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La naissance de l’écriture hébraïque

Ketubah (Acte de mariage)
Ketubah (Acte de mariage)

© Bibliothèque nationale de France

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Dérivée de l’alphabet phénicien, l’écriture hébraïque a connu deux formes, qui ont été utilisées concurremment pendant quelques siècle avant que l’hébreu carré ne triomphe.

Il existe à proprement parler deux écritures hébraïques :

  • La première appelée également « paléo-hébreu » est née vers le 10e siècle et fut en usage jusque vers le début du 1er siècle de notre ère.
  • La seconde originaire de Mésopotamie, fut en usage dès le 6e siècle avant notre ère et supplanta progressivement mais définitivement la première vers la fin du 1er siècle de notre ère. Elle est appelée écriture judéenne ou communément hébreu carré. C’est cette écriture que l’on utilise encore aujourd’hui.

Le mythe hébraïque de naissance de l’écriture

D’après le Livre de l’Exode et le Talmud.
Au commencement du monde, Dieu créa d’abord les lettres. Puis, à partir de ces lettres, il créa le Ciel...
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L’écriture phénicienne ou écriture paléo hébraïque

L’alphabet hébreu est donc né dans la région de Phénicie, vers le 10e siècle avantnotre ère. Il dérive de l’écriture phénicienne, tout comme le grec, mais à la différence de ce dernier, l’écriture hébraïque à l’instar des autres systèmes d’écriture qui se sont développé dans la même région, ne possède pas de signes pour transcrire toutes les voyelles. Seules les consonnes sont écrites, et la prononciation est restituée à la lecture. Cependnt, certaines consonnes étaient probablement utilisées par transcrire les sons ou « é » et « a ». Cet alphabet originel est appelé aussi écriture paléo-hébraïque, c’est-à-dire littéralement « ancienne écriture hébraïque ».

L’un des plus anciens documents en langue hébraïque écrit en paléo-hébreu est une stèle de pierre sur laquelle est gravé un calendrier agricole. Le calendrier de Gezer, découvert en 1908, daterait du 10e siècle, c’est-à-dire règne du roi Salomon.

La stèle de Mesha, datant du 9e siècle raconte en langue moabite, une langue ancienne aujourd’hui disparue et proche de l’hébreu, la victoire des armées de Kamosh sur celle du roi d’Israël Ouri. L’alphabet utilisé est le même que celui de Gezer ou celui qui servait à écrire l’hébreu.

Stèle de Mesha, roi de Moab
Stèle de Mesha, roi de Moab |

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Mathieu Rabeau

Lévitique et Livres de Samuel
Lévitique et Livres de Samuel |

© Bibliothèque nationale de France


Cette vieille écriture hébraïque resta longtemps en usage. En effet, on découvrit à Qumrân parmi les 900 manuscrits de manuscrits exhumés des grottes en 1947 par les Bédouins et les archéologues, certains manuscrits copiés vers le 1er siècle de notre ère écrits dans cette écriture d’origine phénicienne.

L’écriture samaritaine

L’écriture samaritaine dérive elle aussi de l’alphabet phénicien. Elle compte 22 signes et ne note que les consonnes. Elle est encore en usage aujourd’hui dans les Pentateuques et les livres liturgiques des Samaritains.

Pentateuque samaritain : Exode
Pentateuque samaritain : Exode |

© Bibliothèque nationale de France

L’écriture araméenne et judéenne

Lorsque Nabuchodonosor conquiert le royaume de Juda en 586 avant notre ère, l’araméen est la langue diplomatique d’une vaste région allant des confins de la Mésopotamie à l’Égypte. L’hébreu est une langue parlée par quelques centaines de milliers d’individus. Nabuchodonosor déporte à Babylone les élites du royaume de Juda, dont le célèbre prophète Daniel. Durant le siècle que dura l’exil, les Juifs adoptent d’une part l’araméen comme langue vernaculaire et l’alphabet araméen. Pour preuve, certaines parties de la Bible furent rédigés en araméen. Or, l’écriture utilisée pour écrire l’araméen est probablement née dans le désert de Syrie mille avant notre ère. Dans cette famille on compte l’écriture palmyrénienne ou encore l’écriture nabatéenne. C’est de cette famille que naîtra l’écriture arabe.

Lorsque Cyrus autorisa en 521 avant notre ère les anciens habitants de la Judée à se réinstaller à Jérusalem, les exilés et leurs descendants rapportent avec eux la langue et l’écriture araméennes. L’écriture araméenne évolua pendant plusieurs siècles. Or, les populations de Judée qui n’avaient pas été déportées continuaient à utiliser le paléo-hébreu.

Après d’âpres discussions, les rabbins originaires de Mésopotamie répondirent à la question « En quelle écriture la Torah a-t-elle été donnée à Moïse sur le mont Sinaï ? » : « En écriture judéenne ». Ils réussirent à imposer l’écriture hébraïque dite carrée pour la copie des rouleaux de la Torah. Les quelques irréductibles partisans du paléo-hébreu n’abandonnèrent l’antique écriture dérivée du phénicien que vers la fin du 1er siècle de notre ère.

Lévitique et Livres de Samuel
Lévitique et Livres de Samuel |

© Bibliothèque nationale de France

Rouleau de la Torah
Rouleau de la Torah |

© Bibliothèque nationale de France


L’invention des voyelles

Dès le premier siècle de notre ère, en Palestine, en Égypte, en Mésopotamie, l’hébreu n’était plus parlé que localement en Palestine sous joug romain ou perse. Les Juifs nombreux en Égypte, en Mésopotamie, parlaient les langues et dialectes des pays où ils vivaient : en Egypte, le grec ; en Syrie, le syriaque ; en Mésopotamie, l’araméen, ou l’arabe à partir de la conquête islamique.

Bible hébraïque
Bible hébraïque |

© Bibliothèque nationale de France

L’écriture hébraïque servait à la copie et la transmission du texte biblique. Or, l’hébreu ne comprend pas de système de voyelles très développé. Les lettres Aleph et Hé peuvent transcrire le son « a », la lettre Yod, les sons « é » ou « i », la lettre Vav, les sons « o » ou « ou ». Ce système loin d’être fiable, ne pouvait assurer la prononciation rigoureuse du texte hébreu de la Torah et sa transmission sans faille.

Un groupe de commentateurs de la Bible, savants spécialistes de l’hébreu et du texte de la Bible, ayant installé leur école sur les rives du lac de Tibériade en Galilée, mirent au point un système de notation constitué de points, de tirets placés sous les lettres hébraïques destinés à noter la prononciation de l’hébreu.

Ils mirent au point un système de notation, signes placés sous et sur les lettres hébraïques, afin de noter là ou s’arrête une phrase, là ou en commence une autre.

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L'écriture hébraïque

Provenance

Ce site provient du site L'aventure des écritures (2002).

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