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Représentation du Malade imaginaire de Molière

Illustration pour Le Roy Soleil de Gustave Toudouze, p. 37
Représentation du Malade imaginaire de Molière
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« Le théâtre sur lequel Molière joua pour la dernière fois était le théâtre du Palais-Royal, construit par Richelieu pour y faire jouer sa Mirame. Dans l’album intitulé Richelieu, l’on peut voir ce théâtre vu de la salle. On n’avait pas encore inventé la rampe, qui, primitivement, fut une petite barrière destinée à empêcher la chute sur l’orchestre des gentilshommes privilégiés ayant droit de s’asseoir des deux côtés de la scène, et, parfois, plus que gais. Ce ne fut que sous Louis XV qu’on imagina d’éclairer les acteurs d’en dessous, au moyen d’un rang de chandelles, qui prit le nom de Rampe, et qu’on venait moucher dans les entr'actes. On descendait de même le lustre, dans les entr’actes, pour moucher les chandelles. Le rideau, fendu par le milieu, s'ouvrait sous Louis XIII, en glissant sur une tringle ; il fut alors plus artistiquement relevé au moyen de cordes passant de biais dans des anneaux à diverses hauteurs. La figure que présentait le rideau ainsi relevé, est encore conservée de nos jours par ce faux rideau peint, appelé manteau d’arlequin.
Molière, coiffé du bonnet de Bachelierus, au moment où les médecins et examinateurs passaient devant lui en le saluant, vers la fin de la cérémonie du Malade Imaginaire, fut pris d’une quinte de toux avec crachement de sang, n’ayant pas voulu, malgré sa bronchite, interrompre ses représentations. On s’aperçut de ce spasme, de ses souffrances, qu’il dissimula sous des grimaces. Le fauteuil, dans lequel il se trouvait assis, est encore à la Comédie-Française. Il ne mourut pas là, mais chez lui, deux heures après, rue de Richelieu. Les apothicaires, rangés au fond, chantent les réponses, en accompagnant l’orchestre de coups donnés avec des pilons sur des mortiers de métal argenté accordés comme des timbres. »
Notice originale de la gravure, p. 90

© Bibliothèque nationale de France

  • Date
    1917
  • Lieu
    Paris, chez Boivin
  • Auteur(es)
    Gravure de Maurice Leloir (1853-1940)
     
  • Provenance

    BnF, département des Estampes et de la photographie, NA-346-PETFOL

  • Lien permanent
    ark:/12148/mm7wx79n2hh9w