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L’arbre à alphabet

L’arbre à alphabet
L’arbre à alphabet

© Bibliothèque nationale de France

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Image du bon enseignement, la gravure de l’arbre à alphabet nous plonge dans les pratiques pédagogiques des 15e et 16e siècles.

Plusieurs alphabets de la seconde moitié du 15e siècle, ainsi que des méthodes de lecture du 16e siècle, nous apprennent selon quelles modalités et à quel rythme on enseignant l’alphabet aux enfants. Les maîtres consacraient une semaine à cet apprentissage, à raison de quatre lettres par jour. Quotidiennement, les enfants récitaient la leçon de la veille enrichie de celle de la journée. A la fin de la semaine, les enfants devaient savoir par cœur leur alphabet. Ce rythme était inspiré de celui de la création du monde en six jours. Le septième jour, tel Dieu dans le Genèse, les élèves pouvaient réunir en un tout leurs leçons et vérifier leur connaissance nouvelle avant de se reposer. Pour mieux imposer cette association d’idée, on apprenait aux élèves à se référer à Dieu le Père avant de commencer sa récitation, l’élève devait faire le signe de croix et prononcer les mots « Croix de par Dieu ». Cette expression est d’ailleurs devenue le titre des abécédaires médiévaux.

Un élève ne disait pas : « j’ai appris l’alphabet » mais : « je sais ma croix de par Dieu ».

Au Moyen Âge, la métaphore du savoir adopte volontiers la forme d’un arbre, à l’instar de l’arbre de la connaissance du jardin du Paradis terrestre. Le premier savoir intellectuel à acquérir est l’alphabet. Aussi l’image de l’arbre à alphabet est-elle naturellement venue à l’idée des pédagogues médiévaux, surtout si ce dernier, comme l’auteur, Geiler von Kaysersberg, est aussi un prédicateur : car prêcher, c’est planter un arbre, disent ses confrères… On retrouve cette métaphore dans cette image extraite d’un manuel scolaire du 15e siècle destiné à l’instruction de jeunes moniales.

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© BnF - Éditions multimédias

L'arbre à alphabet

Provenance

Cet article provient du site L'aventure des écritures (2002)

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