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Le Livre d’heures de Marguerite d’Orléans
 

La page des lettres éparpillées
Le Christ comparaissant devant Ponce Pilate
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La marge
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Le père
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Pilate
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Le Christ
 
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Les armoiries
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La prière
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Cherchez le O
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La corbeille pleine
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Les paysans
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Les fleurs
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L’arbre
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Un livre d’heures est un recueil contenant les prières et les rituels qui rythment les heures de la journée e le calendrier annuel des fidèles selon la liturgie catholique.
Celui de Marguerite d’Orléans est peut-être un cadeau de mariage commandé en 1426 par son époux, Richard d’Étampes.

À une époque où les livres étaient rares et où l’ensemble de la société était structuré autour de la religion, les textes et illustrations des livres d’heures présentaient pour la noblesse une fonction culturelle et pédagogique. Aussi les marges de certains livres d’’heures foisonnent-elles d’illustrations relatives à la vie aristocratique, à la politique ou aux voyages lointains.
Ils pouvaient aussi servir aux enfants pour l’apprentissage de la lecture et l’initiation à l’histoire sainte.

Certains comportaient d’ailleurs un alphabet en fin de volume, accompagné des prières les plus importantes.
Tel n’est pas le cas du livre d’heures de Marguerite d’Orléans. Mais à travers la page aux lettres éparpillées, une mère pouvait apprendre l’alphabet à ses enfants sous forme de jeu.

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Le Christ comparaissant devant Ponce Pilate

Livre d’heures de Marguerite d’Orléans

Un livre d’heures est un recueil d’offices contenant plusieurs messes, en général la messe en l’honneur de la Vierge, la messe des défunts, ainsi que les psaumes de pénitence. Le Livre d’heures de Marguerite d’Orléans contient de surcroît des heures de la Croix et du Saint-Esprit, et les suffrages des saints, qui sont l’occasion d’un portrait de saint à chaque page.

À une époque où les livres étaient rares et où l’ensemble de la société était structuré autour de la religion, les textes et illustrations des livres d’heures présentaient pour la noblesse une fonction culturelle et pédagogique. Aussi, les marges des livres d’heures foisonnaient-elles d’illustrations relatives à la vie aristocratique, à la politique ou aux voyages lointains. Ils pouvaient également servir aux enfants pour l’apprentissage de la lecture et l’initiation à l’histoire sainte. Certains comportaient d’ailleurs un alphabet en fin de volume, accompagné des prières les plus importantes. Tel n’est pas le cas du livre d’heures de Marguerite d’Orléans. Mais à travers cette page aux lettres éparpillées, une mère pouvait apprendre l’alphabet à ses enfants sous forme de jeu. Invitation à la lecture, cette page est aussi pour le chrétien un encouragement au déchiffrement du message divin dans un jeu subtil entre texte et image.

La marge

Le désordre des lettres gothiques rouges et noires, pouvait être prétexte à divers jeux d’apprentissage de l’alphabet : chercher une lettre manquante, repérer des séquences alphabétiques, composer le nom de Marguerite…
Cet âge pouvait donc servir à l’apprentissage de la lecture.
C’est d’ailleurs la seule page du livre où le fond de l’enluminure st peint en or, et c’est sur fond or que l’on composait communément des alphabets destinés aux enfants princiers. Pour les nobles chrétiens, l’or représente ici le miel de la connaissance. Le message à déchiffrer s’adresse en effet à tout chrétien, à jamais apprenti-lecteur de l’Écriture.

Le père

Dieu le Père domine la scène, rappelant par-là que la mort et la résurrection de son fils sont écrites de toute éternité. Cet accomplissement de l'Écriture bouleverse l'ordre du monde et s’offre à la lecture du chrétien comme un insondable mystère que traduit dans la marge le désordre des lettres.

Pilate

La peinture illustre une page des Heures de la Croix, qui sont l’occasion de présenter au lecteur les épisodes de la Passion du Christ : son arrestation, le face à face avec Pilate, le portement de croix et la crucifixion. L’artiste représente ici la scène conventionnelle de l’interrogatoire du Christ par Pilate.

Le Christ
 

Debout, à droite, Jésus prisonnier attend, les poignets attachés, les pieds nus, que l'Écriture s'accomplisse. Il se tait. Son visage semble plongé dans une ardente prière silencieuse.

Les armoiries

Dans la lettre D, les armoiries d’argent semés d’hermine rappellent que Richard d’Étampes, fils cadet de Jean V de Montfort et époux de Marguerite, appartient à la lignée des Ducs de Bretagne.

La prière

Cette prière fait partie des leçons de lecture des enfants au Moyen-âge. La prière est écrite dans un caractère gothique dit « textura » ou « lettres de forme ». Utilisé depuis le 13e siècle, surtout dans les ouvrages liturgiques, il servira de modèle pour l’impression des premières bibles de Gutenberg. Cette écriture semble « moulée », et ses blocs de lettres fermées et ses lignes rigides ne facilitent pas la lisibilité. Les extrémités hautes et basses des caractères dessinent des pointes d’allure gothique.

Cherchez le O

Où est donc le O ? Apparemment absent dans l'éparpillement des lettres, il saute pourtant aux yeux. Il y en a très exactement sept : les sept couronnes d’osier entrelacées de fleurs. La réponse était plus évidente pour les enfants du Moyen-âge qui apprenaient par cœur une série de prières appelées « les sept O » : sept oraisons en l’honneur de la Vierge, commençant toutes par l’invocation « O ! ». Le O peut être aussi « d’Orléans », hommage répété à la propriétaire du livre.

La corbeille pleine

Dessinée à côté du Christ, la seule corbeille pleine contient sept lettres, le chiffre divin. Si l’on soustrait ce groupe de sept, les lettres éparpillées dans la marge sont au nombre de 153 : le nombre de poissons pris lors de la pêche miraculeuse, après la Résurrection. Au travers de ces signes, la marge s’offre comme une invitation à recomposer un message enfoui dans le désordre des lettres.

Les paysans

Dans la marge, deux couples de paysans récoltent des lettres éparpillées comme par un grand souffle de vent : les femmes les poussent vers des paniers d’osier tandis que les hommes les recueillent au creux de leurs tabliers. Si l'on se souvient qu'en latin « legere » signifie cueillir, glaner, mais aussi lire, cette scène de cueillette est aussi une invite à la lecture d'un message.

Les fleurs

La couleur dominante des fleurs et des fruits est le rouge, couleur de sang, en alternance avec le blanc. Les pétales ronds des fleurs et les fraises sont comme les gouttes du sang du Christ, les pétales blancs comme sa sueur et comme le baume salvateur qui jaillit également de ses plaies. Ces fleurs renvoient aussi à Marguerite elle-même, la propriétaire de l’ouvrage.

L’arbre

Cet arbre mort évoque la Résurrection : il reverdit en trois rameaux, à l’image de la Trinité. La corbeille vide posée à droite de l’arbre rappelle le tombeau laissé par le Christ ressuscité.