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Qu’en est-il de l’application de la loi de 1905 dans les colonies françaises ?

Coran d'Abd el-Kader
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Lorsqu’il est question d’appliquer la loi de 1905 dans les colonies françaises et les territoires d’outre-mer, de nombreuses questions surgissent et opposent les législateurs et les théoriciens de tous bords. En principe la loi, considérée comme une avancée civilisatrice, est de portée universelle. Mais peut-on l’« exporter » en
faisant fi des cultures et de l’histoire de chaque pays ? La laïcité est-elle souhaitée par les populations vivant dans les zones d’influence de la France ?

Entre l’idéal politique et le principe de réalité d’occupation coloniale, la réponse va être tranchée au profit de l’intérêt économique et géopolitique. En effet, laisser les autochtones libres de vivre leur religion en toute conscience reviendrait à donner trop de liberté à des individus souvent considérés comme des citoyens de seconde zone, sans véritables droits. La France va encourager ceux qui lui sont favorables, au détriment des grands principes républicains.

À l’échelle de l’empire colonial français ont donc été intégrées des mesures permettant des « adaptations » de la loi de 1905 et qui, dans la plupart des cas, finissent par vider la loi même de son sens. Comme le dit Jean Baubérot dans son article Outre-mer et séparation : Quel universalisme républicain ?, « La laïcité est restée un principe abstrait pour les colonisés, au même titre que les droits de l’homme l’ont été pour les femmes pendant des décennies ».

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