

Le double animal d'Alexandre
Bucéphale est perçu dans la tradition légendaire alexandrine comme l’animal "double" du roi. Le lien entre le cheval et la royauté remonte à la mythologie indo-européenne. Le roman en alexandrins, qui date de la fin du XIIe siècle, dont s’inspire Wauquelin précise d’ailleurs que le héros et l’animal sont nés le même jour. Cette gémellité astrale, qui fonde les liens unissant Alexandre et son cheval, explique aussi qu’Alexandre interprétera, à la fin du roman, la mort de son fidèle cheval comme l’annonce de sa propre mort. 

Fol. 10v : La mort de Nectanebus – Alexandre dompte Bucéphale
 
Fol. 11

Fol. 11

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Un jour, alors que Nectanebus venait à la cour pour voir le jeune Alexandre et qu’il montait un escalier en marbre, Alexandre l’aperçut. Il saisit l’homme quand il fut parvenu en haut, ce à quoi Neptanebus ne s’attendait pas, et le poussa si violemment en bas des marches qu’il le fit dégringoler jusqu’à la dernière ; dans sa chute, sa cervelle se répandit sur le marbre. C’est ainsi que mourut là brutalement Neptanebus, mais, malgré tout, il ne fallut pas longtemps pour que les rumeurs reprennent leur cours, et qui plus est, l’on disait qu’Alexandre avait tué son père. (11, 25-35)

Quand Bucéphale vit Alexandre, il commença à s’incliner au point que c’en était prodigieux ; il semblait vraiment qu’Alexandre fût son maître et que, chaque jour, il l’eût vu et apprivoisé, car le cheval se tenait aussi tranquille qu’une jeune fille. Et Alexandre le caressait sur la croupe et la crinière et il en faisait tout ce qu’il voulait. Il cria qu’on lui apportât une courroie, mais c’est  à peine s’il y avait quelqu’un d’assez courageux pour oser l’approcher ou se risquer à lui apporter la courroie. Dès qu’il tint la courroie, Alexandre la lui mit lui-même. Une fois mise, il demanda une selle, et on lui en apporta une qui fut installée rapidement sur son dos ; puis, sans aucun arrêt, il sortit de la grotte. (13, 19-23)

Fol. 11
Fol. 12

Fol. 12

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Il arriva que les nobles commencèrent à se dire qu’il serait bien que l’on fît Alexandre chevalier, car il était fort, vaillant et solide et, qui plus est, on n’aurait pu trouver son égal en sagesse ; si bien qu’ils en parlèrent au roi et à la reine, mais parce qu’il était encore très jeune – il n’était que dans sa quatorzième année –, son père ne voulait y consentir. Mais la reine, sa mère, qui souhaitait toujours le progrès, le bien et l’honneur de son enfant, était fort satisfaite de ce que les chevaliers et les nobles du royaume de Macédoine demandaient. (14, 7-17)

Tandis que se déroulait ce noble banquet, auquel il ne manquait rien en fait de divertissements de jongleurs et de ménestrels, ainsi que de tout ce qui appartient à l’état royal, il arriva à la cour le messager et héraut de Nicolas, le roi d’Arménie et de Turquie, qui se nommait Crebrus. (16, 13-18)

Fol. 12
Fol. 13 : Philippe et Alexandre reçoivent Crebrus, le messager du roi Nicolas d’Arménie

Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 

Plus de détails sur la page

L'adoubement du chevalier
L’adoubement, qui désigne le rite d’admission dans l’ordre de la chevalerie, est l’aboutissement d’un long apprentissage. Dès sept ans, un jeune garçon peut quitter le château paternel pour entrer comme chez un feudataire. De quatorze à dix neuf ans environ, il le sert comme écuyer. C’est entre dix-huit et vingt ans que l’écuyer devient en général chevalier. L’adoubement proprement dit s’organise en plusieurs temps. La veille, le futur chevalier prend un bain purificateur puis il revêt une tunique blanche. Il doit jeûner pour faire pénitence. Il passe la nuit qui précède l’adoubement en prière dans une chapelle ou une église, en compagnie de ses parrains, c’est la veillée d’armes. Le lendemain matin, après s’être confessé, il assiste à la messe où il communie. Devant une noble assistance, il s’approche ensuite de l’autel, l’épée suspendue à son cou. Le prêtre la bénit. Il doit ensuite s’agenouiller devant l’homme d’église et prononcer, la main sur l’évangile, le serment des chevaliers. Il revêt sa tenue de chevalier qui comprend la cotte de maille, la cuirasse, les brassards et les éperons dorés. Enfin, il ceint l’épée. Il s’agenouille de nouveau pour recevoir la colée : son seigneur lui donne trois coups du plat de l’épée sur la joue en disant : "Au nom de Dieu, de saint Michel et de saint Georges, je te fais chevalier. Sois vaillant, loyal et généreux." Il saute ensuite sur son cheval sans toucher les étriers et part au galop en renversant de sa lance une série de mannequins.

L'entremet
C'est le moment où le cours normal d’un banquet est momentanément suspendu. A l'origine, il s'agit d'un plat culinaire, que l'on va mettre en scène dans des éléments d'architecture non comestibles jusqu'à devenir une pause entre les mets, avec des divertissements, des spectacles. C'est au XVe siècle, au sein même de la cour de Bourgogne, que l'entremet prend ce nouvel essor. Depuis les entremets dits de "peintrerie" que l’on fabriquait pour être posés sur les tables et qui pouvaient prendre la forme de tours, de châteaux, de navires jusqu’aux entremets "animés", formes automates susceptibles d’abriter des musiciens, ou encore aux entremets vivants, animaux et humains qui donnaient à voir une quasi-représentation théâtrale.

Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 
Fol. 12

Fol. 12

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Il arriva que les nobles commencèrent à se dire qu’il serait bien que l’on fît Alexandre chevalier, car il était fort, vaillant et solide et, qui plus est, on n’aurait pu trouver son égal en sagesse ; si bien qu’ils en parlèrent au roi et à la reine, mais parce qu’il était encore très jeune – il n’était que dans sa quatorzième année –, son père ne voulait y consentir. Mais la reine, sa mère, qui souhaitait toujours le progrès, le bien et l’honneur de son enfant, était fort satisfaite de ce que les chevaliers et les nobles du royaume de Macédoine demandaient. (14, 7-17)

Tandis que se déroulait ce noble banquet, auquel il ne manquait rien en fait de divertissements de jongleurs et de ménestrels, ainsi que de tout ce qui appartient à l’état royal, il arriva à la cour le messager et héraut de Nicolas, le roi d’Arménie et de Turquie, qui se nommait Crebrus. (16, 13-18)

Fol. 12
Fol. 13 : Philippe et Alexandre reçoivent Crebrus, le messager du roi Nicolas d’Arménie

Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 

Plus de détails sur la page

L'adoubement du chevalier
L’adoubement, qui désigne le rite d’admission dans l’ordre de la chevalerie, est l’aboutissement d’un long apprentissage. Dès sept ans, un jeune garçon peut quitter le château paternel pour entrer comme chez un feudataire. De quatorze à dix neuf ans environ, il le sert comme écuyer. C’est entre dix-huit et vingt ans que l’écuyer devient en général chevalier. L’adoubement proprement dit s’organise en plusieurs temps. La veille, le futur chevalier prend un bain purificateur puis il revêt une tunique blanche. Il doit jeûner pour faire pénitence. Il passe la nuit qui précède l’adoubement en prière dans une chapelle ou une église, en compagnie de ses parrains, c’est la veillée d’armes. Le lendemain matin, après s’être confessé, il assiste à la messe où il communie. Devant une noble assistance, il s’approche ensuite de l’autel, l’épée suspendue à son cou. Le prêtre la bénit. Il doit ensuite s’agenouiller devant l’homme d’église et prononcer, la main sur l’évangile, le serment des chevaliers. Il revêt sa tenue de chevalier qui comprend la cotte de maille, la cuirasse, les brassards et les éperons dorés. Enfin, il ceint l’épée. Il s’agenouille de nouveau pour recevoir la colée : son seigneur lui donne trois coups du plat de l’épée sur la joue en disant : "Au nom de Dieu, de saint Michel et de saint Georges, je te fais chevalier. Sois vaillant, loyal et généreux." Il saute ensuite sur son cheval sans toucher les étriers et part au galop en renversant de sa lance une série de mannequins.

L'entremet
C'est le moment où le cours normal d’un banquet est momentanément suspendu. A l'origine, il s'agit d'un plat culinaire, que l'on va mettre en scène dans des éléments d'architecture non comestibles jusqu'à devenir une pause entre les mets, avec des divertissements, des spectacles. C'est au XVe siècle, au sein même de la cour de Bourgogne, que l'entremet prend ce nouvel essor. Depuis les entremets dits de "peintrerie" que l’on fabriquait pour être posés sur les tables et qui pouvaient prendre la forme de tours, de châteaux, de navires jusqu’aux entremets "animés", formes automates susceptibles d’abriter des musiciens, ou encore aux entremets vivants, animaux et humains qui donnaient à voir une quasi-représentation théâtrale.

Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 
Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 

Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 

Plus de détails sur la page

L'équipement des chevaux

Bucéphale et le cheval de Nicolas sont protégés de pièces de harnais que l’on employait pour combattre : le premier a l’arrière-train recouvert d’une culière, tandis que le second a la tête protégée par un chanfrein fixé sur le harnais. La garniture de leur poitrail et leur croupière se composent d’une bande bleue rehaussée d’or, enrichie de médaillons. Les troussequins sont dôtés de bâtes qui furent adoptées pour les charges à la lance afin de trouver un point d’appui sur la selle au bas des reins.

Les douze pairs
Alexandre choisit douze capitaines pour en faire les pairs de son armée. Ceux que l’on retrouve dans tous les romans d’Alexandre rappellent à la fois les hetairoi (compagnons) d’Alexandre et les douze pairs de Charlemagne. Antigonus, Dancelin, Aristés, Ptolomer, Festien, Perdicas, Leones, Abilla, Caulus, Licanor, Philotas et Emenidus sont les chevaliers qui accompagnent Alexandre et l’aident dans ses conquêtes jusqu’à la fin du roman. À la mort de leur chef, c’est eux notamment qui se partagent le royaume alexandrin. Certains de ces pairs ont reçu un nom directement issu de la réalité historique. Ainsi Antigonus est le diadoque Antigonos Gonatas, qui fut le fondateur de la dernière dynastie macédonienne. Ptolomer renvoie à Ptolémée qui fonda la dernière dynastie des pharaons d’Égypte et qui s’illustra en tant qu’historien d’Alexandre. Dancelin, autrement dit Dan Clin, est inspiré de Cleitos qui sauva la vie d’Alexandre à la bataille du Granique. Emenidus esst inspiré par le diadoque Eumène de Cardie. Perdicas fut celui qui reçut la royauté après la mort d’Alexandre. Licanor et Philotas renvoient à deux frères, Nicanor et Philotas, qui furent de fidèles compagnons du héros. Enfin, Leones peut être inspiré par Leonnatos, l’un des écuyers d’Alexandre, et Caulus à Coenos.

Au regard de l'histoire : les premiers faits d'armes d'Alexandre
Cet épisode imaginaire du roi d'Arménie qui, en exigeant la soumission de Philippe, permet à Alexandre de s'affirmer sur le champ de bataille, n'est pas sans rappeler le long conflit qui opposa Philippe aux cités grecques contestant son autorité. Alexandre devient ainsi régent de Macédoine à l'âge de seize ans, en l'absence de son père parti assiéger Byzance. Quant à Athènes, vaincue une première fois en -352 aux Thermopyles, elle forme une alliance avec Thèbes et affronte Philippe à Chéronée en -338. Lors de cette bataille où, selon Plutarque, Philippe risque son empire et sa vie, Alexandre fait ses preuves en commandant brillemmant la cavalerie, taillant en pièces les troupes d'élites thébaines et emportant ainsi la victoire. Il fit également preuve d'humanité, non sans arrière-pensée politique, en ramenant les morts athéniens à leur famille. Ce qui devait accroître son prestige et lui assurer l'estime des citoyens d'Athènes.

Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 
Fol. 17

Fol. 17

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Ce Sanson avança tant chaque jour qu’il parvint à Césarée la Grande, où il trouva le roi Nicolas dans son palais, en compagnie de tout son conseil et de tous les plus hauts seigneurs de sa terre. Quand il fut introduit auprès de lui, il le salua comme il convenait à son état, puis il lui tendit la lettre du noble roi Alexandre, en lui disant ainsi : "À toi Nicolas, qui prétends être roi d’Arménie, le roi Alexandre que je représente fait savoir, en répétant le défi par les armes et au combat qu’il t’avait déjà lancé par l’intermédiaire de ton propre messager, que le tribut que tu lui as réclamé sur sa terre, il te l’apporte en compagnie de cent mille hommes armés." (21, 38-44 ; 22, 1-6)

Fol. 17
Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 

Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 

Plus de détails sur la page

L'équipement des chevaux

Bucéphale et le cheval de Nicolas sont protégés de pièces de harnais que l’on employait pour combattre : le premier a l’arrière-train recouvert d’une culière, tandis que le second a la tête protégée par un chanfrein fixé sur le harnais. La garniture de leur poitrail et leur croupière se composent d’une bande bleue rehaussée d’or, enrichie de médaillons. Les troussequins sont dôtés de bâtes qui furent adoptées pour les charges à la lance afin de trouver un point d’appui sur la selle au bas des reins.

Les douze pairs
Alexandre choisit douze capitaines pour en faire les pairs de son armée. Ceux que l’on retrouve dans tous les romans d’Alexandre rappellent à la fois les hetairoi (compagnons) d’Alexandre et les douze pairs de Charlemagne. Antigonus, Dancelin, Aristés, Ptolomer, Festien, Perdicas, Leones, Abilla, Caulus, Licanor, Philotas et Emenidus sont les chevaliers qui accompagnent Alexandre et l’aident dans ses conquêtes jusqu’à la fin du roman. À la mort de leur chef, c’est eux notamment qui se partagent le royaume alexandrin. Certains de ces pairs ont reçu un nom directement issu de la réalité historique. Ainsi Antigonus est le diadoque Antigonos Gonatas, qui fut le fondateur de la dernière dynastie macédonienne. Ptolomer renvoie à Ptolémée qui fonda la dernière dynastie des pharaons d’Égypte et qui s’illustra en tant qu’historien d’Alexandre. Dancelin, autrement dit Dan Clin, est inspiré de Cleitos qui sauva la vie d’Alexandre à la bataille du Granique. Emenidus esst inspiré par le diadoque Eumène de Cardie. Perdicas fut celui qui reçut la royauté après la mort d’Alexandre. Licanor et Philotas renvoient à deux frères, Nicanor et Philotas, qui furent de fidèles compagnons du héros. Enfin, Leones peut être inspiré par Leonnatos, l’un des écuyers d’Alexandre, et Caulus à Coenos.

