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Défaite de Contades par Ferdinand de Brunswick à Minden

Défaite de Contades par Ferdinand de Brunswick à Minden
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La défaite de Minden, le 1er août 1759, est très humiliante pour la France, partie au combat avec l’élite de ses officiers et forte d’une écrasante supériorité numérique. L’impact psychologique d’une telle débâcle est considérable. Dans sa correspondance, Voltaire s’indigne : « On a mené à la boucherie une armée florissante ». Dès la page de titre de Candide, il fait mourir à Minden le docteur Ralph auquel il attribue, par artifice littéraire, l’origine du texte.

Traduction de la légende : « Le 1er août, dès qu’il fit grand jour, la baterie ennemie à Eickhorst (A) engagea le feu contre la batterie alliée établie près du moulin à vent de Hille (B). Celle-ci riposta, et l’armée prit les armes. Le duc de Broglie avait franchi la Weser avec son corps et avait formé le flanc droit (C) contre le corps de Wangenheim (D), situé à l’aile gauche des Alliés. Le général von Wangenheim marcha à sa rencontre, et la bataille débuta vers 3 heures du matin. Pendant ce temps, l’armée se déploya vers la droite et la gauche à travers les ouvertures prévues, avançant en bon ordre sur la lande de Minden. L’aile gauche ennemie (E), composée de 15 bataillons saxons, semblait vouloir s’en prendre à l’extrême droite anglaise. L’ennemi avait concentré sa force principale sur le flanc droit, afin de repousser d’abord le corps de Wangenheim et de tourner l’armée alliée. Mais le lieutenant-colonel Huth, avec sa brigade et l’artillerie (F), rendit la plupart des batteries ennemies (G) inutilisables et repoussa les attaques de cavalerie et d’infanterie. Le comte de Schaumburg-Lippe (Bückeburg) acheva l’action de manière décisive. Les troupes anglaises et hannovriennes du flanc droit accoururent à temps. Le régiment de Kingsley (I), depuis la seconde ligne, entra sous un feu constant. Le général von Wildtgenstein fit alors avancer tout le régiment de Wangenheim et la Garde hessoise vers les Anglais. Les carabiniers français chargèrent d’abord et firent reculer la Garde hessoise, mais cette dernière, appuyée par le régiment de Wangenheim, contre-chargea et mit les carabiniers en fuite. Il en alla de même pour 8 bataillons saxons. Le flanc gauche ennemi fut donc totalement battu et s’enfuit en désordre (K) vers Minden. Le général Caverton tenta de rétablir la ligne (L), mais échoua. L'artillerie hessoise détruisit 8 canons ennemis. Le duc de Holstein, avec l'artillerie de Brunswick, mit aussi les brigades ennemies en déroute (N). La bataille dura plus de 8 heures. La cavalerie française (Q) n'entra jamais véritablement dans le combat.
Les Alliés capturèrent : 18 généraux, 329 officiers, 10 000 soldats, 1000 selles, 233 chariots, 482 chariots de munitions, 40 canons, 12 étendards, 11 paires de timbales, 7 drapeaux, la caisse militaire contenant 28 800 thalers, et de nombreuses équipages de luxe.
Les pertes françaises s’élèvent à 9 840 hommes, celles des alliés hanovriens à 3 084 hommes. »

Bibliothèque nationale de France

  • Date
    18e siècle, vers 1759
  • Lieu
    Allemagne
  • Description technique
    Gravure à l’eau-forte
  • Provenance

    BnF, déparement des Estampes et de la photographie, RESERVE QB-201 (103)-FOL

  • Lien permanent
    ark:/12148/mm129200122z