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Focus

La calligraphie persane

Une poétique de l'écriture
Un des maître de l’écriture naskhî
Un des maître de l’écriture naskhî

© Bibliothèque nationale de France

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Dans l'univers de la calligraphie arabe, la calligraphie persane constitue un ensemble original caractérisé par le raffinement particulier de ce qui fut souvent un art de cour : mêlant esprit de jeu et profondeur mystique, elle repose sur l'ambiguïté poétique d'une écriture qui n'a pas été créée pour la langue qu'elle s'est vue contrainte de noter.

Empruntée aux Arabes depuis le 10e siècle, l'écriture persane, très imparfaite dans sa notation phonétique de la langue persane, a su mettre à profit ses ambiguïtés graphiques pour développer, à des fins poétiques, des recherches d'esthétique formelle.

Elles ont abouti à une fructueuse réflexion sur l'écriture qui devait naturellement encourager l'épanouissement de l'art calligraphique. Lié au respect de la parole sacrée du Coran, cet art s'impose aussi en raison de l'importance de l'art du livre dans les cours de culture persane où, depuis le Moyen Âge, la tradition culturelle associe la figure du prince lettré, du calligraphe et parfois aussi du poète.

Album de calligraphies persanes
Album de calligraphies persanes |

© Bibliothèque nationale de France

Page de calligraphie persane en nasta’liq
Page de calligraphie persane en nasta’liq |

© Bibliothèque nationale de France




S'ils ont cultivé les différents styles de la calligraphie arabe, les calligraphes persans ont aussi inventé des écritures originales : le ta'liq, qui est une écriture de chancellerie, mais surtout le nasta'liq, qui s'est rapidement imposé pour copier la plupart des textes persans en poésie ou en prose. Vraisemblablement né vers 1375 à Tabriz, le nasta'liq - tout en volutes harmonieuses et en formes arrondies - apparaît curieusement en même temps que le horoufisme, doctrine religieuse qui accorde une valeur sacrée aux lettres. Calligraphie et mystique, du reste, se rejoignent souvent.

Écriture nasta’lîq à l’encre dorée
Écriture nasta’lîq à l’encre dorée |

© Bibliothèque nationale de France



Dans l'imaginaire collectif, cette écriture se confond avec la langue persane, et ce malgré l'invention au 17e siècle d'une nouvelle écriture, le chekasteh, ou "écriture brisée", qui semble plutôt le fait des milieux de chancellerie.
Inséparable de la poésie, la calligraphie est d'une importance essentielle pour la culture persane. Souvent sertie dans de somptueux encadrements enluminés, elle est un art vivant où la beauté formelle est sans cesse traversée par l'émotion.

Micrographie d’une sourate du Coran
Micrographie d’une sourate du Coran |

© Bibliothèque nationale de France