Au regard de l'histoire : les premiers faits d'armes d'Alexandre
Cet épisode imaginaire du roi d'Arménie qui, en exigeant la soumission de Philippe, permet à Alexandre de s'affirmer sur le champ de bataille, n'est pas sans rappeler le long conflit qui opposa Philippe aux cités grecques contestant son autorité. Alexandre devient ainsi régent de Macédoine à l'âge de seize ans, en l'absence de son père parti assiéger Byzance. Quant à Athènes, vaincue une première fois en -352 aux Thermopyles, elle forme une alliance avec Thèbes et affronte Philippe à Chéronée en -338. Lors de cette bataille où, selon Plutarque, Philippe risque son empire et sa vie, Alexandre fait ses preuves en commandant brillemmant la cavalerie, taillant en pièces les troupes d'élites thébaines et emportant ainsi la victoire. Il fit également preuve d'humanité, non sans arrière-pensée politique, en ramenant les morts athéniens à leur famille. Ce qui devait accroître son prestige et lui assurer l'estime des citoyens d'Athènes.

Fol. 16v : Sanson d’Ailly délivre son message au roi Nicolas d’Arménie
 
Fol. 17

Fol. 17

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Ce Sanson avança tant chaque jour qu’il parvint à Césarée la Grande, où il trouva le roi Nicolas dans son palais, en compagnie de tout son conseil et de tous les plus hauts seigneurs de sa terre. Quand il fut introduit auprès de lui, il le salua comme il convenait à son état, puis il lui tendit la lettre du noble roi Alexandre, en lui disant ainsi : "À toi Nicolas, qui prétends être roi d’Arménie, le roi Alexandre que je représente fait savoir, en répétant le défi par les armes et au combat qu’il t’avait déjà lancé par l’intermédiaire de ton propre messager, que le tribut que tu lui as réclamé sur sa terre, il te l’apporte en compagnie de cent mille hommes armés." (21, 38-44 ; 22, 1-6)

Fol. 17
Fol. 19v : La mort de Nicolas d’Arménie
 

Fol. 19v : La mort de Nicolas d’Arménie
 

Plus de détails sur la page

L'équipement du chevalier
Lors des combats, le chevalier passe sur le haubert une armure de fer qui le protège des coups de l’adversaire. Cette armure est constituée d’un ensemble d’éléments, nommés les plates. La tête porte un heaume, et plus précisément ici une salade, casque du XV e siècle. Le plastron recouvre le devant du torse. Les bras sont protégés par des brassards de l’épaule au poignet, renforcés au coude par des cubitières. Les mains sont revêtues de gantelets. La braconnière part de la ceinture et recouvre le haut des cuisses. Ces dernières sont recouvertes de cuissots prolongés par des jambières. Des genouillères assurent la protection des articulations. Les solerets protègent le pied. Au XV e siècle, ceux-ci peuvent être à poulaines, c’est-à-dire qu’ils sont dotés d’une pointe recourbée fixée à l’avant.  

Extrait du texte :
Alors les deux champions, pleins de courage et de témérité, frappèrent leur cheval des éperons. Ils s’élancèrent l’un contre l’autre de toutes leurs forces, comme s’ils avaient voulu anéantir l’adversaire. Lors de cette première charge, ils s’atteignirent si bien mutuellement qu’ils brisèrent leur lance. Puis, en hommes courageux et téméraires, ils tirèrent leur épée et se mirent à attaquer, à frapper, à heurter, tant que pendant longtemps on n’aurait su auquel donner l'avantage. Le roi Nicolas, en effet, était un homme très fort et grand – il avait bien un pied de plus que le roi Alexandre –, empli d’un très grand courage et, sans aucun doute, s’il n’avait pas été si peu généreux, plein d’envie et d’orgueil, il aurait été l’un des plus courageux chevaliers de son temps. Le roi Alexandre, en revanche, était très généreux, courtois, fort, efficace au combat et habile ; cela bien plus, sans comparaison aucune, que le roi Nicolas. Ces deux rois se combattaient de toutes leurs forces, se poussant et se heurtant mutuellement. Mais finalement, le roi Nicolas perdit son épée et son casque, Alexandre les lui déroba, puis lui trancha la tête, car il ne voulait pas le fasse prisonnier ou l’échanger. (27, 11-32)

Fol. 19v : La mort de Nicolas d’Arménie
 
Fol. 20

Fol. 20

Fol. 20
Fol. 19v : La mort de Nicolas d’Arménie
 

Fol. 19v : La mort de Nicolas d’Arménie
 

Plus de détails sur la page

L'équipement du chevalier
Lors des combats, le chevalier passe sur le haubert une armure de fer qui le protège des coups de l’adversaire. Cette armure est constituée d’un ensemble d’éléments, nommés les plates. La tête porte un heaume, et plus précisément ici une salade, casque du XV e siècle. Le plastron recouvre le devant du torse. Les bras sont protégés par des brassards de l’épaule au poignet, renforcés au coude par des cubitières. Les mains sont revêtues de gantelets. La braconnière part de la ceinture et recouvre le haut des cuisses. Ces dernières sont recouvertes de cuissots prolongés par des jambières. Des genouillères assurent la protection des articulations. Les solerets protègent le pied. Au XV e siècle, ceux-ci peuvent être à poulaines, c’est-à-dire qu’ils sont dotés d’une pointe recourbée fixée à l’avant.  

Extrait du texte :
Alors les deux champions, pleins de courage et de témérité, frappèrent leur cheval des éperons. Ils s’élancèrent l’un contre l’autre de toutes leurs forces, comme s’ils avaient voulu anéantir l’adversaire. Lors de cette première charge, ils s’atteignirent si bien mutuellement qu’ils brisèrent leur lance. Puis, en hommes courageux et téméraires, ils tirèrent leur épée et se mirent à attaquer, à frapper, à heurter, tant que pendant longtemps on n’aurait su auquel donner l'avantage. Le roi Nicolas, en effet, était un homme très fort et grand – il avait bien un pied de plus que le roi Alexandre –, empli d’un très grand courage et, sans aucun doute, s’il n’avait pas été si peu généreux, plein d’envie et d’orgueil, il aurait été l’un des plus courageux chevaliers de son temps. Le roi Alexandre, en revanche, était très généreux, courtois, fort, efficace au combat et habile ; cela bien plus, sans comparaison aucune, que le roi Nicolas. Ces deux rois se combattaient de toutes leurs forces, se poussant et se heurtant mutuellement. Mais finalement, le roi Nicolas perdit son épée et son casque, Alexandre les lui déroba, puis lui trancha la tête, car il ne voulait pas le fasse prisonnier ou l’échanger. (27, 11-32)

Fol. 19v : La mort de Nicolas d’Arménie
 
Fol. 20

Fol. 20

Fol. 20
Fol. 21v

Fol. 21v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Mais, je ne sais par quel hasard, le roi Philippe trébucha, si bien qu’il resta longtemps étendu sans rien dire et l’on crut qu’il était mort et qu’il s’était rompu la tête. Son fils Alexandre accourut près de lui et le fit remettre sur ses pieds, mais le roi ne pouvait aucunement tenir debout, car il était si étourdi du grand choc qu’il avait subi qu’il fallut le porter sur son lit, où il ne tarda pas à revenir à lui. Il demanda la nature de sa défaillance, puis il fit appeler son fils Alexandre qui vint aussitôt. Quand il vit son père, il se jeta à genoux devant lui en lui demandant pardon, puis il lui dit : "Très cher père, pour quelle raison et en suivant quel conseil vous, qui êtes déjà un homme fort âgé, avez-vous chassé et éloigné de vous ma très chère mère ? Il me semble que vous avez suivi un piètre conseil !" […] Le roi Philippe lui répondit : "Mon cher fils, je vous promets que c’est fini, je veux que ma dame Cleopâtre soit rendue et ramenée dans son pays de Pincernie et je reprendrai votre mère." Alexandre remercia alors très humblement son père et puis aussitôt, sans attendre, il fit raccompagner la dame Cléopâtre très honorablement en sa terre. Puis il fit revenir sa mère, que son père reprit avec une très grande joie et de grands honneurs. Le roi Alexandre fit alors présent à son père de la couronne du roi Nicolas. (29, 19-33 ; 39-43 ; 45-50)

Fol. 21v
Fol. 22 : Philippe de Macédoine renonce à Cléopâtre – Alexandre remet à Philippe la couronne de Nicolas d’Arménie – Cléopâtre quitte la cour de Macédoine
 

Fol. 22 : Philippe de Macédoine renonce à Cléopâtre – Alexandre remet à Philippe la couronne de Nicolas d’Arménie – Cléopâtre quitte la cour de Macédoine
 

Plus de détails sur la page

Alexandre pacificateur
L’épisode permet de donner du héros l’image romanesque d’un conciliateur, susceptible de servir d’intermédiaire dans les conflits et de mener à bien les réconciliations. La suite du roman et le programme iconographique auquel il donne lieu renforcera ce thème, puisque Alexandre pacifiera aussi les relations entre Cassamus du Laris et Emenidus d’Arcade (chapitre 56), entre les habitants d’Epheson et les Indiens, puis entre les deux fils de la reine Candace.

Au regard de l'histoire
L’épisode a un fondement historique avéré. Philippe II de Macédoine aurait eu sept épouses. Cléopâtre est la dernière, qu’il épousa en 337 avant J.-C.. Plutarque rapporte effectivement qu’au cours du banquet de noces, Attale, l’oncle de la mariée, pria les dieux d’accorder à Philippe et à Cléopâtre un fils légitime qui serait l’héritier du royaume. Alexandre lui lança de rage une coupe à la figure. Philippe bondit alors sur son fils, l’épée tirée, mais il chancela sous l’effet de l’ivresse. L’année qui suivit, Olympias dut s’installer en Epire, jusqu’à la mort de Philippe en 336 avant J.-C.    

Fol. 22 : Philippe de Macédoine renonce à Cléopâtre – Alexandre remet à Philippe la couronne de Nicolas d’Arménie – Cléopâtre quitte la cour de Macédoine
 
Fol. 21v

Fol. 21v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Mais, je ne sais par quel hasard, le roi Philippe trébucha, si bien qu’il resta longtemps étendu sans rien dire et l’on crut qu’il était mort et qu’il s’était rompu la tête. Son fils Alexandre accourut près de lui et le fit remettre sur ses pieds, mais le roi ne pouvait aucunement tenir debout, car il était si étourdi du grand choc qu’il avait subi qu’il fallut le porter sur son lit, où il ne tarda pas à revenir à lui. Il demanda la nature de sa défaillance, puis il fit appeler son fils Alexandre qui vint aussitôt. Quand il vit son père, il se jeta à genoux devant lui en lui demandant pardon, puis il lui dit : "Très cher père, pour quelle raison et en suivant quel conseil vous, qui êtes déjà un homme fort âgé, avez-vous chassé et éloigné de vous ma très chère mère ? Il me semble que vous avez suivi un piètre conseil !" […] Le roi Philippe lui répondit : "Mon cher fils, je vous promets que c’est fini, je veux que ma dame Cleopâtre soit rendue et ramenée dans son pays de Pincernie et je reprendrai votre mère." Alexandre remercia alors très humblement son père et puis aussitôt, sans attendre, il fit raccompagner la dame Cléopâtre très honorablement en sa terre. Puis il fit revenir sa mère, que son père reprit avec une très grande joie et de grands honneurs. Le roi Alexandre fit alors présent à son père de la couronne du roi Nicolas. (29, 19-33 ; 39-43 ; 45-50)

Fol. 21v
Fol. 22 : Philippe de Macédoine renonce à Cléopâtre – Alexandre remet à Philippe la couronne de Nicolas d’Arménie – Cléopâtre quitte la cour de Macédoine
 

Fol. 22 : Philippe de Macédoine renonce à Cléopâtre – Alexandre remet à Philippe la couronne de Nicolas d’Arménie – Cléopâtre quitte la cour de Macédoine
 

Plus de détails sur la page

Alexandre pacificateur
L’épisode permet de donner du héros l’image romanesque d’un conciliateur, susceptible de servir d’intermédiaire dans les conflits et de mener à bien les réconciliations. La suite du roman et le programme iconographique auquel il donne lieu renforcera ce thème, puisque Alexandre pacifiera aussi les relations entre Cassamus du Laris et Emenidus d’Arcade (chapitre 56), entre les habitants d’Epheson et les Indiens, puis entre les deux fils de la reine Candace.

Au regard de l'histoire
L’épisode a un fondement historique avéré. Philippe II de Macédoine aurait eu sept épouses. Cléopâtre est la dernière, qu’il épousa en 337 avant J.-C.. Plutarque rapporte effectivement qu’au cours du banquet de noces, Attale, l’oncle de la mariée, pria les dieux d’accorder à Philippe et à Cléopâtre un fils légitime qui serait l’héritier du royaume. Alexandre lui lança de rage une coupe à la figure. Philippe bondit alors sur son fils, l’épée tirée, mais il chancela sous l’effet de l’ivresse. L’année qui suivit, Olympias dut s’installer en Epire, jusqu’à la mort de Philippe en 336 avant J.-C.    

Fol. 22 : Philippe de Macédoine renonce à Cléopâtre – Alexandre remet à Philippe la couronne de Nicolas d’Arménie – Cléopâtre quitte la cour de Macédoine
 
Fol. 23v : Les présents de Darius à Alexandre
 

Fol. 23v : Les présents de Darius à Alexandre
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l'histoire : les Grecs et les Perses
Les Perses furent les ennemis héréditaires des Grecs. Ils ont toujours estimé que les cités grecques d'Asie leur appartenaient et intervenaient volontiers pour diviser les cités de Grèce continentale, jouant les unes contre les autres, soutenant Sparte contre Athènes. Au VI e siècle avant notre ère, le roi perse Cyrus II s'était emparé des cités ioniennes, ces douze colonies grecques fondées deux siècles plus tôt sur la côte asiatique. C'est Milet la première qui secoue le joug perse avec le soutien d'Athènes, en -499, sous le règne de Darius IerD'autres cités se soulèvent après elle. Il faudra six années pour mater la rébellion. Désormais les Perses allaient regarder vers l'Occident et chercher à étendre leur autorité sur la Grèce insulaire et continentale. Darius prépare une expédition punitive contre Athènes : c'est la première guerre médique (-490). La puissante flotte de Darius débarque à Marathon où les Perses seront battus. Seules quelques îles sont conquises en mer Égée. D'emblée Darius prépare sa revanche mais il meurt quatre ans plus tard. Son fils Xerxès lui succède et poursuit les préparatifs. Il lance la seconde guerre médique en -480. Thermophyles, Salamine, Platées : trois célèbres batailles seront nécessaires pour que les Grecs viennent à bout des Perses, non sans avoir subi de très lourdes pertes. Malgré leur victoire, les invasions, les destructions et les morts laissent un souvenir cuisant aux Grecs. Un terrible ressentiment dans lequel Athènes puisera sa force, y trouvant l'énergie de conduire le miracle grec. Un ressentiment entretenu par les poètes, toujours vivace un siècle et demi plus tard. Philippe et Alexandre surent l'exploiter en présentant l'expédition en Asie comme une revanche à prendre depuis si longtemps. D'autant que l'Empire perse connaît alors des troubles politiques, l'Égypte et la Babylonie s'étant rebellées. Deux ans avant qu'Alexandre ne débarque en Orient, le roi Artaxerxès IV meurt sans héritier, assassiné par son Grand Vizir. Un parent éloigné monte alors sur le trône en -336 : c'est Darius III Codoman (380-330), le dernier souverain achéménide. 

