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L’inscription de la source chaude

L’inscription de la source chaude
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L’empereur Tang Taizong, lui-même calligraphe plein de talent, fut un fervent admirateur de Wang Xizhi. Il l’imposa comme critère absolu de l’esthétique calligraphique et contribua largement à la diffusion de recueils de modèles. Sans doute la calligraphie représentait-elle pour l’empereur un moyen symbolique d’unification nationale (Wang Xizhi, en effet, incarnait la tradition culturelle aristocratique du Sud et Taizong était empereur du nord de la Chine). En 628, il créa une école de calligraphie placée sous la direction de l’Université impériale du Guozijian, et c’est à partir de son règne que furent établies les fonctions de calligraphe et de docteur en calligraphie. Dès lors, la calligraphie constitua l’une des catégories des concours de recrutement aux postes de fonctionnaire, et la maîtrise calligraphique devint un moyen de faire carrière.
Le 15 février 648, Tang Taizong, alors âgé de 49 ans, se rendit à la source chaude d’un parc impérial situé non loin de la capitale Chang’an et il composa à cette occasion L’Inscription de la source chaude, qu’il calligraphia lui-même de son pinceau puis la fit graver sur une stèle aujourd’hui disparue à proximité d’un puits. L’empereur souffrant de paralysie y exalte les bienfaits que lui procuraient ces eaux, qui seules avaient le pouvoir de calmer ses douleurs et dont il sortait apaisé et rajeuni.
Il devait cependant mourir l’année suivante et c’est peut-être avec l’intuition de sa fin prochaine qu’il en écrivit les derniers vers : « le monde humain a une fin, l’eau vertueuse coule, inépuisable ». La dernière colonne du rouleau porte la note du mois de septembre 653 et cette date permet d’affirmer que ce rouleau est le plus ancien spécimen d’estampage connu à ce jour. Celui-ci a été retrouvé avec d’autres spécimens calligraphiques dans la grotte n° 17 de Dunhuang où il dut servir de modèle : en effet, le texte de la stèle, une fois estampé, a été découpé en languettes et remonté en courtes colonnes sur un rouleau de papier dont le format facilitait la consultation.
Le procédé de l’estampage fut aussi largement répandu pour diffuser les dessins de peintres : en effet, le blanc, le gris et le noir convenaient mieux au lettré que l’usage tapageur de la couleur. Il permettait ainsi de ne retenir du dessin gravé en creux que l’essentiel, à savoir l’épure du trait.
Malgré la passion de l’empereur pour Wang Xizhi, sa calligraphie révèle plus d’affinités avec le style, non du prince des calligraphes, mais de son fils Wang Xianzhi, lui aussi très talentueux.

© Bibliothèque nationale de France

  • Date
    Dynastie des Tang, septembre 653
  • Auteur(es)
    Tang Taizong (r. 627-649), auteur et calligraphe
  • Provenance

    BnF, département des Manuscrits, Pelliot chinois 4508

  • Lien permanent
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