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Extrait

Tarquin le Superbe chez Florus

Florus, Abrégé de l’Histoire Romaine, I, 7
Dans ce texte, l'auteur latin Florus décrit le règne de Tarquin le Superbe, dernier roi de Rome avant la République.
Afin de faciliter un travail sur les formes de la troisième personne du singulier, les verbes conjugués à cette personne ont été mis en gras.

Postremus omnium fuit regum Tarquinius, cui cognomen Superbo ex moribus datum. Hic regnum auitum, quod a Seruio tenebatur, rapere maluit quam exspectare; immissisque in eum percussoribus, scelere partam potestatem non melius egit, quam acquisiuerat. Nec abhorrebat moribus uxor Tullia, quae, ut uirum regem salutaret, super cruentum patrem, uecta carpento, consternatos equos egit. Sed ipse in senatum caedibus, in omnes superbia, quae crudelitate grauior est bonis, grassatus, quum saeuitiam domi fatigasset, tandem in hostes conuersus est. Sic ualida oppida in Latio capta sunt, Ardea, Ocriculum, Gabii, Suessa Pometia. Tum quoque cruentus in suos. Neque enim filium uerberare dubitauit, ut simulanti transfugam apud hostis hinc fides esset. […] Tamdiu superbiam regis populus romanus perpessus est, donec aberat libido. Hanc ex liberis eius importunitatem tolerare non potuit.

Le dernier de tous les rois fut Tarquin, à qui son caractère fit donner le surnom de Superbe. Le trône de son aïeul était occupé par Servius ; il aima mieux le ravir que l'attendre : après avoir fait assassiner ce roi , il n'exerça pas mieux qu'il ne l'avait acquise une puissance obtenue par le crime. Sa femme Tullia ne répugnait pas à ses sanguinaires habitudes : comme elle accourait, dans son char, saluer roi son époux, elle fit passer sur le corps sanglant de son père ses chevaux épouvantés. Quant à Tarquin, il décima le sénat par des meurtres, accabla tous les Romains d'un orgueil plus insupportable aux gens de bien que la cruauté; et quand il eut lassé sa fureur par des violences domestiques, il la tourna enfin contre les ennemis. Ainsi furent prises dans le Latium de fortes places, Ardée , Ocriculum, Gabie, Suessa Pometia. Alors même il fut cruel envers les siens. Il n'hésita pas à faire battre de verges son fils, afin que, passant chez les ennemis comme transfuge, il gagnât leur confiance. [...] Le peuple romain souffrit l'orgueil du roi, tant que la débauche ne s'y joignit pas. Il ne put supporter ce dernier outrage de la part de ses enfants.

Florus, Abrégé de l’Histoire Romaine, I, 7, IIe siècle
Traduction adaptée de M. Nisard (dir.), Salluste, Jules César, C. Velleius Paterculus et A. Florus, Paris : Firmin Didot, 1865, « Collection des auteurs latins », p. 629.

Mots-clés

  • Antiquité romaine
  • Rome
  • Histoire
  • Latin
  • Tarquin le Superbe
  • Lucius Annaeus Julius Florus
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