Fol. 23v : Les présents de Darius à Alexandre
 
Fol. 24

Fol. 24

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Le roi Darius envoya tout d’abord au roi Alexandre une verge pour signifier qu’il était encore très jeune et qu’on devait le corriger comme un enfant ; de même, une balle pour illustrer sa jeunesse et son adolescence ; et avec ceci un frein en le prévenant qu’il évite de s’élever trop haut, mais qu’il prenne le frein de l’obédience envers lui, qui était son seigneur. (31, 1-7)

Quand le roi Alexandre tint ces présents et qu’il eut lu la lettre, il se mit à sourire, puis il dit aux messagers : "Assurément, messeigneurs, votre roi a eu raison de m’envoyer ces présents et il a mieux considéré ma perfection qu’il ne l’a adressé  par écrit, car les verges qu’il m’a expédiées signifient que je le mettrai sous ma férule et obéissance et que je le châtierai des erreurs et des fautes qu’il a commises auparavant, en homme naïf et ignorant. La balle qui est ronde représente la terre qui est ronde, sur laquelle je dois aller et chevaucher en portant dans ma main les verges pour le châtier, lui, et les autres rebelles et orgueilleux, et le frein m’indique que j’aurai tout le monde sous ma domination et sous le frein de ma souveraineté." (31, 22-35)

Fol. 24
Fol. 23v : Les présents de Darius à Alexandre
 

Fol. 23v : Les présents de Darius à Alexandre
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l'histoire : les Grecs et les Perses
Les Perses furent les ennemis héréditaires des Grecs. Ils ont toujours estimé que les cités grecques d'Asie leur appartenaient et intervenaient volontiers pour diviser les cités de Grèce continentale, jouant les unes contre les autres, soutenant Sparte contre Athènes. Au VI e siècle avant notre ère, le roi perse Cyrus II s'était emparé des cités ioniennes, ces douze colonies grecques fondées deux siècles plus tôt sur la côte asiatique. C'est Milet la première qui secoue le joug perse avec le soutien d'Athènes, en -499, sous le règne de Darius IerD'autres cités se soulèvent après elle. Il faudra six années pour mater la rébellion. Désormais les Perses allaient regarder vers l'Occident et chercher à étendre leur autorité sur la Grèce insulaire et continentale. Darius prépare une expédition punitive contre Athènes : c'est la première guerre médique (-490). La puissante flotte de Darius débarque à Marathon où les Perses seront battus. Seules quelques îles sont conquises en mer Égée. D'emblée Darius prépare sa revanche mais il meurt quatre ans plus tard. Son fils Xerxès lui succède et poursuit les préparatifs. Il lance la seconde guerre médique en -480. Thermophyles, Salamine, Platées : trois célèbres batailles seront nécessaires pour que les Grecs viennent à bout des Perses, non sans avoir subi de très lourdes pertes. Malgré leur victoire, les invasions, les destructions et les morts laissent un souvenir cuisant aux Grecs. Un terrible ressentiment dans lequel Athènes puisera sa force, y trouvant l'énergie de conduire le miracle grec. Un ressentiment entretenu par les poètes, toujours vivace un siècle et demi plus tard. Philippe et Alexandre surent l'exploiter en présentant l'expédition en Asie comme une revanche à prendre depuis si longtemps. D'autant que l'Empire perse connaît alors des troubles politiques, l'Égypte et la Babylonie s'étant rebellées. Deux ans avant qu'Alexandre ne débarque en Orient, le roi Artaxerxès IV meurt sans héritier, assassiné par son Grand Vizir. Un parent éloigné monte alors sur le trône en -336 : c'est Darius III Codoman (380-330), le dernier souverain achéménide. 

Fol. 23v : Les présents de Darius à Alexandre
 
Fol. 24

Fol. 24

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Le roi Darius envoya tout d’abord au roi Alexandre une verge pour signifier qu’il était encore très jeune et qu’on devait le corriger comme un enfant ; de même, une balle pour illustrer sa jeunesse et son adolescence ; et avec ceci un frein en le prévenant qu’il évite de s’élever trop haut, mais qu’il prenne le frein de l’obédience envers lui, qui était son seigneur. (31, 1-7)

Quand le roi Alexandre tint ces présents et qu’il eut lu la lettre, il se mit à sourire, puis il dit aux messagers : "Assurément, messeigneurs, votre roi a eu raison de m’envoyer ces présents et il a mieux considéré ma perfection qu’il ne l’a adressé  par écrit, car les verges qu’il m’a expédiées signifient que je le mettrai sous ma férule et obéissance et que je le châtierai des erreurs et des fautes qu’il a commises auparavant, en homme naïf et ignorant. La balle qui est ronde représente la terre qui est ronde, sur laquelle je dois aller et chevaucher en portant dans ma main les verges pour le châtier, lui, et les autres rebelles et orgueilleux, et le frein m’indique que j’aurai tout le monde sous ma domination et sous le frein de ma souveraineté." (31, 22-35)

Fol. 24
Fol. 25

Fol. 25

Fol. 25
Fol. 26 : Alexandre malade - Les périls de la route - La destruction de Tarse

Fol. 26 : Alexandre malade - Les périls de la route - La destruction de Tarse
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l'histoire : la destruction de Tarse
L’épisode de la destruction de Tarse, la capitale de la Cilicie, renvoie à la campagne du printemps 333. L’anecdote de la maladie d’Alexandre causée par une baignade dans les eaux glacées du Cydnos est racontée par l’historien Hérodote : le seul médecin qui osa tenter quelque chose pour sauver Alexandre, très mal en point, fut l’Acarnanien Philippe. Le lieutenant Parménion envoya cependant une lettre à Alexandre lui conseillant de se méfier de ce médecin, qui aurait été acheté par Darius. Le Macédonien fait cependant confiance à son ami et boit le remède qu’il lui propose, tout en lui montrant la lettre accusatrice. Wauquelin racontera la même anecdote une seconde fois d’après la traduction de l’Historia de Preliis.

 

Extrait du texte :
Ils s’approchèrent d’une très belle rivière à l’eau claire, mais rien n’était plus froid que cette eau. Aussitôt que les jeunes chevaliers virent cette belle eau claire, ils se déshabillèrent ; le jeune roi Alexandre, qui était tout en sueur, fit de même. Ils plongèrent tous dans la rivière, mais le froid en glaça certains, tant qu’ils en moururent soudain. Le roi lui-même fut tellement transit qu’on le jugea mort, ce qui provoqua une si grande rumeur que l’armée faillit s’éparpiller. Cependant, il eut un médecin si excellent qu’il retrouva la santé bien qu’il eût été très atteint. (33, 10-21)

Tandis qu’ils chevauchaient, ils franchirent une montagne très dangereuse, car comme dit l’histoire, la montagne était d’une nature telle qu’elle dénaturait ceux qui la franchissaient, les lâches y devenant courageux et les courageux, lâches. Alexandre passa donc cette funeste montagne avec de grandes difficultés et dommages, car il y avait un chemin très étroit sur un tournant, sous lequel se trouvait un fossé si profond qu’il ressemblait à un abîme. Plusieurs chevaux et plusieurs cavaliers, qui disparurent complètement et ne furent pas retrouvés, tombèrent à cet endroit. (33,30-41)

La ville fut prise et soumise et la bannière royale posée dedans. Mais le roi voulut que tout fût détruit et que tous les biens fussent ravis et répartis entre chacun. Et il en fut ainsi, car la cité fut aussitôt incendiée, les tours et les portes abattues, tant qu’il ne resta pas une pierre debout. (34, 12-18)

Fol. 26 : Alexandre malade - Les périls de la route - La destruction de Tarse
 
Fol. 25

Fol. 25

Fol. 25
Fol. 26 : Alexandre malade - Les périls de la route - La destruction de Tarse

Fol. 26 : Alexandre malade - Les périls de la route - La destruction de Tarse
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l'histoire : la destruction de Tarse
L’épisode de la destruction de Tarse, la capitale de la Cilicie, renvoie à la campagne du printemps 333. L’anecdote de la maladie d’Alexandre causée par une baignade dans les eaux glacées du Cydnos est racontée par l’historien Hérodote : le seul médecin qui osa tenter quelque chose pour sauver Alexandre, très mal en point, fut l’Acarnanien Philippe. Le lieutenant Parménion envoya cependant une lettre à Alexandre lui conseillant de se méfier de ce médecin, qui aurait été acheté par Darius. Le Macédonien fait cependant confiance à son ami et boit le remède qu’il lui propose, tout en lui montrant la lettre accusatrice. Wauquelin racontera la même anecdote une seconde fois d’après la traduction de l’Historia de Preliis.

 

Extrait du texte :
Ils s’approchèrent d’une très belle rivière à l’eau claire, mais rien n’était plus froid que cette eau. Aussitôt que les jeunes chevaliers virent cette belle eau claire, ils se déshabillèrent ; le jeune roi Alexandre, qui était tout en sueur, fit de même. Ils plongèrent tous dans la rivière, mais le froid en glaça certains, tant qu’ils en moururent soudain. Le roi lui-même fut tellement transit qu’on le jugea mort, ce qui provoqua une si grande rumeur que l’armée faillit s’éparpiller. Cependant, il eut un médecin si excellent qu’il retrouva la santé bien qu’il eût été très atteint. (33, 10-21)

Tandis qu’ils chevauchaient, ils franchirent une montagne très dangereuse, car comme dit l’histoire, la montagne était d’une nature telle qu’elle dénaturait ceux qui la franchissaient, les lâches y devenant courageux et les courageux, lâches. Alexandre passa donc cette funeste montagne avec de grandes difficultés et dommages, car il y avait un chemin très étroit sur un tournant, sous lequel se trouvait un fossé si profond qu’il ressemblait à un abîme. Plusieurs chevaux et plusieurs cavaliers, qui disparurent complètement et ne furent pas retrouvés, tombèrent à cet endroit. (33,30-41)

La ville fut prise et soumise et la bannière royale posée dedans. Mais le roi voulut que tout fût détruit et que tous les biens fussent ravis et répartis entre chacun. Et il en fut ainsi, car la cité fut aussitôt incendiée, les tours et les portes abattues, tant qu’il ne resta pas une pierre debout. (34, 12-18)

Fol. 26 : Alexandre malade - Les périls de la route - La destruction de Tarse
 
Fol. 29v

Fol. 29v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Le roi Alexandre voyant alors l’obstination et la résistance de ces rebelles pensa à faire apporter sur la mer une grande quantité de bois, épais et solide, venu d’arbres qu’il fit abattre dans les forêts proches de là. Et l’histoire affirme que cela lui vint sous la forme d’une révélation. Il fit attacher ensemble les bois avec de grosses chaînes en fer. Quand cela fut fait, il les recouvrit de terre, de mortier et de ciment, tant qu’il semblait que ce fût une île véritable ; par-dessus il fit construire et élever d’épaisses tours en bois dans lesquelles il plaça des archers, des arbalétriers et des tireurs qui jetaient, de jour comme de nuit, des pierres et des projectiles sur la cité. (38, 24-34)

Il ordonna que toutes les embarcations du rivage, partout où on les trouverait, fussent saisies et amenées devant la cité, et l’on fit ce qu’il avait commandé. Et puis, quand ces embarcations furent toutes rassemblées, il donna l’ordre de faire une grande et large fondation ; la fondation était d’abord en bois et on la fit porter directement dans le port. Quand elle fut amenée là, il ordonna d’entreprendre dessus une construction en pierre et en bon mortier. À mesure que le poids augmentait, la fondation descendait dans l’eau et s’enfonçait ; et finalement, il y eut dessus une très solide citadelle, aux murs et aux tours résistantes, crénelée et très bien fortifiée. Et quand cette citadelle fut faite, le roi Alexandre la fit pourvoir abondamment en victuailles et en hommes d’armes. En outre, il l’équipa de toutes sortes d’armes de jet, de machines à lancer des pierres et des projectiles qui ne cessaient de maltraiter, éprouver et grièvement blesser les assiégés. (40, 12-31)

Fol. 29v
Fol. 30 : Le siège de Tyr
 

Fol. 30 : Le siège de Tyr
 

Plus de détails sur la page

L'arbalète
C'est une arme de jet dérivée de l’arc, mais plus court que lui et particulièrement dur, en bois ou en corne, monté sur une tige. Il faut la tendre à deux mains ou au tourniquet avant de viser. Moins facile à utiliser que l’arc, qui est beaucoup plus léger, elle est utilisée par des arbalétriers, combattants spécialisés. Outre son poids, son défaut était sa cadence de tir, deux carreaux par minute contre douze flèches pou un bon archer. Elle s’impose néanmoins sur les champs de bataille au XIII  e siècle et devient l’arme de tir par excellence des garnisons et des troupes embarquées.

Au regard de l'histoire
La prise de Tyr, en Phénicie, fut particulièrement problématique pour Alexandre le Grand à cause de la position insulaire de la cité, située sur un îlot rocheux à 600 mètres des côtes. Le siège de la ville dura en effet sept mois, de février à août 332. La supériorité sur mer étant du côté des Perses, Alexandre eut l’idée de faire construire une jetée destinée à relier l’île au continent. Il fit ensuite venir des ingénieurs de Chypre et de toute la Phénicie qui veillèrent à la construction de machines de guerre, placées les unes sur la jetée, les autres sur les bateaux de transport de la cavalerie. Mais les fortifications continentales de la cité résistèrent. Alexandre devra enfoncer le front de mer que les Tyriens croyaient imprenable et n'avaient pas protégé d'épaisses murailles, avant d'attaquer de tous côtés.
Pour Alexandre, la prise de Tyr était indispensable avant d'avancer en Égypte car l'île cité constituait un port stratégique où s'abritait la flotte perse composée principalement de vaisseaux phéniciens. Elle était aussi symbolique car s'y trouvait le plus ancien sanctuaire dédié à Héraclès, construit lors de la fondation de la cité en 2750 av. J.-C. selon Hérodote. Le dieu de Tyr, Melkart, fils de Baal et d'Astaté, est la figure phénicienne d'Héraclès dont Alexandre prétendait descendre. C'est là qu'il devait impérativement lui sacrifier comme il l'avait fait à Troie pour Achille, son autre ancêtre tutélaire.   

