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J. Coutellier, Carlo Antonio Bertinazzi, dit Carlin, vers 1742

J. Coutellier, Carlo Antonio Bertinazzi, dit Carlin, vers 1742
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Après la mort de l’Arlequin « Thomassin » en 1739, la Comédie-Italienne peine à trouver un successeur qui soit digne de son talent. Antonio Costantini est le nouvel Arlequin désigné par la troupe, mais il est finalement éclipsé par Carlo Antonio Bertinazzi dit « Carlin ». Originaire de Turin, aussi doué pour l’acrobatie que pour la danse, ce comédien fait ses débuts chez les Italiens le 10 avril 1741 : « Comme il ne parlait que très peu et très mal notre langue, il avait choisi habilement pour pièce de début un ouvrage de Riccoboni intitulé Arlequin muet par crainte (Arlequino muto per forza), canevas italien en trois actes dans lequel il n'avait que quelques phrases à prononcer » (Émile Campardon, Les Comédiens du Roi de la troupe italienne pendant les deux derniers siècles : documents inédits recueillis aux Archives Nationales, Paris, Berger-Levrault, 1880, vol. I, p. 42). Avec son eau-forte (vers 1742), J. Coutellier fait donc le portrait de celui qui devient vite l’acteur-vedette de la Comédie-Italienne et rivalise avec la renommée atteinte par Thomassin ou, au 17e siècle, par Domenico Biancolelli. Selon la Correspondance littéraire (décembre 1783, t. XIII), « ce n’est pas la finesse de ses saillies, quoiqu’il lui en soit échappé d’excellentes, qui charmait le plus : c’était l’à-propos de tout ce qu’il imaginait de dire et de faire. […] On pouvait désirer quelquefois plus d’esprit dans son dialogue, mais il est sûr qu’on n’en pouvait mettre davantage dans ses gestes, dans ses mines, dans toutes les inflexions de sa voix. Et n’est-ce pas là surtout qu’il faut chercher le véritable esprit d’un Arlequin ? » Excellent acteur, il est aussi apprécié de ses camarades pour la gaieté de son caractère. Alors qu’en septembre 1779, à la Comédie-Italienne, les pièces italiennes sont supprimées du répertoire et tous les acteurs italiens renvoyés, seul Carlin est « conservé vu ses anciens et bons services pour jouer dans les pièces françaises du Théâtre-Italien les rôles à masques, s’il est possible », ainsi qu’on peut le lire dans un mémoire de 1779 qui fait État des acteurs de la Comédie-Italienne (cité par Pauline Beaucé dans Parodies d’opéra au siècle des Lumières, Rennes, PUR, 2013, p. 222). Il est emporté par une « maladie aiguë » selon la Correspondance littéraire, après avoir « paru encore au théâtre peu de jours auparavant ». ILD

Mots-clés

  • 18e siècle
  • Théâtre

Bibliothèque nationale de France

  • Date
    Vers 1742
  • Lieu
    Paris
  • Auteur(es)
    Gravure de J. Coutellier
  • Description technique
    Eau-forte et pointillé, 14,5 x 12 cm
  • Provenance

    BnF, département  de la Musique, Est. Bertinazzi 001

  • Lien permanent
    ark:/12148/mm00z68ddbg0n