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Recueil de poésies

Recueil de poésies
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Plus d’un millier de poésies auraient été dénombrées parmi les manuscrits de Dunhuang. Parmi ceux-ci, ce livret fragmentaire de onze feuillets d’une bonne écriture rapide, au format de poche facilement transportable, est manifestement le recueil personnel d’un amateur. 17 des 18 poèmes qu’il contient sont de Bai Juyi (772-846) qui adopta le pseudonyme de "l’ermite de la Montagne parfumée" lorsqu’il se retira près d’un monastère de ce nom. Un seul poème est de Yuan Zhen (779-831), avec qui Bai Juyi partagea de longues années d’amitié. Tous deux composèrent des vers tout en poursuivant la carrière officielle de haut fonctionnaire. Bai Juyi est l’auteur de plusieurs milliers de poèmes et l’un des écrivains les plus notoires de la dynastie des Tang et il connut la célébrité de son vivant comme l’atteste une lettre qu’il écrivit à Yuan Zhen. Sur son passage, les chanteuses le désignaient du doigt, écrivait-il, et où qu’il aille, entre la capitale et la province du Jiangxi, il voyait des copies de ses œuvres. Elles circulaient dans les écoles, les monastères, les auberges et les bateaux, connues et chantées par tous, fonctionnaires, moines, femmes âgées ou jeunes filles. Son succès auprès d’un très large public s’explique par le fait que sa poésie est volontairement accessible et s’exprime dans un langage simple et clair, parfois très direct et peu allusif, mais toujours harmonieusement rythmé.
L’un des textes de ce petit recueil est le célèbre poème satirique Le Vieux Charbonnier, exemplaire des thèmes abordés. François Cheng en a établi la traduction d’après une version actuelle : "Vieux charbonnier, au Mont du Sud, / Coupe du bois et puis le brûle... / Visage couleur de feu, de suie, / Tempes grisonnantes, mains noircies. / À quoi lui sert le peu d’argent gagné ? / Des habits pour son corps, des vivres pour sa bouche. / Quelle pitié ! Son vêtement est si mince, / Et lui, il souhaite un temps encore plus froid. / Cette nuit, la neige est tombée sur la ville : / Dès l’aube, il pousse son chariot sur la route gelée. / À midi, le bœuf est las et l’homme affamé. / Porte du Sud : tous deux se reposent dans la boue. / Qui sont ces cavaliers qui arrivent fringants ? / Un messager en jaune, suivi d’un garçon en blanc. / Un papier officiel dans la main : « Par ordre impérial ! ". / Huant le bœuf, ils tournent le chariot vers le nord. / Une charretée de charbon – plus de mille livres –, / Prise par les gens du Palais : à qui se plaindre ? / Une demi-pièce de gaze, dix pieds de soie légère / Attachés au bœuf : voilà le prix qu’ils te payent ! »

© Bibliothèque nationale de France

  • Date
    Dynastie des Tang, non daté, milieu 9e siècle ?
  • Lieu
    Chine
  • Auteur(es)
    Bai Juyi (772-846) ; Yuan Zhen (779-831)
  • Description technique
    Livret manuscrit incomplet en format de poche de 11 feuilles de papier ; nombre variable de caractères par colonne, 15, 6 x 11 cm
  • Provenance

    BnF, département des Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 2492

  • Lien permanent
    ark:/12148/mm2k6rb69k0xw