Fol. 30 : Le siège de Tyr
 
Fol. 29v

Fol. 29v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Le roi Alexandre voyant alors l’obstination et la résistance de ces rebelles pensa à faire apporter sur la mer une grande quantité de bois, épais et solide, venu d’arbres qu’il fit abattre dans les forêts proches de là. Et l’histoire affirme que cela lui vint sous la forme d’une révélation. Il fit attacher ensemble les bois avec de grosses chaînes en fer. Quand cela fut fait, il les recouvrit de terre, de mortier et de ciment, tant qu’il semblait que ce fût une île véritable ; par-dessus il fit construire et élever d’épaisses tours en bois dans lesquelles il plaça des archers, des arbalétriers et des tireurs qui jetaient, de jour comme de nuit, des pierres et des projectiles sur la cité. (38, 24-34)

Il ordonna que toutes les embarcations du rivage, partout où on les trouverait, fussent saisies et amenées devant la cité, et l’on fit ce qu’il avait commandé. Et puis, quand ces embarcations furent toutes rassemblées, il donna l’ordre de faire une grande et large fondation ; la fondation était d’abord en bois et on la fit porter directement dans le port. Quand elle fut amenée là, il ordonna d’entreprendre dessus une construction en pierre et en bon mortier. À mesure que le poids augmentait, la fondation descendait dans l’eau et s’enfonçait ; et finalement, il y eut dessus une très solide citadelle, aux murs et aux tours résistantes, crénelée et très bien fortifiée. Et quand cette citadelle fut faite, le roi Alexandre la fit pourvoir abondamment en victuailles et en hommes d’armes. En outre, il l’équipa de toutes sortes d’armes de jet, de machines à lancer des pierres et des projectiles qui ne cessaient de maltraiter, éprouver et grièvement blesser les assiégés. (40, 12-31)

Fol. 29v
Fol. 30 : Le siège de Tyr
 

Fol. 30 : Le siège de Tyr
 

Plus de détails sur la page

L'arbalète
C'est une arme de jet dérivée de l’arc, mais plus court que lui et particulièrement dur, en bois ou en corne, monté sur une tige. Il faut la tendre à deux mains ou au tourniquet avant de viser. Moins facile à utiliser que l’arc, qui est beaucoup plus léger, elle est utilisée par des arbalétriers, combattants spécialisés. Outre son poids, son défaut était sa cadence de tir, deux carreaux par minute contre douze flèches pou un bon archer. Elle s’impose néanmoins sur les champs de bataille au XIII  e siècle et devient l’arme de tir par excellence des garnisons et des troupes embarquées.

Au regard de l'histoire
La prise de Tyr, en Phénicie, fut particulièrement problématique pour Alexandre le Grand à cause de la position insulaire de la cité, située sur un îlot rocheux à 600 mètres des côtes. Le siège de la ville dura en effet sept mois, de février à août 332. La supériorité sur mer étant du côté des Perses, Alexandre eut l’idée de faire construire une jetée destinée à relier l’île au continent. Il fit ensuite venir des ingénieurs de Chypre et de toute la Phénicie qui veillèrent à la construction de machines de guerre, placées les unes sur la jetée, les autres sur les bateaux de transport de la cavalerie. Mais les fortifications continentales de la cité résistèrent. Alexandre devra enfoncer le front de mer que les Tyriens croyaient imprenable et n'avaient pas protégé d'épaisses murailles, avant d'attaquer de tous côtés.
Pour Alexandre, la prise de Tyr était indispensable avant d'avancer en Égypte car l'île cité constituait un port stratégique où s'abritait la flotte perse composée principalement de vaisseaux phéniciens. Elle était aussi symbolique car s'y trouvait le plus ancien sanctuaire dédié à Héraclès, construit lors de la fondation de la cité en 2750 av. J.-C. selon Hérodote. Le dieu de Tyr, Melkart, fils de Baal et d'Astaté, est la figure phénicienne d'Héraclès dont Alexandre prétendait descendre. C'est là qu'il devait impérativement lui sacrifier comme il l'avait fait à Troie pour Achille, son autre ancêtre tutélaire.   

Fol. 30 : Le siège de Tyr
 
Fol. 33v : Le combat des Macédoniens contre les habitants de Gaza
 

Fol. 33v : Le combat des Macédoniens contre les habitants de Gaza
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
C’est en octobre 332 qu’Alexandre s’empara non sans difficultés de Gaza, ville puissamment fortifiée et défendue par des contingents de Perses et d’Arabes sous les ordres de Batis. La cité s'élevant sur une hauteur, Alexandre dut construire une rampe tout autour pour hisser ses machines de guerre et s'assurer la victoire après deux mois de siège.

Extrait du texte :
Alors Gadifer, entendant le roi Alexandre, se retourna en toute hâte face à lui et le frappa si fort sur le bouclier qu’il le fit tomber de tout son long sur le champ de bataille ; il aurait emmené le cheval du roi s’il avait voulu se laisser prendre. Emenidus, qui suivait le roi comme il est dit et qui le vit à terre, fut plus étonné et contrarié qu’il n’est possible ; il ignorait si le roi était mort ou non. Mais avant qu’il arrivât à lui, le roi était déjà relevé, plein de honte, bien qu’il dît que ce n’était pas une honte de tomber, mais de rester longuement à terre. (48, 21-30)

                 

Fol. 33v : Le combat des Macédoniens contre les habitants de Gaza
 
Fol. 34r

Fol. 34r

Fol. 34r
Fol. 33v : Le combat des Macédoniens contre les habitants de Gaza
 

Fol. 33v : Le combat des Macédoniens contre les habitants de Gaza
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
C’est en octobre 332 qu’Alexandre s’empara non sans difficultés de Gaza, ville puissamment fortifiée et défendue par des contingents de Perses et d’Arabes sous les ordres de Batis. La cité s'élevant sur une hauteur, Alexandre dut construire une rampe tout autour pour hisser ses machines de guerre et s'assurer la victoire après deux mois de siège.

Extrait du texte :
Alors Gadifer, entendant le roi Alexandre, se retourna en toute hâte face à lui et le frappa si fort sur le bouclier qu’il le fit tomber de tout son long sur le champ de bataille ; il aurait emmené le cheval du roi s’il avait voulu se laisser prendre. Emenidus, qui suivait le roi comme il est dit et qui le vit à terre, fut plus étonné et contrarié qu’il n’est possible ; il ignorait si le roi était mort ou non. Mais avant qu’il arrivât à lui, le roi était déjà relevé, plein de honte, bien qu’il dît que ce n’était pas une honte de tomber, mais de rester longuement à terre. (48, 21-30)

                 

Fol. 33v : Le combat des Macédoniens contre les habitants de Gaza
 
Fol. 34r

Fol. 34r

Fol. 34r
Fol. 38v : Bétis et son armée sortent de Gaza
 

Fol. 38v : Bétis et son armée sortent de Gaza
 

Plus de détails sur la page

Des armes d’hast
Les Macédoniens tiennent des armes d’hast variées, qui sont composées d’une partie métallique plus ou moins perfectionnée, acérée et tranchante, montée sur un long manche de bois. Outre des lances, on peut ainsi reconnaître des hallebardes, caractérisées par une hache munie d’une pointe fixée sur le manche de bois et d’un crochet à l’arrière ; des faucharts dotés d’une lame de faux ; des guisarmes composées d’un long pieu sur lequel était emmanché une lame tranchante recourbée et une pointe droite ; des vouges dont la partie métallique est une sorte de gros poignard à l’acier très dur.

Extrait du texte :
Quand arriva le matin, le duc Betis s’arma, ainsi que tous ses chevaliers. Une fois tous les corps de troupes armés, ils se mirent à sortir de la ville en ordres de bataille terrestre et navale. Ptolomer qui était au courant de la sortie s’était armé et préparé à livrer bataille ; il avait également fait armer toutes ses troupes ; et qui plus est, il avait informé le roi, cette nuit-là, qu’on devait livrer bataille le lendemain matin. Les Grecs étaient prêts au combat et à l’offensive. A présent, les soldats de Gaza s’avançaient en bon ordre, les archers et les arbalétriers en tête, et les soldats à leur suite. (54, 1-11)

Fol. 38v : Bétis et son armée sortent de Gaza
 
Fol. 39r

Fol. 39r

Fol. 39r
Fol. 38v : Bétis et son armée sortent de Gaza
 

Fol. 38v : Bétis et son armée sortent de Gaza
 

Plus de détails sur la page

Des armes d’hast
Les Macédoniens tiennent des armes d’hast variées, qui sont composées d’une partie métallique plus ou moins perfectionnée, acérée et tranchante, montée sur un long manche de bois. Outre des lances, on peut ainsi reconnaître des hallebardes, caractérisées par une hache munie d’une pointe fixée sur le manche de bois et d’un crochet à l’arrière ; des faucharts dotés d’une lame de faux ; des guisarmes composées d’un long pieu sur lequel était emmanché une lame tranchante recourbée et une pointe droite ; des vouges dont la partie métallique est une sorte de gros poignard à l’acier très dur.

Extrait du texte :
Quand arriva le matin, le duc Betis s’arma, ainsi que tous ses chevaliers. Une fois tous les corps de troupes armés, ils se mirent à sortir de la ville en ordres de bataille terrestre et navale. Ptolomer qui était au courant de la sortie s’était armé et préparé à livrer bataille ; il avait également fait armer toutes ses troupes ; et qui plus est, il avait informé le roi, cette nuit-là, qu’on devait livrer bataille le lendemain matin. Les Grecs étaient prêts au combat et à l’offensive. A présent, les soldats de Gaza s’avançaient en bon ordre, les archers et les arbalétriers en tête, et les soldats à leur suite. (54, 1-11)

Fol. 38v : Bétis et son armée sortent de Gaza
 
Fol. 39r

Fol. 39r

Fol. 39r
Fol. 41v : Alexandre au temple de Mars, près d’Éphèse
 

Fol. 41v : Alexandre au temple de Mars, près d’Éphèse
 

Plus de détails sur la page

Le rite d'incubation
La scène au temple de Mars rappelle les rites d’incubation, hérités des cultes gréco-romains. Elle possède en commun avec ces rites la pratique d’un rêve sollicité par l’intermédiaire duquel le fidèle, qui passe la nuit dans un temple, cherche à entrer en contact avec un dieu pour obtenir une réponse à une question précise. Néanmoins, dans le rite d’incubation proprement dit, la question touche une recette de guérison.    

Extrait du texte :
Il pénétra donc dans le temple et s’en alla devant l’autel ; il portait dans sa main un récipient plein de lait et d’huile qu’il posa sur l’autel de l’idole. Cela fait, il ôta l’une de ses tuniques blanches, celle du dessus, et il l’étendit devant l’autel sur une dalle en marbre qui y était destinée. Ensuite, il se déshabilla complètement. Quand il eut agi ainsi, il planta quatre épées à chaque coin de la pierre, puis il tourna trois fois autour de l’autel. A chaque fois qu’il passait devant l’autel, il s’inclinait en prononçant une parole. Après avoir fait cela, il prit son récipient plein d’huile et de lait, le souleva comme pour l’offrir à son idole, puis le versa sur sa peau nue en demandant grâce au dieu Mars. Ensuite, il se dirigea vers la robe blanche au sol et s’étendit dessus, la tête tournée vers l’est, en priant le dieu Mars qu’il veuille bien donner une réponse à sa demande ; le sommeil se saisit alors de lui et il s’endormit. (58, 8-24)

Fol. 41v : Alexandre au temple de Mars, près d’Éphèse
 
Fol. 42r

Fol. 42r

Fol. 42r
Fol. 41v : Alexandre au temple de Mars, près d’Éphèse
 

Fol. 41v : Alexandre au temple de Mars, près d’Éphèse
 

Plus de détails sur la page

Le rite d'incubation
La scène au temple de Mars rappelle les rites d’incubation, hérités des cultes gréco-romains. Elle possède en commun avec ces rites la pratique d’un rêve sollicité par l’intermédiaire duquel le fidèle, qui passe la nuit dans un temple, cherche à entrer en contact avec un dieu pour obtenir une réponse à une question précise. Néanmoins, dans le rite d’incubation proprement dit, la question touche une recette de guérison.    

Extrait du texte :
Il pénétra donc dans le temple et s’en alla devant l’autel ; il portait dans sa main un récipient plein de lait et d’huile qu’il posa sur l’autel de l’idole. Cela fait, il ôta l’une de ses tuniques blanches, celle du dessus, et il l’étendit devant l’autel sur une dalle en marbre qui y était destinée. Ensuite, il se déshabilla complètement. Quand il eut agi ainsi, il planta quatre épées à chaque coin de la pierre, puis il tourna trois fois autour de l’autel. A chaque fois qu’il passait devant l’autel, il s’inclinait en prononçant une parole. Après avoir fait cela, il prit son récipient plein d’huile et de lait, le souleva comme pour l’offrir à son idole, puis le versa sur sa peau nue en demandant grâce au dieu Mars. Ensuite, il se dirigea vers la robe blanche au sol et s’étendit dessus, la tête tournée vers l’est, en priant le dieu Mars qu’il veuille bien donner une réponse à sa demande ; le sommeil se saisit alors de lui et il s’endormit. (58, 8-24)

Fol. 41v : Alexandre au temple de Mars, près d’Éphèse
 
Fol. 42r

Fol. 42r

Fol. 42r
Fol. 40v : La réconciliation entre Cassamus du Laris et Emenidus d’Arcade
 

Fol. 40v : La réconciliation entre Cassamus du Laris et Emenidus d’Arcade
 

Plus de détails sur la page

Les voeux du Paon
A partir du chapitre 55 jusqu’au chapitre 114, Wauquelin réécrit un poème qui s’intitule les Voeux du Paon. Il a été écrit au début du XIV e siècle par Jacques de Longuyon à la demande de Thibaud, évêque de Liège, fils de Thibaud II comte de Bar. Bien qu’ils aient été à l’origine indépendants, les Vœux du Paon sont très souvent copiés à la suite du Roman d’Alexandre en alexandrins, l’une des sources principales de Wauquelin, ou interpolés dans la troisième de ses branches. L’argument du poème, qui est repris par le compilateur bourguignon, est l’aide qu’apporte Alexandre à Gadifer et à Bétis, seigneurs d'Éphèse, alors que leur cité est menacée par le roi indien Clarvus. Toute l’histoire fait se succéder des batailles, des joutes, des banquets et conversations galantes, où se nouent des amours entre les Indiens et les jeunes filles d’Éphèse. Enfin, les Voeux du Paon ont contribué à diffuser le thème des Neuf Preux, apparu dès le XIII e siècle. Les Neuf Preux répartis entre l’histoire antique (Hector, Alexandre, César), l’Ancien Testament (Josué, David, Judas Macchabée) et l’époque chrétienne (Charlemagne, le roi Arthur et Godefroy de Bouillon) servirent d’exemples à l’élite de la chevalerie à travers des textes et une riche iconographie.

