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André Chénier

1762-1794
Portrait d’André Chénier
Portrait d’André Chénier

Bibliothèque nationale de France

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Poète et journaliste pris dans la tourmente politique de la Révolution française, André Chénier n’aura guère le temps de donner libre cours à son inspiration créatrice. Guillotiné à seulement 31 ans en 1794, il ne laisse que quelques œuvres poétiques, parmi lesquelles son recueil inachevé Les Bucoliques.

Jusqu’à la mort nous espérons toujours.

André Chénier, Les Bucoliques, « L’Aveugle », 1819

Le poète guillotiné

Portrait d’André Chenier
Portrait d’André Chenier |

Bibliothèque nationale de France

Né à Constantinople en 1762, André Chénier grandit en France avec sa famille. Très tôt, il s’essaie à la poésie en imitant Homère, Sapho, Virgile ou Ovide. Il se fait notamment remarquer par deux poèmes conformes aux ambitions « philosophiques » du temps, Hermès et L’Amérique, puis, sur un mode biblique, Suzanne. Sous la Révolution, engagé dans l’action politique, Chénier se révèle un grand prosateur à travers brochures et articles. Rattrapé par son lyrisme, il publie l’Ode sur le Jeu de paume, dédiée « À David, peintre » (1791), et l’Hymne aux Suisses de Chateauvieux, deux pièces inspirées par des faits d’actualité : la première solennelle, la seconde ironique et vengeresse. Devenu suspect après le 10 août 1792, Chénier continue à agir et à écrire dans la clandestinité, poursuivant une lutte sans merci contre les jacobins. Il est arrêté et incarcéré en mars 1794. Jusqu’au pied de l’échafaud, il essaie encore sa lyre, mais il meurt sous la guillotine le 7 thermidor an II (25 juillet 1794), laissant une œuvre posthume, dont le recueil de poèmes inachevé Les Bucoliques.

Les Bucoliques

« La Jeune Tarentine »
« La Jeune Tarentine » |

Bibliothèque nationale de France

Ce recueil de poèmes, qui reprend le titre donné à dix poèmes de Virgile composés entre 42 et 37 avant J.-C., associe des modèles antiques à des préoccupations plus contemporaines. En ce sens, il entre en résonance avec un vers du poète : « Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques ». Il y est question de mélancolie, de regret, de fragilité des modèles, de la misère du poète, des obstacles qui le séparent de l’idéal antique. Le thème de la mer est très présent dans le recueil, celle-ci apparaissant avant tout comme un danger, de mort, de fuite ou d’enlèvement. Chénier compose des séries d’idylles à l’antique, des tableaux de genre pour construire un recueil très influencé par les poésies grecques et latines dont il recherche la beauté formelle. Sa disparition précoce en 1794 ne lui permet pas de rassembler ses créations : la publication des Bucoliques sera posthume et tardive, en 1819.

Sélection d’extraits

L’Aveugle

André Chénier, Les Bucoliques, « L’Aveugle », 1816
Enfin l’Ossa, l’Olympe et les bois du Pénée
Voyaient ensanglanter les banquets d’hyménée,
Quand...
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Bacchus

André Chénier, Les Bucoliques, « Bacchus », 1816
Viens, ô divin Bacchus, ô jeune Thyonée,
O Dionyse, Évan, Iacchus et Lénée ;
Viens, tel...
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Néère

André Chénier, Les Bucoliques, « Néère », 1816
Mais telle qu’à sa mort, pour la dernière fois,
Un beau cygne soupire, et de sa douce voix, Lire l'extrait

La Jeune Tarentine

André Chénier, Les Bucoliques, « La Jeune Tarentine », 1816
Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez ! Lire l'extrait

Provenance

Cet article provient du site Les Essentiels de la littérature (2015).

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