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Histoire de la rose marine et de l’adolescente de Chine

« Elle vit, dans le bassin d’or pur, sa rose marine »
Histoire de la rose marine et de l’adolescente de Chine
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Nourgihân dérobe donc la rose marine à l’adolescente Visage de Lys, fille du roi de Chine, et rend ainsi la vue à son père. Transplantée dans un bassin d’or, la rose a gardé toute sa splendeur. C’est là que la jeune fille la retrouvera, et dans la foulée, épousera Nourgihân.
La seconde partie de ce récit est pour le roi Zein El-Moulouk l’occasion de broder sur le thème de l’échange d’identité et de l’inversion des rôles entre les sexes. Malgré son harem de cent femmes, un roi n’a pas de descendance. Quand une fille lui naît enfin, sa mère la fait passer pour un garçon afin de ne pas décevoir le père. Au moment où l’on marie le faux garçon, un génie lui propose opportunément d’échanger les attributs de leurs sexes. Le mariage consommé, et un bébé en cours, le faux époux veut reprendre ce qui lui appartient. Mais le génie, qui entre temps a perdu sa virginité et attend un enfant, a changé d’avis et veut rester femme : « Je trouvai même que le plaisir des femmes était bien plus durable et de qualité plus délicate que celui des hommes ».

Nous sommes alors à la 959e nuit. À l’issue de la 1001e nuit toute proche, Shéhérazade apprend au roi Schahriar qu’au cours des trois dernières années, elle lui a donné trois fils. C’est encore Doniazade, sa jeune sœur, qui vient à sa rescousse : « Et maintenant, vas-tu faire couper la tête à la mère de tes enfants ? ». Ayant renoncé à ses projets meurtriers, le roi fait de Doniazade l’épouse de son frère. Voici reconstituée la structure du récit initial : deux frères mariés, mais heureux, délivrés du risque d’adultère et du désir de vengeance. Mais les Nuits ne pouvaient s’achever sans la dictée à des scribes des histoires de Shéhérazade, écrites en lettres d’or et distribués dans le pays entier « pour servir d’enseignement aux générations ». Le Livre des Mille et Une Nuits, parfois surnommé Le Livre sans fin mérite bien cette appellation...

Bibliothèque nationale de France

  • Date
    1926-1932
  • Lieu
    Paris : impr. G. Kadar, édition d’art H. Piazza
  • Auteur(es)
    Traduction littérale et complète du texte arabe par le docteur J.-C. Mardrus. Illustration de Léon Carré, décoration et ornements de Racim Mohammed
  • Description technique
    Mille et Une Nuits, tome 12, in-folio
  • Provenance

    BnF, Réserve de livres rares, Rés. m. Y2. 214 (12)

  • Lien permanent
    ark:/12148/mm128200046p