Extrait du texte :
Le sage homme se mit alors à pleurer et voulut lui embrasser la jambe, mais le roi ne le toléra pas ; Cassamus dit alors en pleurant qu’il s’en remettait complètement au roi, qui le remercia grandement. Puis il lui demanda quel était son nom et l’autre répondit qu’on le nommait Cassamus du Laris. Le roi fit alors venir Emenidus d’Arcade et il les réconcilia. (56, 22-28)

Fol. 40v : La réconciliation entre Cassamus du Laris et Emenidus d’Arcade
 
Fol. 41r

Fol. 41r

Fol. 41r
Fol. 40v : La réconciliation entre Cassamus du Laris et Emenidus d’Arcade
 

Fol. 40v : La réconciliation entre Cassamus du Laris et Emenidus d’Arcade
 

Plus de détails sur la page

Les voeux du Paon
A partir du chapitre 55 jusqu’au chapitre 114, Wauquelin réécrit un poème qui s’intitule les Voeux du Paon. Il a été écrit au début du XIV e siècle par Jacques de Longuyon à la demande de Thibaud, évêque de Liège, fils de Thibaud II comte de Bar. Bien qu’ils aient été à l’origine indépendants, les Vœux du Paon sont très souvent copiés à la suite du Roman d’Alexandre en alexandrins, l’une des sources principales de Wauquelin, ou interpolés dans la troisième de ses branches. L’argument du poème, qui est repris par le compilateur bourguignon, est l’aide qu’apporte Alexandre à Gadifer et à Bétis, seigneurs d'Éphèse, alors que leur cité est menacée par le roi indien Clarvus. Toute l’histoire fait se succéder des batailles, des joutes, des banquets et conversations galantes, où se nouent des amours entre les Indiens et les jeunes filles d’Éphèse. Enfin, les Voeux du Paon ont contribué à diffuser le thème des Neuf Preux, apparu dès le XIII e siècle. Les Neuf Preux répartis entre l’histoire antique (Hector, Alexandre, César), l’Ancien Testament (Josué, David, Judas Macchabée) et l’époque chrétienne (Charlemagne, le roi Arthur et Godefroy de Bouillon) servirent d’exemples à l’élite de la chevalerie à travers des textes et une riche iconographie.

Extrait du texte :
Le sage homme se mit alors à pleurer et voulut lui embrasser la jambe, mais le roi ne le toléra pas ; Cassamus dit alors en pleurant qu’il s’en remettait complètement au roi, qui le remercia grandement. Puis il lui demanda quel était son nom et l’autre répondit qu’on le nommait Cassamus du Laris. Le roi fit alors venir Emenidus d’Arcade et il les réconcilia. (56, 22-28)

Fol. 40v : La réconciliation entre Cassamus du Laris et Emenidus d’Arcade
 
Fol. 41r

Fol. 41r

Fol. 41r
Fol. 43v

Fol. 43v

Fol. 43v
Fol. 44 : Les combats devant Éphèse

Fol. 44 : Les combats devant Éphèse
 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Les dames et les demoiselles qui observaient bien le combat se trouvaient sur les murs de la cité ; elles prisaient plus que tous les autres combattants Gadifer, le jeune chevalier, ainsi que le vieux Cassamus, car il fit prisonnier le sultan de Bactres, à savoir Cassel le Baudrain. Après sa capture, les habitants d’Epheson commencèrent à abandonner le combat et à rentrer dans leur cité, satisfaits et contents, en hommes vaillants et courageux ; ils étaient très heureux de la capture du Baudrain, tandis que les Baudrains étaient très malheureux que leur seigneur fût emmené prisonnier dans la cité. (62, 52-61)

Fol. 44 : Les combats devant Éphèse
 
Fol. 43v

Fol. 43v

Fol. 43v
Fol. 44 : Les combats devant Éphèse

Fol. 44 : Les combats devant Éphèse
 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Les dames et les demoiselles qui observaient bien le combat se trouvaient sur les murs de la cité ; elles prisaient plus que tous les autres combattants Gadifer, le jeune chevalier, ainsi que le vieux Cassamus, car il fit prisonnier le sultan de Bactres, à savoir Cassel le Baudrain. Après sa capture, les habitants d’Epheson commencèrent à abandonner le combat et à rentrer dans leur cité, satisfaits et contents, en hommes vaillants et courageux ; ils étaient très heureux de la capture du Baudrain, tandis que les Baudrains étaient très malheureux que leur seigneur fût emmené prisonnier dans la cité. (62, 52-61)

Fol. 44 : Les combats devant Éphèse
 
Fol. 55v : Porus tue le paon - Le banquet des Vœux du Paon
 

Fol. 55v : Porus tue le paon - Le banquet des Vœux du Paon

Plus de détails sur la page

Les vœux du Faisan

La cérémonie des vœux sur un animal mort (paon, faisan…) renvoie à une tradition courtoise mi-sérieuse mi-ludique, largement répandue au XV  e siècle. Il s’agissait, à l’occasion d’un banquet, de prononcer une promesse solennelle, au nom de Dieu, en prenant à témoin l’animal. Cette promesse concernait une entreprise chevaleresque. Parmi toutes les cérémonies, il reste un témoignage précis des Vœux du Faisan qui furent célébrés à Lille, le 17 février 1454, par Philippe le Bon. Il est contenu dans un récit en prose écrit par Olivier de la Marche à la fin du XV  e siècle. La salle du château où la fête eut lieu fut décorée pour la circonstance de tapisseries représentant les douze travaux d’Hercule, autre héros de l’Antiquité très prisé à la cour de Bourgogne. On y présenta un faisan vivant, orné d’un collier d’or. Tous les chevaliers, presque deux cents, jurèrent d’aller combattre les Turcs en formulant des vœux plus ou moins sérieux.

Extrait du texte :

Ayant donc eu l’autorisation du vieux Cassamus, Porus leva son arc, le tendit et tira de telle sorte qu’il atteignit le paon à la tête et lui fit sortir les yeux et la cervelle. Le paon tomba mort par terre. (74, 27-30)

Et l’on donna pour tâche à mademoiselle Heleot de présenter le paon comme elle le voulait et de recevoir les vœux de chacun ; elle prit le paon, le leva et s’en alla devant Cassamus en lui disant ainsi : "Seigneur, vous qui avez été en tant de nobles batailles, alors que votre courage a été reconnu par tant d’hommes courageux et qu’il est réputé par toutes les régions et tous les pays, et aussi parce que vous êtes le plus ancien chevalier de la compagnie, je vous demande et vous invite, au nom du pouvoir que vous et les autres m’avez donné, d’avoir le privilège de faire un vœu sur le paon, un vœu qui vous honore et qui remplisse de joie la compagnie." (74, 67-71 ; 75, 1-9)

Fol. 55v : Porus tue le paon - Le banquet des Vœux du Paon
Fol. 56r

Fol. 56r

Fol. 56r
Fol. 55v : Porus tue le paon - Le banquet des Vœux du Paon
 

Fol. 55v : Porus tue le paon - Le banquet des Vœux du Paon

Plus de détails sur la page

Les vœux du Faisan

La cérémonie des vœux sur un animal mort (paon, faisan…) renvoie à une tradition courtoise mi-sérieuse mi-ludique, largement répandue au XV  e siècle. Il s’agissait, à l’occasion d’un banquet, de prononcer une promesse solennelle, au nom de Dieu, en prenant à témoin l’animal. Cette promesse concernait une entreprise chevaleresque. Parmi toutes les cérémonies, il reste un témoignage précis des Vœux du Faisan qui furent célébrés à Lille, le 17 février 1454, par Philippe le Bon. Il est contenu dans un récit en prose écrit par Olivier de la Marche à la fin du XV  e siècle. La salle du château où la fête eut lieu fut décorée pour la circonstance de tapisseries représentant les douze travaux d’Hercule, autre héros de l’Antiquité très prisé à la cour de Bourgogne. On y présenta un faisan vivant, orné d’un collier d’or. Tous les chevaliers, presque deux cents, jurèrent d’aller combattre les Turcs en formulant des vœux plus ou moins sérieux.

Extrait du texte :

Ayant donc eu l’autorisation du vieux Cassamus, Porus leva son arc, le tendit et tira de telle sorte qu’il atteignit le paon à la tête et lui fit sortir les yeux et la cervelle. Le paon tomba mort par terre. (74, 27-30)

Et l’on donna pour tâche à mademoiselle Heleot de présenter le paon comme elle le voulait et de recevoir les vœux de chacun ; elle prit le paon, le leva et s’en alla devant Cassamus en lui disant ainsi : "Seigneur, vous qui avez été en tant de nobles batailles, alors que votre courage a été reconnu par tant d’hommes courageux et qu’il est réputé par toutes les régions et tous les pays, et aussi parce que vous êtes le plus ancien chevalier de la compagnie, je vous demande et vous invite, au nom du pouvoir que vous et les autres m’avez donné, d’avoir le privilège de faire un vœu sur le paon, un vœu qui vous honore et qui remplisse de joie la compagnie." (74, 67-71 ; 75, 1-9)

Fol. 55v : Porus tue le paon - Le banquet des Vœux du Paon
Fol. 56r

Fol. 56r

Fol. 56r
Fol. 69v : L’arrivée de la flotte d’Alexandre à Éphèse
 

Fol. 69v : L’arrivée de la flotte d’Alexandre à Éphèse
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
Éphèse fut une riche cité gecque de la côte asiatique, alliée d'Athènes, célèbre pour son sanctuaire d'Artémis où siégeait la Confédération des douze cités ioniennes. L'arrivée d'Alexandre entraîne des troubles politiques. Le Macédonien réinstalle ceux qui avaient été bannis à cause de lui et remplace l'oligarchie par la démocratie. Le peuple se déchaîne alors contre ses anciens maîtres au point qu'Alexandre doit mettre un terme aux violences. Il s'illustre ainsi comme pacificateur et conciliateur. Aucun des événements historiques ne se retrouvera dans les épisodes de la cité imaginaire d'Éphéson qui pourtant servent une même image d'Alexandre, transposée dans un monde chevaleresque et courtois, où le héros vient au secours des faibles et des démunis.

Extrait du texte :
Alexandre prit d’abord avec lui ses soldats seulement et laissa une quantité de gens pour garder ses tentes. Quand ils se furent préparés comme ils le souhaitaient, ils descendirent au rivage où les vaisseaux et les navires se trouvaient prêts et ils traversèrent. Mais ce ne fut pas sans mal, car l’histoire dit qu’il fallut attacher leurs chevaux avec des cordes, puis les descendre dans les navires, et de la même façon les faire remonter, car les rochers et les montagnes constituaient une digue extraordinairement haute pour la rivière. Il y avait certaines machines adaptées pour faire cela, et près d’elles des marches en pierre par où l’on descendait et d’où l’on montait sur les navires. Le roi Alexandre réussit donc, quelle que soit la peine que cela représentât, à traverser avec dix mille soldats. Ne demandez pas s’il fut reçu avec des honneurs et accueilli par ceux de la cité, en particulier des chevaliers, des princes, des dignitaires ainsi que des dames. (95, 19-35)

Fol. 69v : L’arrivée de la flotte d’Alexandre à Éphèse
 
Fol. 70r

Fol. 70r

Fol. 70r
Fol. 69v : L’arrivée de la flotte d’Alexandre à Éphèse
 

Fol. 69v : L’arrivée de la flotte d’Alexandre à Éphèse
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
Éphèse fut une riche cité gecque de la côte asiatique, alliée d'Athènes, célèbre pour son sanctuaire d'Artémis où siégeait la Confédération des douze cités ioniennes. L'arrivée d'Alexandre entraîne des troubles politiques. Le Macédonien réinstalle ceux qui avaient été bannis à cause de lui et remplace l'oligarchie par la démocratie. Le peuple se déchaîne alors contre ses anciens maîtres au point qu'Alexandre doit mettre un terme aux violences. Il s'illustre ainsi comme pacificateur et conciliateur. Aucun des événements historiques ne se retrouvera dans les épisodes de la cité imaginaire d'Éphéson qui pourtant servent une même image d'Alexandre, transposée dans un monde chevaleresque et courtois, où le héros vient au secours des faibles et des démunis.

Extrait du texte :
Alexandre prit d’abord avec lui ses soldats seulement et laissa une quantité de gens pour garder ses tentes. Quand ils se furent préparés comme ils le souhaitaient, ils descendirent au rivage où les vaisseaux et les navires se trouvaient prêts et ils traversèrent. Mais ce ne fut pas sans mal, car l’histoire dit qu’il fallut attacher leurs chevaux avec des cordes, puis les descendre dans les navires, et de la même façon les faire remonter, car les rochers et les montagnes constituaient une digue extraordinairement haute pour la rivière. Il y avait certaines machines adaptées pour faire cela, et près d’elles des marches en pierre par où l’on descendait et d’où l’on montait sur les navires. Le roi Alexandre réussit donc, quelle que soit la peine que cela représentât, à traverser avec dix mille soldats. Ne demandez pas s’il fut reçu avec des honneurs et accueilli par ceux de la cité, en particulier des chevaliers, des princes, des dignitaires ainsi que des dames. (95, 19-35)

Fol. 69v : L’arrivée de la flotte d’Alexandre à Éphèse
 
Fol. 70r

Fol. 70r

Fol. 70r
Fol. 81v

Fol. 81v

Fol. 81v
Fol. 82 : Les Macédoniens sont repoussés jusqu’aux fossés d’Éphèse - Gadifer de Laris accomplit son vœu - Emenidus récupère son cheval
 

Fol. 82 : Les Macédoniens sont repoussés jusqu’aux fossés d’Éphèse - Gadifer de Laris accomplit son vœu - Emenidus récupère son cheval
 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Il y avait là Gadifer, qui réfléchissait à la manière d’accomplir son vœu, et il s’avança tellement – j’ignore comment – qu’il s’ouvrit une trouée à travers l’armée des Indiens ; je pense qu’ils ne le reconnurent pas ou qu’ils pensaient que c’était l’un des leurs qui allait pour une raison ou une autre vers l’étendard. Arrivé à l’étendard donc, comme vous l’avez entendu, il y avait une telle confusion tout autour qu’on ne savait à qui se fier. C’est pourquoi, dès qu’il tira son épée en criant : "A mort ! A mort ! Vous allez tous mourir, vauriens !", ils furent si surpris qu’ils commencèrent tous à s’éparpiller et à s’enfuir, l’un par ici, l’autre par là. Il les blessait, les jetait par terre, en les estropiant, en les tuant, si bien qu’il en resta à peine un seul ; tous s’enfuirent à l’exception des trente que le roi  Clarvus avait chargé de la garde dudit étendard, qui était accroché en hauteur sur un char, à la façon d’une petite citadelle. Cependant, ces trente compagnons étaient si épouvantés qu’ils ne savaient que faire ; ils ne défendirent que faiblement ledit étendard, car Gadifer en tua directement seize sur place. Finalement, il les repoussa tous, puis coupa la perche si bien que la bannière tomba par terre. (104, 33-55)       

Fol. 82 : Les Macédoniens sont repoussés jusqu’aux fossés d’Éphèse - Gadifer de Laris accomplit son vœu - Emenidus récupère son cheval
 
Fol. 81v

Fol. 81v

Fol. 81v
Fol. 82 : Les Macédoniens sont repoussés jusqu’aux fossés d’Éphèse - Gadifer de Laris accomplit son vœu - Emenidus récupère son cheval
 

