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Nomade d’Afrique et le seigneur de Guinée

Atlas catalan
Nomade d’Afrique et le seigneur de Guinée
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Dans sa description de l’Afrique, l’Atlas catalan se démarque profondément des représentations traditionnelles du monde. Jusqu’à la fin du 13e siècle, les mappemondes médiévales la présentaient comme « mineure en tout ». Le point de vue a ici radicalement changé. D’enclose sur elle-même, murée dans sa solitude désolée, l’Afrique est devenue un espace ouvert que l’expédition de Jaime Ferrer, après celle des frères Vivaldi en 1291, s’apprêtait à explorer en franchissant le cap Non, interprété comme la ligne de partage entre le monde connu et inconnu. L’Afrique devient aussi un espace où se nouent des relations commerciales illustrées par la carte qui énumère les points de départ et d’aboutissement des routes de l’or et du sel.

« C’est ici que commence l’Afrique, qui se termine à Alexandrie et Babylone. Elle part d’ici et comprend toute la côte de Barbarie en allant vers Alexandrie, et vers le midi, vers l’Éthiopie et l’Égypte. On trouve dans ce pays beaucoup d’ivoire, à cause de la multitude des éléphants nés dans le pays, qui arrivent ici sur les plages. Tout ce pays est occupé par des gens qui sont enveloppés, de sorte qu’on ne leur voit que les yeux, et ils campent sous des tentes, et chevauchent sur des chameaux. Il y a des animaux qui portent le nom de Lemp, du cuir desquels on fait les bonnes targes. » Le seigneur de Guinée est, pour sa part décrit comme suit : « Ce seigneur nègre est appelé Mussé Melly, seigneur des nègres de Guinée. Ce roi est le plus riche et le plus illustre seigneur de tout le pays, à cause de la grande abondance d’or qu’on recueille sur ses terres. »

Du 11e au 16e siècle se sont développés en Afrique de l’Ouest des empires soudanais médiévaux. Le terme « soudanais » renvoie au mot arabe al-Sûdân, qui désigne les Noirs. Ces empires se sont enrichis en s’intégrant aux circuits marchands arabo-berbères transsahariens au sein desquels l’or et les esclaves jouent un rôle central de monnaies d’échange.

Mansa Moussa, connu aussi sous le nom de Kangou Moussa ou Moussa Mali, dixième « mansa » (roi) du Mali, règne entre 1312 et 1332. Considéré à l’époque comme l’homme le plus riche du monde, il porte à son apogée l’empire du Mali constitué de territoires ayant appartenu aux anciens empires du Ghana et des Songhaï. Moussa établit des relations diplomatiques suivies avec le Portugal, l’Égypte, la Turquie et le Maroc. Son pèlerinage à la Mecque en 1324 a marqué les mémoires : sa suite comprend 60 000 hommes et 12 000 esclaves. Des récits parlent aussi de 80 dromadaires portant entre 50 et 300 livres d’or en poudre chacun.

Bibliothèque nationale de France

  • Date
    1375
  • Auteur(es)
    Attribué à Abraham Cresques
  • Description technique
    Manuscrit enluminé sur parchemin, 12 demi-feuilles de 64 x 25 cm chacune
  • Provenance

    BnF, département des Manuscrits, ESPAGNOL 30, Morel-Fatio 119

  • Lien permanent
    ark:/12148/mm5062006093