Fol. 82 : Les Macédoniens sont repoussés jusqu’aux fossés d’Éphèse - Gadifer de Laris accomplit son vœu - Emenidus récupère son cheval
 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Il y avait là Gadifer, qui réfléchissait à la manière d’accomplir son vœu, et il s’avança tellement – j’ignore comment – qu’il s’ouvrit une trouée à travers l’armée des Indiens ; je pense qu’ils ne le reconnurent pas ou qu’ils pensaient que c’était l’un des leurs qui allait pour une raison ou une autre vers l’étendard. Arrivé à l’étendard donc, comme vous l’avez entendu, il y avait une telle confusion tout autour qu’on ne savait à qui se fier. C’est pourquoi, dès qu’il tira son épée en criant : "A mort ! A mort ! Vous allez tous mourir, vauriens !", ils furent si surpris qu’ils commencèrent tous à s’éparpiller et à s’enfuir, l’un par ici, l’autre par là. Il les blessait, les jetait par terre, en les estropiant, en les tuant, si bien qu’il en resta à peine un seul ; tous s’enfuirent à l’exception des trente que le roi  Clarvus avait chargé de la garde dudit étendard, qui était accroché en hauteur sur un char, à la façon d’une petite citadelle. Cependant, ces trente compagnons étaient si épouvantés qu’ils ne savaient que faire ; ils ne défendirent que faiblement ledit étendard, car Gadifer en tua directement seize sur place. Finalement, il les repoussa tous, puis coupa la perche si bien que la bannière tomba par terre. (104, 33-55)       

Fol. 82 : Les Macédoniens sont repoussés jusqu’aux fossés d’Éphèse - Gadifer de Laris accomplit son vœu - Emenidus récupère son cheval
 
Fol. 87v

Fol. 87v

Fol. 87v
Fol. 88 : Les prisonniers Porus, Cassiel le Baudrain et Marcien sont reçus par Alexandre
 

Fol. 88 : Les prisonniers Porus, Cassiel le Baudrain et Marcien sont reçus par Alexandre
 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
De retour à sa tente, en compagnie de certains de ses chevaliers, le  roi Alexandre fut aussitôt désarmé ; on examina ses blessures, puis il fut vêtu d’un manteau rouge qui convenait à son état royal. Les chefs de l’armée vinrent aussitôt lui faire le don de leurs prisonniers, parmi lesquels se trouvait Porus qui était si mal en point qu’il ne pouvait en aucune façon se tenir debout, et c’était normal. Le roi les regarda alors tous, l’un après l’autre, puis il les fit asseoir, car Porus ne pouvait rester debout sans être soutenu par quantité de gens. Quand il les eut observés une ou deux fois, le roi dit : "Assurément, vous, seigneurs indiens, votre bravoure m’a coûté cher aujourd’hui, mais, grâce à Dieu, nous avons si bien mené la bataille avec l’aide de nos chers compagnons et amis que nous vous avons vaincus et mis sous notre domination. Mais, au nom de la foi que je dois au dieu Mars, si vous voulez me croire, je ferai à tous de tels bienfaits que vous direz : Cela suffit !". (110, 1-18)

Fol. 88 : Les prisonniers Porus, Cassiel le Baudrain et Marcien sont reçus par Alexandre
 
Fol. 87v

Fol. 87v

Fol. 87v
Fol. 88 : Les prisonniers Porus, Cassiel le Baudrain et Marcien sont reçus par Alexandre
 

Fol. 88 : Les prisonniers Porus, Cassiel le Baudrain et Marcien sont reçus par Alexandre
 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
De retour à sa tente, en compagnie de certains de ses chevaliers, le  roi Alexandre fut aussitôt désarmé ; on examina ses blessures, puis il fut vêtu d’un manteau rouge qui convenait à son état royal. Les chefs de l’armée vinrent aussitôt lui faire le don de leurs prisonniers, parmi lesquels se trouvait Porus qui était si mal en point qu’il ne pouvait en aucune façon se tenir debout, et c’était normal. Le roi les regarda alors tous, l’un après l’autre, puis il les fit asseoir, car Porus ne pouvait rester debout sans être soutenu par quantité de gens. Quand il les eut observés une ou deux fois, le roi dit : "Assurément, vous, seigneurs indiens, votre bravoure m’a coûté cher aujourd’hui, mais, grâce à Dieu, nous avons si bien mené la bataille avec l’aide de nos chers compagnons et amis que nous vous avons vaincus et mis sous notre domination. Mais, au nom de la foi que je dois au dieu Mars, si vous voulez me croire, je ferai à tous de tels bienfaits que vous direz : Cela suffit !". (110, 1-18)

Fol. 88 : Les prisonniers Porus, Cassiel le Baudrain et Marcien sont reçus par Alexandre
 
Fol. 92v : La mort de Philippe de Macédoine - Alexandre vient secourir Olympias
 

Fol. 92v : La mort de Philippe de Macédoine - Alexandre vient secourir Olympias
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
Situé dans le Nord de la Grèce, sur l’actuel site de Vergina, Aigai est la première capitale antique du royaume macédonien. C'est là, selon l'ancienne coutume, que sont enterrés les rois macédoniens, même à l'époque où la capitale est transférée à Pella. En effet, les fouilles ont exhumé une nécropole royale, avec des tombes monumentales, ainsi qu'un palais datant de la fin du IV e siècle avant notre ère. Elles démontrent une occupation continue du site entre -1000 et -150, avant son abandon à l'époque romaine.

Extrait du texte :
Le roi Philippe, lorsqu’il vit la morgue de Pausanias, s’étonna beaucoup de ce que celui-ci, qui était son sujet et qui avait pour habitude de lui rendre un tribut, venait ainsi l’attaquer sans aucune déclaration de guerre et si brusquement. Quand il eut un peu réfléchi, il fut frappé par un très grand orgueil et il donna l’ordre à travers toute sa cité que chacun se préparât à combattre de suite, car il voulait faire une sortie sur le champ de bataille contre ce lâche roi Pausania. On fit ainsi qu’il l’avait commandé, car il sortit de la cité avec toutes ses troupes et se précipita à toute force contre ses ennemis, mais ils étaient si peu qu’ils furent tout de suite vaincus et le roi Philippe y fut frappé à mort ; ils s’enfuirent à qui mieux mieux vers la cité en laissant leur roi mourant sur le champ de bataille. Les soldats du roi Pausanias, comme le dit l’histoire, entrèrent dans la cité avec ceux qui fuyaient et s’en emparèrent. (115, 29-44)

L’histoire dit qu'il arriva devant la cité de son père le jour même où la bataille ci-devant se déroulait. Il n’arriva pas par le côté où s’était tenue la bataille, mais par un autre côté, soit du côté de la tour où sa mère s’était réfugiée. […] Dès qu’elle y fut, elle aperçut et reconnut grâce aux enseignes et aux bannières son fils qui n’était pas très loin et venait à toute allure. Elle se mit à crier très fort à ses chevaliers qu’ils se réjouissent et que bientôt ils seraient secourus : "Voici mon très cher Alexandre, qui va nous délivrer de nos ennemis." A ces mots, le roi Alexandre s’approcha tant de ladite tour que sa mère pouvait parler avec lui. (116, 11-14 ; 22-29)

Fol. 92v : La mort de Philippe de Macédoine - Alexandre vient secourir Olympias
 
Les sources de l'auteur

Les sources de l'auteur

Plus de détails sur la page

Les sources de l'auteur
C’est à partir du chapitre 115 qu’intervient le texte qui devient la source principale de Wauquelin : une traduction en prose française datant du XIII e siècle de l’<i>Historia de Preliis</i>, texte latin qui est lui-même le fruit d’une traduction du roman grec du Pseudo-Callisthène (IV e siècle après J.-C.). Le compilateur bourguignon propose un texte qui suit pas à pas le roman français du XIII e siècle en n’omettant aucun des épisodes que celui-ci proposait. Il procède cependant à une importante réécriture du texte original qui était caractérisé par sa sécheresse et son peu de prolixité. Wauquelin ne va donc avoir de cesse d’étoffer sa source, de l’enrichir d’éléments nouveaux, de la réécrire dans ce style si caractéristique du milieu bourguignon.

Les sources de l'auteur
Fol. 92v : La mort de Philippe de Macédoine - Alexandre vient secourir Olympias
 

Fol. 92v : La mort de Philippe de Macédoine - Alexandre vient secourir Olympias
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
Situé dans le Nord de la Grèce, sur l’actuel site de Vergina, Aigai est la première capitale antique du royaume macédonien. C'est là, selon l'ancienne coutume, que sont enterrés les rois macédoniens, même à l'époque où la capitale est transférée à Pella. En effet, les fouilles ont exhumé une nécropole royale, avec des tombes monumentales, ainsi qu'un palais datant de la fin du IV e siècle avant notre ère. Elles démontrent une occupation continue du site entre -1000 et -150, avant son abandon à l'époque romaine.

Extrait du texte :
Le roi Philippe, lorsqu’il vit la morgue de Pausanias, s’étonna beaucoup de ce que celui-ci, qui était son sujet et qui avait pour habitude de lui rendre un tribut, venait ainsi l’attaquer sans aucune déclaration de guerre et si brusquement. Quand il eut un peu réfléchi, il fut frappé par un très grand orgueil et il donna l’ordre à travers toute sa cité que chacun se préparât à combattre de suite, car il voulait faire une sortie sur le champ de bataille contre ce lâche roi Pausania. On fit ainsi qu’il l’avait commandé, car il sortit de la cité avec toutes ses troupes et se précipita à toute force contre ses ennemis, mais ils étaient si peu qu’ils furent tout de suite vaincus et le roi Philippe y fut frappé à mort ; ils s’enfuirent à qui mieux mieux vers la cité en laissant leur roi mourant sur le champ de bataille. Les soldats du roi Pausanias, comme le dit l’histoire, entrèrent dans la cité avec ceux qui fuyaient et s’en emparèrent. (115, 29-44)

L’histoire dit qu'il arriva devant la cité de son père le jour même où la bataille ci-devant se déroulait. Il n’arriva pas par le côté où s’était tenue la bataille, mais par un autre côté, soit du côté de la tour où sa mère s’était réfugiée. […] Dès qu’elle y fut, elle aperçut et reconnut grâce aux enseignes et aux bannières son fils qui n’était pas très loin et venait à toute allure. Elle se mit à crier très fort à ses chevaliers qu’ils se réjouissent et que bientôt ils seraient secourus : "Voici mon très cher Alexandre, qui va nous délivrer de nos ennemis." A ces mots, le roi Alexandre s’approcha tant de ladite tour que sa mère pouvait parler avec lui. (116, 11-14 ; 22-29)

Fol. 92v : La mort de Philippe de Macédoine - Alexandre vient secourir Olympias
 
Les sources de l'auteur

Les sources de l'auteur

Plus de détails sur la page

Les sources de l'auteur
C’est à partir du chapitre 115 qu’intervient le texte qui devient la source principale de Wauquelin : une traduction en prose française datant du XIII e siècle de l’<i>Historia de Preliis</i>, texte latin qui est lui-même le fruit d’une traduction du roman grec du Pseudo-Callisthène (IV e siècle après J.-C.). Le compilateur bourguignon propose un texte qui suit pas à pas le roman français du XIII e siècle en n’omettant aucun des épisodes que celui-ci proposait. Il procède cependant à une importante réécriture du texte original qui était caractérisé par sa sécheresse et son peu de prolixité. Wauquelin ne va donc avoir de cesse d’étoffer sa source, de l’enrichir d’éléments nouveaux, de la réécrire dans ce style si caractéristique du milieu bourguignon.

Les sources de l'auteur
Fol. 94v : L’armée de Pausanias sort d’Aïgai - Alexandre venge la mort de son père en tuant Pausanias
 

Fol. 94v : L’armée de Pausanias sort d’Aïgai - Alexandre venge la mort de son père en tuant Pausanias
 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Pendant qu’elle parlait à son fils, la nouvelle se répandit dans la cité de l’arrivée du roi Alexandre. En entendant cela, Pausania en homme subtil et réfléchi pensa qu’il ferait sur-le-champ une sortie contre Alexandre et qu’il l’assaillerait avant que ses hommes eussent pris du repos et qu’ils se fussent rassemblés ; il pourrait ainsi les mettre plus facilement en déroute. Il fit aussitôt sonner les trompettes et disposer ses soldats en ordre de bataille, puis il sortit soudain de la cité alors qu’Alexandre était encore en train de parler avec sa mère. Ce dernier le vit aussitôt et s’avança contre lui le plus vite possible. L’histoire raconte qu’ils se précipitèrent si violemment l’un contre l’autre qu’il semblait que la terre tremblât ; ils se frappèrent si rudement que leurs lances volèrent en morceaux ; puis ils se retournèrent avec leurs épées et se mirent à frapper avec une extrême violence l’un sur l’autre, tant que le feu sortait des épées, car ils étaient tous les deux forts et violents. Ils frappèrent tant que le roi Pausania finit par renverser le bouclier du roi Alexandre en plein champ de bataille, ce qui remplit Alexandre d’une telle colère et rage que, lors d’un coup qu’il donna à Pausania, il lui fit voler la tête. (116, 37-57)

Fol. 94v : L’armée de Pausanias sort d’Aïgai - Alexandre venge la mort de son père en tuant Pausanias
 
Fol. 95r

Fol. 95r

Fol. 95r
Fol. 94v : L’armée de Pausanias sort d’Aïgai - Alexandre venge la mort de son père en tuant Pausanias
 

Fol. 94v : L’armée de Pausanias sort d’Aïgai - Alexandre venge la mort de son père en tuant Pausanias
 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Pendant qu’elle parlait à son fils, la nouvelle se répandit dans la cité de l’arrivée du roi Alexandre. En entendant cela, Pausania en homme subtil et réfléchi pensa qu’il ferait sur-le-champ une sortie contre Alexandre et qu’il l’assaillerait avant que ses hommes eussent pris du repos et qu’ils se fussent rassemblés ; il pourrait ainsi les mettre plus facilement en déroute. Il fit aussitôt sonner les trompettes et disposer ses soldats en ordre de bataille, puis il sortit soudain de la cité alors qu’Alexandre était encore en train de parler avec sa mère. Ce dernier le vit aussitôt et s’avança contre lui le plus vite possible. L’histoire raconte qu’ils se précipitèrent si violemment l’un contre l’autre qu’il semblait que la terre tremblât ; ils se frappèrent si rudement que leurs lances volèrent en morceaux ; puis ils se retournèrent avec leurs épées et se mirent à frapper avec une extrême violence l’un sur l’autre, tant que le feu sortait des épées, car ils étaient tous les deux forts et violents. Ils frappèrent tant que le roi Pausania finit par renverser le bouclier du roi Alexandre en plein champ de bataille, ce qui remplit Alexandre d’une telle colère et rage que, lors d’un coup qu’il donna à Pausania, il lui fit voler la tête. (116, 37-57)

Fol. 94v : L’armée de Pausanias sort d’Aïgai - Alexandre venge la mort de son père en tuant Pausanias
 
Fol. 95r

Fol. 95r

Fol. 95r
Fol. 95v

Fol. 95v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Venu avec toute son armée, comme on l’a dit, près de ce temple, Alexandre entra en toute humilité dans le temple et fit son offrande, ainsi qu’il devait le faire ; puis il interrogea l’idole sur ce qu’il désirait. Mais l’histoire dit que cette idole lui répondit que ce mot : "Oh ! Hercule !" Quand Alexandre vit qu’elle ne lui disait rien d’autre, il lui répondit : "O, toi, Apollon, tu m’apelles "Oh ! Hercule", ton pouvoir de répondre en est détruit." (118, 1-8)

Fol. 95v
Fol. 96r : L’oracle d’Apollon
 

Fol. 96r : L’oracle d’Apollon
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
L’épisode peut se référer lointainement à la visite qu’Alexandre fit au temple d’Apollon à Delphes. En outre, la confusion du dieu Apollon, qui appelle Alexandre du nom d’Hercule, renforce le parallèle qui a été établi entre les deux personnages. Par ses conquêtes de plus en plus lointaines, Alexandre était volontiers comparé à Hercule ; comme lui, il a repoussé les frontières et exploré le monde. La confusion s’inspire peut-être aussi d’un épisode resté célèbre de la vie du conquérant macédonien : lorsqu’il se rendit au sanctuaire du dieu bélier Ammon à l’oasis de Siwah, situé dans le désert de Libye, le grand prêtre l’accueillit en l’appelant "Fils de Zeus", car en voulant lui dire : "Salut, mon fils" (paidion), il lui aurait dit paidios ("Fils de Zeus"). 

Fol. 96r : L’oracle d’Apollon
 
Fol. 95v

Fol. 95v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Venu avec toute son armée, comme on l’a dit, près de ce temple, Alexandre entra en toute humilité dans le temple et fit son offrande, ainsi qu’il devait le faire ; puis il interrogea l’idole sur ce qu’il désirait. Mais l’histoire dit que cette idole lui répondit que ce mot : "Oh ! Hercule !" Quand Alexandre vit qu’elle ne lui disait rien d’autre, il lui répondit : "O, toi, Apollon, tu m’apelles "Oh ! Hercule", ton pouvoir de répondre en est détruit." (118, 1-8)

Fol. 95v
Fol. 96r : L’oracle d’Apollon
 

Fol. 96r : L’oracle d’Apollon
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
L’épisode peut se référer lointainement à la visite qu’Alexandre fit au temple d’Apollon à Delphes. En outre, la confusion du dieu Apollon, qui appelle Alexandre du nom d’Hercule, renforce le parallèle qui a été établi entre les deux personnages. Par ses conquêtes de plus en plus lointaines, Alexandre était volontiers comparé à Hercule ; comme lui, il a repoussé les frontières et exploré le monde. La confusion s’inspire peut-être aussi d’un épisode resté célèbre de la vie du conquérant macédonien : lorsqu’il se rendit au sanctuaire du dieu bélier Ammon à l’oasis de Siwah, situé dans le désert de Libye, le grand prêtre l’accueillit en l’appelant "Fils de Zeus", car en voulant lui dire : "Salut, mon fils" (paidion), il lui aurait dit paidios ("Fils de Zeus"). 

Fol. 96r : L’oracle d’Apollon
 
Fol. 97v

Fol. 97v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Tandis qu’Alexandre chevauchait dans le pays d’Egypte, il trouva une statue en pierre noire qui représentait un roi. Quand il la vit, il demanda aux autochtones ce qu’elle représentait et à quoi elle servait. On lui répondit : "Très redouté empereur, c’est vérité que jadis, il n’y a pas très longtemps, il y avait un roi dans ce pays, qui s’appelait Nectanebus, un homme connaisseur de tous les arts magiques, ainsi qu’en astronomie céleste et terrestre." […] Quand Alexandre entendit rappeler cela, il hocha la tête ; il se souvint comment ce Nectanebus était venu en tant que savant à la cour de son père et il se rappela que certains prétendaient que c’était son père et qu’il l’avait tué. (120, 1-9 ; 21-25)

Quand ils apprirent qu’Alexandre approchait de la cité, ils se mirent en file selon l’ordre de l’évêque, puis ils sortirent tous de la cité jusqu’au lieu ci-dessus. Les prêtres, qui conduisaient le peuple, étaient parés d’étoles somptueuses, tandis que l’évêque les précédait, vêtu somptueusement, paré d’une étole splendide et portant sur sa tête une mitre ornée et enrichie de pierres précieuses. Depuis le lieu où ils étaient arrêtés, on pouvait bien voir la cité de Jérusalem. (121, 19-28)

Fol. 97v
Fol. 98 : En Egypte, Alexandre s’arrête devant la statue de Nectanebus - Une procession conduite par l’évêque Jadus sort de Jérusalem
 

En Egypte, Alexandre s’arrête devant la statue de Nectanebus - Une procession conduite par l’évêque Jadus sort de Jérusalem

Plus de détails sur la page

Alexandre à Jérusalem
La légende du héros macédonien se rendant à Jérusalem se forme dès le Ier  siècle avant J.C. On la trouve chez Flavius Josèphe, un historien juif autour des Antiquités Judaïques, dans une variante du roman d’Alexandre grec du Pseudo-Callisthène et dans un texte rabbinique. Elle raconte comment Alexandre honore le Grand Prêtre juif et offre un sacrifice à leur Dieu. Wauquelin la reprend volontiers, car elle lui permet de christianiser le héros. Il présente en effet un héros qui choisit de s’écarter du paganisme antique à cause du soutien que lui promet, au cours d’une vision nocturne, Dieu le Père en échange de sa conversion à une religion monothéiste.         

En Egypte, Alexandre s’arrête devant la statue de Nectanebus - Une procession conduite par l’évêque Jadus sort de Jérusalem
Fol. 97v

Fol. 97v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Tandis qu’Alexandre chevauchait dans le pays d’Egypte, il trouva une statue en pierre noire qui représentait un roi. Quand il la vit, il demanda aux autochtones ce qu’elle représentait et à quoi elle servait. On lui répondit : "Très redouté empereur, c’est vérité que jadis, il n’y a pas très longtemps, il y avait un roi dans ce pays, qui s’appelait Nectanebus, un homme connaisseur de tous les arts magiques, ainsi qu’en astronomie céleste et terrestre." […] Quand Alexandre entendit rappeler cela, il hocha la tête ; il se souvint comment ce Nectanebus était venu en tant que savant à la cour de son père et il se rappela que certains prétendaient que c’était son père et qu’il l’avait tué. (120, 1-9 ; 21-25)

Quand ils apprirent qu’Alexandre approchait de la cité, ils se mirent en file selon l’ordre de l’évêque, puis ils sortirent tous de la cité jusqu’au lieu ci-dessus. Les prêtres, qui conduisaient le peuple, étaient parés d’étoles somptueuses, tandis que l’évêque les précédait, vêtu somptueusement, paré d’une étole splendide et portant sur sa tête une mitre ornée et enrichie de pierres précieuses. Depuis le lieu où ils étaient arrêtés, on pouvait bien voir la cité de Jérusalem. (121, 19-28)

Fol. 97v
Fol. 98 : En Egypte, Alexandre s’arrête devant la statue de Nectanebus - Une procession conduite par l’évêque Jadus sort de Jérusalem
 

En Egypte, Alexandre s’arrête devant la statue de Nectanebus - Une procession conduite par l’évêque Jadus sort de Jérusalem

Plus de détails sur la page

Alexandre à Jérusalem
La légende du héros macédonien se rendant à Jérusalem se forme dès le Ier  siècle avant J.C. On la trouve chez Flavius Josèphe, un historien juif autour des Antiquités Judaïques, dans une variante du roman d’Alexandre grec du Pseudo-Callisthène et dans un texte rabbinique. Elle raconte comment Alexandre honore le Grand Prêtre juif et offre un sacrifice à leur Dieu. Wauquelin la reprend volontiers, car elle lui permet de christianiser le héros. Il présente en effet un héros qui choisit de s’écarter du paganisme antique à cause du soutien que lui promet, au cours d’une vision nocturne, Dieu le Père en échange de sa conversion à une religion monothéiste.         

En Egypte, Alexandre s’arrête devant la statue de Nectanebus - Une procession conduite par l’évêque Jadus sort de Jérusalem
Fol. 100v : Alexandre reçoit les messagers de Darius  
 

Fol. 100v : Alexandre reçoit les messagers de Darius  
 

Plus de détails sur la page

Les lettres d'Alexandre
Le roman bourguignon compte un grand nombre de lettres, portées par des messagers. Elles sont issues du roman grec du pseudo-Callisthène où elles jouaient un très grand rôle. Chacun des deux livres accueille en effet douze lettres. L’envoi d’une lettre s’accompagnant en général d’une réponse, ce système d’échange épistolaire entre deux correspondants ne manque pas de structurer la narration. La lettre envoyée par Darius à Alexandre appartient à un groupe de missives qui jouent le rôle d’un prélude destiné à annoncer et à préparer une bataille future. Elles obéissent toutes à un même scénario : le chef du royaume qui vient d’être envahi par l’armée macédonienne envoie à son chef une lettre vibrante de colère indignée et d’orgueil bafoué pour l’enjoindre à faire marche arrière sous peine de représailles. Aux arguments de cette première lettre, Alexandre répond point par point avec beaucoup d’habileté et d’ironie, avant de réaffirmer sa volonté de conquête. Ces lettres sont donc l’occasion de démontrer l’intelligence du héros et sa subtilité rhétorique.

Fol. 100v : Alexandre reçoit les messagers de Darius  
 
Fol. 101r

 

Fol. 101r

 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Après avoir entendu le contenu de la lettre dessus dite, les chevaliers du roi Alexandre furent si bouleversés de colère que certains d’entre eux tirèrent leurs couteaux, dont ils voulurent frapper les messagers du roi Darius. Et si le vaillant roi Alexandre n’avait pas été là, ils les auraient aussitôt tués, mais il s’interposa en disant : "Mes très chers amis et compagnons, que le contenu de cette lettre ne vous trouble pas, je vous le demande." […] Ces messagers étaient donc arrêtés et saisis par les chevaliers devant dits. Alexandre leur dit encore : "Mes très chers amis et compagnons, Darius a envoyé dans cette région ; il leur a confié ses lettres parce qu’il ignorait quelle était notre grandeur et notre condition, c’est pouquoi il faut qu’ils retournent auprès de leur roi pour accroître notre gloire et notre grandeur. Je vous demande donc de les laisser tranquilles et même de leur rendre des honneurs, non pour l’honorer lui, mais pour nous honorer." (124, 1-26)

Fol. 101r

 
Fol. 100v : Alexandre reçoit les messagers de Darius  
 

Fol. 100v : Alexandre reçoit les messagers de Darius  
 

Plus de détails sur la page

Les lettres d'Alexandre
Le roman bourguignon compte un grand nombre de lettres, portées par des messagers. Elles sont issues du roman grec du pseudo-Callisthène où elles jouaient un très grand rôle. Chacun des deux livres accueille en effet douze lettres. L’envoi d’une lettre s’accompagnant en général d’une réponse, ce système d’échange épistolaire entre deux correspondants ne manque pas de structurer la narration. La lettre envoyée par Darius à Alexandre appartient à un groupe de missives qui jouent le rôle d’un prélude destiné à annoncer et à préparer une bataille future. Elles obéissent toutes à un même scénario : le chef du royaume qui vient d’être envahi par l’armée macédonienne envoie à son chef une lettre vibrante de colère indignée et d’orgueil bafoué pour l’enjoindre à faire marche arrière sous peine de représailles. Aux arguments de cette première lettre, Alexandre répond point par point avec beaucoup d’habileté et d’ironie, avant de réaffirmer sa volonté de conquête. Ces lettres sont donc l’occasion de démontrer l’intelligence du héros et sa subtilité rhétorique.

Fol. 100v : Alexandre reçoit les messagers de Darius  
 
Fol. 101r

 

Fol. 101r

 

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Après avoir entendu le contenu de la lettre dessus dite, les chevaliers du roi Alexandre furent si bouleversés de colère que certains d’entre eux tirèrent leurs couteaux, dont ils voulurent frapper les messagers du roi Darius. Et si le vaillant roi Alexandre n’avait pas été là, ils les auraient aussitôt tués, mais il s’interposa en disant : "Mes très chers amis et compagnons, que le contenu de cette lettre ne vous trouble pas, je vous le demande." […] Ces messagers étaient donc arrêtés et saisis par les chevaliers devant dits. Alexandre leur dit encore : "Mes très chers amis et compagnons, Darius a envoyé dans cette région ; il leur a confié ses lettres parce qu’il ignorait quelle était notre grandeur et notre condition, c’est pouquoi il faut qu’ils retournent auprès de leur roi pour accroître notre gloire et notre grandeur. Je vous demande donc de les laisser tranquilles et même de leur rendre des honneurs, non pour l’honorer lui, mais pour nous honorer." (124, 1-26)

Fol. 101r

 
Fol. 103v

Fol. 103v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Cette même nuit, tandis qu’Alexandre allongé dans son lit pensait à son affaire, il s’endormit. Pendant son sommeil, le dieu Ammon lui apparut en songe ; sous l’apparence du dieu Mercure, habillé avec des vêtements royaux identiques à ceux que les rois de Macédoine portaient en ce temps, Ammon dont Nectanebus avait dit autrefois qu’il était le père d’Alexandre, s’adressa ainsi à Alexandre : "Mon très cher fils, Alexandre, quand tu auras besoin d’aide, je suis prêt à te la fournir. Je te dis donc que tu veux envoyer ton message au roi Darius. Veille à ce que personne d’autre que toi ne s’en charge." (130, 1-12)

Fol. 103v
Fol. 104 : Le dieu Ammon vient visiter Alexandre en rêve
 

Fol. 104 : Le dieu Ammon vient visiter Alexandre en rêve
 

Plus de détails sur la page

Un élu des dieux
On peut rapprocher cette "visite" du dieu Ammon à Alexandre et un épisode postérieur dans le roman, où Alexandre rêve aussi d’Ammon pendant la guerre qu’il mène contre le roi Ambrya. Le dieu lui donne, alors qu’il dort, une herbe capable de guérir les blessés de son armée. Ces deux "visites" ainsi que les autres scènes oniriques où un dieu se manifeste à Alexandre ont pour finalité de montrer que le héros est un élu, privilégié par la divinité qui l’assure de son soutien.

Fol. 104 : Le dieu Ammon vient visiter Alexandre en rêve
 
Fol. 103v

Fol. 103v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Cette même nuit, tandis qu’Alexandre allongé dans son lit pensait à son affaire, il s’endormit. Pendant son sommeil, le dieu Ammon lui apparut en songe ; sous l’apparence du dieu Mercure, habillé avec des vêtements royaux identiques à ceux que les rois de Macédoine portaient en ce temps, Ammon dont Nectanebus avait dit autrefois qu’il était le père d’Alexandre, s’adressa ainsi à Alexandre : "Mon très cher fils, Alexandre, quand tu auras besoin d’aide, je suis prêt à te la fournir. Je te dis donc que tu veux envoyer ton message au roi Darius. Veille à ce que personne d’autre que toi ne s’en charge." (130, 1-12)

Fol. 103v
Fol. 104 : Le dieu Ammon vient visiter Alexandre en rêve
 

Fol. 104 : Le dieu Ammon vient visiter Alexandre en rêve
 

Plus de détails sur la page

Un élu des dieux
On peut rapprocher cette "visite" du dieu Ammon à Alexandre et un épisode postérieur dans le roman, où Alexandre rêve aussi d’Ammon pendant la guerre qu’il mène contre le roi Ambrya. Le dieu lui donne, alors qu’il dort, une herbe capable de guérir les blessés de son armée. Ces deux "visites" ainsi que les autres scènes oniriques où un dieu se manifeste à Alexandre ont pour finalité de montrer que le héros est un élu, privilégié par la divinité qui l’assure de son soutien.

Fol. 104 : Le dieu Ammon vient visiter Alexandre en rêve
 
Fol. 105v : Alexandre, déguisé en dieu Ammon, est reçu par Darius III
 

Fol. 105v : Alexandre, déguisé en dieu Ammon, est reçu par Darius III

Plus de détails sur la page

Le vol des coupes en or par Alexandre
Le héros réussit à jouer un bon tour à Darius, puisqu’il a non seulement l’audace de profiter de son hospitalité, mais aussi l’espièglerie de dérober sous son propre toit des coupes à vin en alléguant que c’est là une coutume macédonienne. Cet épisode à tonalité comique prend aussi une dimension plus symbolique dont le premier indice serait la nature du déguisement emprunté par Alexandre, celui du dieu Ammon, lui-même travesti en Mercure. En effet, c’est après avoir pris l’apparence d’Ammon/Mercure qu’Alexandre vole les coupes à vin. L’objet du larcin n’est pas indifférent. Associée au dieu Mercure, la coupe est le récipient cultuel par excellent, celui qui permet de recueillir les métaux les plus précieux, dont l’ "eau d’Hermès" à partir de laquelle les alchimistes composaient la pierre philosophale. A l’intérieur de la coupe se produit la transmutation du plomb de la matière en or spirituel. Le vol d’Alexandre pourrait ainsi signifier qu’Alexandre/Mercure progresse sur la voie de l’évolution intérieure tandis que Darius ignore l’existence même du chemin à parcourir.

Fol. 105v : Alexandre, déguisé en dieu Ammon, est reçu par Darius III
Fol. 106r

Fol. 106r

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Quand ce fut le moment de souper, les tables furent installées ; le roi Darius s’assit, puis il demanda au roi Alexandre de s’asseoir en face de lui. On leur apporta des plats variés, en grande quantité, et ils se mirent à manger. Tandis qu’il mangeait, Alexandre se disait : "Assurément, d’après ce que je vois, ce royaume m’appartiendra." […] Alors qu’ils mangeaient, l’échanson apporta à boire pour les princes dans des coupes en or ; il en plaça une devant son seigneur et une devant le roi Alexandre, qui la prit alors et but. Quand il eut terminé, il mit sur sa poitrine la coupe, qui était très précieuse, car elle était couverte de pierres précieuses. L’échanson, qui remarqua cela, lui en présenta une autre, et il fit de même et également de la troisième. (132, 4-9 ; 14-21)

Fol. 106r
Fol. 105v : Alexandre, déguisé en dieu Ammon, est reçu par Darius III
 

Fol. 105v : Alexandre, déguisé en dieu Ammon, est reçu par Darius III

Plus de détails sur la page

Le vol des coupes en or par Alexandre
Le héros réussit à jouer un bon tour à Darius, puisqu’il a non seulement l’audace de profiter de son hospitalité, mais aussi l’espièglerie de dérober sous son propre toit des coupes à vin en alléguant que c’est là une coutume macédonienne. Cet épisode à tonalité comique prend aussi une dimension plus symbolique dont le premier indice serait la nature du déguisement emprunté par Alexandre, celui du dieu Ammon, lui-même travesti en Mercure. En effet, c’est après avoir pris l’apparence d’Ammon/Mercure qu’Alexandre vole les coupes à vin. L’objet du larcin n’est pas indifférent. Associée au dieu Mercure, la coupe est le récipient cultuel par excellent, celui qui permet de recueillir les métaux les plus précieux, dont l’ "eau d’Hermès" à partir de laquelle les alchimistes composaient la pierre philosophale. A l’intérieur de la coupe se produit la transmutation du plomb de la matière en or spirituel. Le vol d’Alexandre pourrait ainsi signifier qu’Alexandre/Mercure progresse sur la voie de l’évolution intérieure tandis que Darius ignore l’existence même du chemin à parcourir.

Fol. 105v : Alexandre, déguisé en dieu Ammon, est reçu par Darius III
Fol. 106r

Fol. 106r

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Quand ce fut le moment de souper, les tables furent installées ; le roi Darius s’assit, puis il demanda au roi Alexandre de s’asseoir en face de lui. On leur apporta des plats variés, en grande quantité, et ils se mirent à manger. Tandis qu’il mangeait, Alexandre se disait : "Assurément, d’après ce que je vois, ce royaume m’appartiendra." […] Alors qu’ils mangeaient, l’échanson apporta à boire pour les princes dans des coupes en or ; il en plaça une devant son seigneur et une devant le roi Alexandre, qui la prit alors et but. Quand il eut terminé, il mit sur sa poitrine la coupe, qui était très précieuse, car elle était couverte de pierres précieuses. L’échanson, qui remarqua cela, lui en présenta une autre, et il fit de même et également de la troisième. (132, 4-9 ; 14-21)

Fol. 106r
Fol. 107r

Fol. 107r

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
L’histoire dit que le roi Alexandre pouvait avoir environ trois mille cinq cents cavaliers et trente mille fantassins. Le roi Darius avait en première ligne une catégorie d’éléphants qui portaient des nacelles en bois sur leur dos, où elles étaient attachées avec adresse ; dans ces nacelles, il y avait des soldats qui tenaient dans leurs mains une sorte de bâtons recourbés, en pur acier, tranchants comme une faux. Et cette catégorie d’éléphants étaient placés à l’avant parce que, dès qu’ils seraient piqués par l’arrière, ils devaient charger contre les troupes du roi Alexandre et tout renverser sur leur passage. (136, 13-23)

Fol. 107r
La bataille du Granique, première bataille entre les Macédoniens et les Perses

Fol. 108 : La bataille du Granique, première bataille entre les Macédoniens et les Perses
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
D’après les historiens antiques Arrien (Anabase), Diodore de Sicile (Bibliothèque historique), Plutarque (Vies parallèles), Quinte Curce (Alexandre), il y eut, comme on le trouve dans le roman de Wauquelin, trois affrontements qui opposèrent les Macédoniens et leurs alliés grecs aux Perses. Le premier correspond à la bataille du Granique qui eut lieu en mai 334 avant J.-C.. Les généraux perses avaient fait masser leur cavalerie sur la berge escarpée du fleuve Granique (actuel Bigha Tschai coulant en Turquie), ce qui conduit à bloquer leurs forces vite défaites. Les éléphants de guerre ne furent pas utilisés dans ce combat.
Le second combat eut lieu en novembre 333 avant J.-C. près d’Issos. L’armée macédonienne remporte une victoire décisive sur l’armée perse, pour la première fois commandée par Darius III en personne.
La bataille de Gaugamèles enfin, le 1er octobre 331 avant J.-C., marque la victoire décisive d’Alexandre le Grand. C’est lors de ce dernier affrontement seulement que, selon les témoignages des historiens, Darius recourut à quinze éléphants de guerre

Les éléphants de guerre participèrent à certains combats de l’Antiquité. Ils avaient pour rôle de piétiner les ennemis et de désorganiser les bataillons, mais aussi d’inspirer la peur. Les premières utilisations militaires ont lieu en Inde, puis l’usage des éléphants de guerre migre vers la Perse. La bataille de Gaugamèles est sans doute la première confrontation des Européens avec les mastodontes. A l’issue de cette bataille, Alexandre incorpore un certain nombre d’éléphants dans sa propre armée. 

Fol. 108 : La bataille du Granique, première bataille entre les Macédoniens et les Perses
 
Fol. 107r

Fol. 107r

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
L’histoire dit que le roi Alexandre pouvait avoir environ trois mille cinq cents cavaliers et trente mille fantassins. Le roi Darius avait en première ligne une catégorie d’éléphants qui portaient des nacelles en bois sur leur dos, où elles étaient attachées avec adresse ; dans ces nacelles, il y avait des soldats qui tenaient dans leurs mains une sorte de bâtons recourbés, en pur acier, tranchants comme une faux. Et cette catégorie d’éléphants étaient placés à l’avant parce que, dès qu’ils seraient piqués par l’arrière, ils devaient charger contre les troupes du roi Alexandre et tout renverser sur leur passage. (136, 13-23)

Fol. 107r
La bataille du Granique, première bataille entre les Macédoniens et les Perses

Fol. 108 : La bataille du Granique, première bataille entre les Macédoniens et les Perses
 

Plus de détails sur la page

Au regard de l’histoire
D’après les historiens antiques Arrien (Anabase), Diodore de Sicile (Bibliothèque historique), Plutarque (Vies parallèles), Quinte Curce (Alexandre), il y eut, comme on le trouve dans le roman de Wauquelin, trois affrontements qui opposèrent les Macédoniens et leurs alliés grecs aux Perses. Le premier correspond à la bataille du Granique qui eut lieu en mai 334 avant J.-C.. Les généraux perses avaient fait masser leur cavalerie sur la berge escarpée du fleuve Granique (actuel Bigha Tschai coulant en Turquie), ce qui conduit à bloquer leurs forces vite défaites. Les éléphants de guerre ne furent pas utilisés dans ce combat.
Le second combat eut lieu en novembre 333 avant J.-C. près d’Issos. L’armée macédonienne remporte une victoire décisive sur l’armée perse, pour la première fois commandée par Darius III en personne.
La bataille de Gaugamèles enfin, le 1er octobre 331 avant J.-C., marque la victoire décisive d’Alexandre le Grand. C’est lors de ce dernier affrontement seulement que, selon les témoignages des historiens, Darius recourut à quinze éléphants de guerre

Les éléphants de guerre participèrent à certains combats de l’Antiquité. Ils avaient pour rôle de piétiner les ennemis et de désorganiser les bataillons, mais aussi d’inspirer la peur. Les premières utilisations militaires ont lieu en Inde, puis l’usage des éléphants de guerre migre vers la Perse. La bataille de Gaugamèles est sans doute la première confrontation des Européens avec les mastodontes. A l’issue de cette bataille, Alexandre incorpore un certain nombre d’éléphants dans sa propre armée. 

Fol. 108 : La bataille du Granique, première bataille entre les Macédoniens et les Perses
 
Fol. 109v


 


 
Fol. 110 : Darius III dicte des lettres pour Porus
 

Fol. 110 : Darius III dicte des lettres pour Porus

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Darius donna l’ordre d’écrire sa lettre sous la forme suivante : "Au très excellent et puissant souverain Porus, le roi d’Inde, Darius, le roi de Perse, qui souhaite son bien, son honneur et sa joie. Nous vous informons qu’un certain Alexandre, qui dit être le fils du roi Philippe de Macédoine, notre sujet, est entré avec une grande foule de vauriens sur notre territoire, en Perse, qu’il l’a déjà gravement dévasté, pillé et saccagé et qu’il a tué plusieurs de nos chevaliers et de nos vaillants soldats. Il semble qu’il lui importe peu de faire couler le sang d’un homme : vous devez bien le savoir du fait de la mort de votre père, de vos frères et de vos amis les plus proches. C’est pourquoi, nous vous demandons, à vous qui êtes notre ami intime, notre cousin et vrai frère d’armes, de nous aider en nous envoyant des troupes, comme vous pourrez le faire, afin que nous puissions montrer à cet Alexandre par l’exemple d’un combat qu’une guerre entreprise par orgueil ne peut aboutir à rien de bon et qu’il est très difficile de chevaucher contre l’aiguillon. Que le dieu souverain Jupiter accroisse votre honneur et votre triomphe et qu’il vous donne santé et joie." Cette lettre fut donc écrite et l’on prépara ensuite les messagers à qui l’on donna l’ordre de partir en Inde, le plus vite possible, et d’avancer jusqu’à ce qu’ils trouvent le roi Porus pour lui présenter de sa part, le roi Darius, cette lettre. (138, 15-38)

Fol. 110 : Darius III dicte des lettres pour Porus
Fol. 109v


 


 
Fol. 110 : Darius III dicte des lettres pour Porus
 

Fol. 110 : Darius III dicte des lettres pour Porus

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Darius donna l’ordre d’écrire sa lettre sous la forme suivante : "Au très excellent et puissant souverain Porus, le roi d’Inde, Darius, le roi de Perse, qui souhaite son bien, son honneur et sa joie. Nous vous informons qu’un certain Alexandre, qui dit être le fils du roi Philippe de Macédoine, notre sujet, est entré avec une grande foule de vauriens sur notre territoire, en Perse, qu’il l’a déjà gravement dévasté, pillé et saccagé et qu’il a tué plusieurs de nos chevaliers et de nos vaillants soldats. Il semble qu’il lui importe peu de faire couler le sang d’un homme : vous devez bien le savoir du fait de la mort de votre père, de vos frères et de vos amis les plus proches. C’est pourquoi, nous vous demandons, à vous qui êtes notre ami intime, notre cousin et vrai frère d’armes, de nous aider en nous envoyant des troupes, comme vous pourrez le faire, afin que nous puissions montrer à cet Alexandre par l’exemple d’un combat qu’une guerre entreprise par orgueil ne peut aboutir à rien de bon et qu’il est très difficile de chevaucher contre l’aiguillon. Que le dieu souverain Jupiter accroisse votre honneur et votre triomphe et qu’il vous donne santé et joie." Cette lettre fut donc écrite et l’on prépara ensuite les messagers à qui l’on donna l’ordre de partir en Inde, le plus vite possible, et d’avancer jusqu’à ce qu’ils trouvent le roi Porus pour lui présenter de sa part, le roi Darius, cette lettre. (138, 15-38)

Fol. 110 : Darius III dicte des lettres pour Porus
Fol. 112v

Fol. 112v

Plus de détails sur la page

Extrait du texte :
Tandis que Darius était sur le champ de bataille et qu’il voyait partout mourir ses soldats, il en fut si affligé qu’il ne savait comment se comporter. De plus, il se rendit compte que les troupes du roi Alexandre s’étaient déjà tant rapprochées en abattant ses hommes qu’elles étaient près de lui fondre dessus. Il éperonna son cheval sans rien dire et se mit à fuir, si discrètement que quelques-uns seulement de ses chevaliers s’en aperçurent. Cependant, plusieurs l’accompagnèrent dans sa fuite, de sorte que tout son bataillon fut vaincu et que presque tous ses hommes se laissèrent prendre et tuer comme des moutons. Selon l’histoire, il y eut dans cette bataille trente mille fantassins tués du côté perse, dix mille cavaliers et encore bien quarante mille prisonniers, aussi bien des hommes que des femmes, car la mère, la femme, deux sœurs et deux enfants du roi Darius furent faits prisonniers. Touefois, vous ne devez pas penser que, même si Alexandre avait gagné le combat, il ne subit pas de grands dommages, car selon notre histoire il perdit lors de cette seconde bataille sept mille cavaliers et sept mille fantassins. (143, 24-45)

Fol. 112v
Fol. 113 : La bataille d’Issos, deuxième bataille entre les Macédoniens et les Perses
 

Fol. 113 : La bataille d’Issos, deuxième bataille entre les Macédoniens et les Perses
 

Plus de détails sur la page